Matri, c’est fini…

Par Aurélien Bayard publié le 23 Mai 2020

Libre depuis la résiliation de son contrat avec Brescia, Alessandro Matri va définitivement ranger ses crampons dès que la fin de la saison sera sifflée. Aucune offre intéressante n’est arrivée sur son bureau, et c’est avec un pincement au cœur qu’il a pris cette décision. Il regrette déjà sa vie d’avant mais qu’importe, il a réalisé ses rêves. Enfin presque tous…

Un seul grand amour

Entre actionner un pédalier ou parcourir les prés de la Serie A, les jambes d’Alessandro Matri ont choisi la deuxième option. Elevé par un père fan du Milan AC, le jeune Alessandro se passionne pour le club rossonero et s’imagine comme le nouveau Van Basten. Il en prend le chemin quand il intègre le centre de formation milanais à l’âge de 12 ans. A force de travail et d’abnégation, Matri finit par s’entraîner avec les pros et rêve d’étrenner le maillot du Diavolo. Le grand jour arrive le 24 mai 2003, lors d’un match contre Pacienza. Carlo Ancelotti doit reposer ses troupes avant la finale de la Champions League contre la Juventus et décide de faire tourner l’effectif. Le jeune homme de 18 ans se délecte alors des 70 minutes qu’il passe sur le terrain. Malheureusement Matri sait très bien qu’il ne peut rien faire face à la concurrence. Il prend conscience que pour montrer sa vraie valeur, il faut qu’il aille se casser les dents dans les divisions inférieures. Sous le maillot du Prato, de Lumezzane et de Rimini, il est loin d’être ridicule, bien au contraire, mais il ne convainc toujours pas la direction milanaise.

Recueilli par des Sardes et une Vieille Dame

A l’été 2007, il est vendu en copropriété à Cagliari. Mais des « veline » plein la tête et un Robert Acquafresca en feu l’empêchent de devenir un titulaire indiscutable. La saison suivante, Max Allegri débarque en Sardaigne et décide de faire confiance à Matri. L’attaquant se remet dans le droit chemin et noue une relation paternelle avec son entraîneur. En deux ans, il devient un bomber efficace et aurait même pu faire partie de la Coupe du Monde 2010. Sûrement pas un regret après coup. Néanmoins Matri veut briser ce plafond de verre et continue à scorer. Au mercato hivernal, le Milan AC s’intéresse à son ancien poulain. Il hésite. Allegri officie désormais en Lombardie et Il Diavolo est son équipe de cœur. Il rejoint toutefois le Nord de l’Italie mais atterrit dans le Piémont. La Vieille Dame a su se montrer convaincante, surtout que sa ligne d’attaque fait peine à voir. Il se sent immédiatement chez lui. « La Juventus est la femme dont je suis tombé amoureux » déclare-t-il à Sky Sport lorsqu’il a annoncé sa retraite. Une femme qui lui aura amené des trophées – 3 scudetti et 2 Coppa Italia – et ouvert les portes de la sélection italienne. Mais les arrivées de Llorente et de Tevez en 2013 le poussent vers la sortie.

Une relation platonique

Pour 11 millions d’euros, Matri retrouve son club chéri : le Milan AC. Malheureusement la belle se refuse toujours à lui et l’expérience tourne au fiasco : 1 seul but marqué en 18 matchs. Au mercato hivernal, il franchit la porte du bureau de Galliani. Il lui explique qu’il n’arrive décidément pas à supporter la pression de San Siro et veut partir. Un véritable déchirement pour le cœur d’Alessandro, lui qui aurait tant aimé démontrer sur le terrain l’amour qu’il porte aux Rossoneri. « 6 mois que j’aimerai recommencer » a-t-il dit, toujours dans son interview pour Sky Sport. Le départ est cette fois définitif. Il enchaîne alors les coups d’une saison voire moins jusqu’à son arrivée à Sassuolo en 2016. Malheureusement ses belles années sont derrière lui et l’aventure se clôt 3 saisons plus tard. Après Brescia, il s’entraîne avec l’AC Monza mais ne donne pas suite, par respect pour le travail de Christian Brocchi. Dommage car la présence de l’ancien milanais sur le banc et de Silvio Berlusconi à la tête du club lui aurait donné un dernier goût de Milan AC.

Aurélien Bayard



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