Masiello, de la déchéance au triomphe

Par Pierrick Dujardin publié le 19 Sep 2017

27ème minute du match Atalanta-Everton. Andrea Masiello inscrit avec sang froid le premier des trois buts italiens face à l’ogre anglais. Un défenseur de 31 ans peut-il espérer faire mieux pour son premier match européen ? Et pourtant, peu de gens y auraient cru il y a encore quelques années. Quelles ont été les premières pensées de l’Italien après avoir inscrit ce but si important ? Lui qui retrouvait le monde professionnel en 2015 après environ deux ans et six mois d’arrêts pour son implication dans l’affaire du Calcioscommesse ? Il est vrai que la carrière de l’Italien aurait pu (aurait dû ?) se finir de la pire des manières. Avili, déshonoré et entaché par cette affaire de paris frauduleux et de matchs joués d’avances dans laquelle son nom figurait parmi une liste de 79 joueurs, les quelques jours d’emprisonnement et l’impossibilité de poursuivre sa carrière de footballeur semblent loin derrière lui. Revenu sur la pointe des pieds du côté de l’Atalanta, Masiello a trouvé le chemin de la rédemption sur le terrain, et uniquement sur le terrain. Aussi imposant que les murailles vénitiennes de Bergame, le natif de Viareggio est devenu l’exemple à suivre ; celui d’un homme dont les performances ont su rayer un passé qui aurait pu lui être fatal.

Un descente aux enfers

Le calvaire de Masiello débute en avril 2012, lorsque la police l’arrête pour son implication dans l’affaire du Calcioscommesse ; ce scandale dans lequel de nombreux joueurs ont été influencés pour permettre à des organisations de paris et autres truqueurs professionnels de miser des sommes pharaoniques sur les matchs voulus. Le cas de l’Italien va frapper les esprits pour un fait en particulier : lors de la saison 2011-2012, Masiello, alors joueur de Bari, va volontairement marquer un but contre son camp ridicule face au rival Lecce, permettant aux adversaires des Galletti de remporter la rencontre 2-0. Après avoir été jugé coupable, la sanction tombe : le nouveau joueur de l’Atalanta écope de deux ans et demi de suspension. L’addition est salée. Écarté des terrains, Masiello continue de s’entrainer avec l’espoir de retrouver les pelouses de Serie A. Lorsque sa suspension tombe en janvier 2015, le retour de Masiello pose problèmes aux tifosi, ces derniers n’acceptant pas de voir ce « fraudeur » porter leurs couleurs. Pourtant, cela ne l’empêchera pas de se faire pardonner en devenant un joueur majeur d’une Atalanta à son apogée.

Un retour gagnant

Si beaucoup ont jugé la décision de garder Masiello honteuse, force est de constater que les dirigeants bergamasques, alors en manque de joueurs, ont eu raison de laisser une seconde une chance à celui qui deviendra le taulier de la Dea. Défenseur central polyvalent, l’Italien a vite retrouvé son meilleur niveau de jeu. Constant, assidu et fort balle au pied, Masiello a enchainé les saison complètes depuis son retour en Serie A. Mieux que ça, le numéro 5 de l’Atalanta atteint le sommet de son art la saison dernière. Avec 35 matchs disputés et 3 buts inscrits en championnat, Masiello a amplement participé à la 4ème place historique obtenue par l’Atalanta. La trentaine passée, ce défenseur est l’une des valeurs sûres du Calcio. Son coup de patte à l’origine du premier but face à Everton représente l’apogée d’une carrière hors du commun. l’Italien peut remercier le club bergamasque pour lui avoir permis de se relever d’une chute vertigineuse. Autrefois haït, aujourd’hui respecté, Andrea Masiello fait partie de ces joueurs peu connus dont les travers, les chutes et les succès font tout le charme de la Serie A.

Pierrick Dujardin



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