Marotta : passé, présent, futur

Par Leo Carta publié le 01 Fév 2019

Le départ de l’ancien directeur général Giuseppe Marotta de la Juventus et son arrivée, presque dans la foulée, chez l’ennemi de toujours nerazzurro a secoué ces derniers mois le football italien. Fort de presque une décennie à la direction le plus titré d’Italie, le Lombard débarque dans un club aux ambitions retrouvées et avec l’envie de prouver à tout le Calcio qu’il est encore le patron.

Rupture(s)

« C’est très bizarre de voir Marotta à l’Inter. C’est un professionnel, mais peut-être n’a-t-il jamais été un juventino » réagissait Pavel Nedved, dans le Corriere dello Sport, après l’officialisation de l’arrivée de Giuseppe Marotta à l’Inter. Il est vrai que cette décision a pu surprendre nombre de tifosi juventini. Une décision prise après une séparation soudaine et brutale que l’on ne comprend toujours pas. Car officiellement, c’est le club turinois qui a remercié Marotta. De quoi rapidement voir dans le choix du dirigeant une revanche personnelle, lui qui disait pourtant le 12 novembre 2017 au quotidien Il Giornale : « je n’irai jamais dans un autre club, mon futur est à la Fédération quand le voudra Agnelli ». Une arrivée à la FIGC qu’il avait pourtant refusée en septembre dernier pour rester à la Juve…

Il débarque donc à l’Inter, après quelques rumeurs qui l’envoyait à l’étranger. Un choix logique ? En tout cas, aux airs de déjà-vu. Beppe repart en effet sur les mêmes bases qui l’ont vu évoluer à la Juventus : un mastodonte à relancer après plusieurs saisons de disette, une direction jeune et ambitieuse qui intègre d’anciennes gloires du club. De bonne augure ?

Made in Italy ?

Depuis son arrivée chez les nerazzurri, la rumeur de l’arrivée l’été prochain de l’Uruguayen Diego Godin, en fin de contrat, a pris corps et semble désormais actée. Ni une ni deux donc les observateurs attribuent ce joli coup de filet au Lombard, bien fan des affaires du style. Néanmoins il semblerait que le dossier soit sur la table depuis plusieurs mois et géré par Piero Ausilio, le directeur sportif du club, un pilier de la maison. Avec ce dernier la relation est toute à construire, et c’est là l’une des premières interrogations quant à la réussite de Marotta (qui formait depuis la Sampdoria équipe de choc en duo avec Fabio Paratici). Comment les deux vont-ils cohabiter ? L’alchimie se fera-t-elle ? Si Ausilio semble bien implanté, il est certain que Marotta n’est pas venu pour faire de la figuration.

Une deuxième interrogation peut concerner la vision du club en lui-même. Un club en pleine mutation. Dans une interview donnée au Quotidiano Sportivo en août 2015, Marotta ne se montrait d’ailleurs pas tendre avec les investisseurs étrangers qui, selon lui, « ne donnent pas de stabilité au football italien : ils sont là aujourd’hui mais personne ne sait s’il seront là demain ». Gageons donc que s’il a donné son accord pour rejoindre le club nerazzurro, c’est que certaines garanties lui ont été données. Notamment dans la vision à moyen-long terme qu’il entend donner au club. Un horizon qui devrait être plus italien. En témoignent les derniers noms qui ont été approchés : Stefano Sensi, Nicolo Barella, Sandro Tonali. Tous, ou presque, visés par le désormais ennemi bianconero. Comme une évidence.

Leo Carta

Rédacteur Juventus



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