Marco Silvestri, le rempart véronnais

Par Aurélien Bayard publié le 13 Nov 2020

Alors que la plupart des défenses de Serie A semblent aux abonnés absents, l’Hellas fait figure d’exception. A l’instar de la ville qu’il représente, le club véronais est protégé par de nombreux remparts. Le plus imposant, Marco Silvestri, a tapé dans l’œil de Roberto Mancini et fera tout pour intégrer le groupe qui disputera l’Euro.

Le futur Toldo

Au Modena Football Club, Marco Silvestri a toujours été vu comme un grand espoir au poste de gardien de but. Malgré une taille légèrement en deçà de la moyenne, il compense avec une agilité hors-norme. Cependant, une poussée de croissance vers ses 16 ans le fait dépasser le mètre 90.

Devenu imposant, il tape dans l’œil de ses formateurs dont l’entraîneur des gardiens Ermes Fulgoni. Celui qui a découvert Gianluigi Buffon voit du Toldo en Silvestri. Alors Fulgoni fait tout pour que son protégé s’impose en Emilie-Romagne. Il le lance lors d’un match de Coupe d’Italie, contre Novara, où Marco est tout simplement le meilleur malgré la défaite. L’actuel titulaire du poste, Antonio Narciso, vient de dépasser la trentaine et Ermes murmure à l’oreille du coach de mettre en concurrence les deux gardiens.

Un projet qui ne peut être mené à son terme car, Fulgoni comme Silvestri, quittent Modena. Le jeune homme se retrouve chez le voisin honni de son club actuel, le Chievo Verone, mais ne devient toujours pas titulaire.

Le « filleul » de Celino

Alors c’est dans le prêt que Silvestri trouve son bonheur. Il gravit les échelons à chaque changement de club. La Reggiana, Padova et enfin Cagliari pour connaître la joie d’officier en Serie A. Le 27 avril 2014, il décroche son baptême du feu chez les Sardes.

Pendant toute la rencontre le regretté Davide Astori ne cesse de le conseiller et Silvestri réalise une prestation énorme face à Parma. Cela ne lui permet pas d’obtenir la place de numéro 1 la saison suivante mais assez pour que le président Massimo Cellino en tombe amoureux.

Le Mangia Allenatori est en partance pour Leeds et emmène dans ses bagages le portier. A l’image de son nouveau dirigeant, les Peacocks s’italianisent mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les supporters anglais, un brin chambreur, qualifient ce contingent de transalpins de « filleul » de Cellino tant certains semblent avoir un totem d’immunité. Toutefois, ce sobriquet ne concerne pas Silvestri qui en hérite d’un autre : The Wall.

Après une deuxième saison de bonne facture, la troisième s’annonce plus difficile. Robert Green arrive dans le Nord-Est de l’Angleterre et le nouveau coach Gary Monk le propulse titulaire. Le courant passe mal entre les deux hommes et Marco commet une maladresse en likant une rumeur de limogeage de son coach sur les réseaux sociaux.

La fin s’annonce inéluctable. Mais, pour Silvestri, il est hors de question de quitter la perfide Albion de cette manière. Se consolant seulement avec les matchs de coupe, il profite d’une rencontre de League Cup pour montrer l’étendu de son talent. Face à Norwich, Marco arrête 3 penalties – une performance jamais réalisée par un gardien de Leeds – et permet à son équipe d’accéder au tour suivant. « The Wall » peut retourner en Italie avec le sentiment du devoir accompli.

Futur 3ème gardien de la Nazionale ?

Il lui faut attendre un an avant de devenir titulaire et ne laisse depuis aucune miette à la concurrence. 57 matchs consécutif, une promotion en Serie A, neuf clean sheet l’année dernière – seulement battu par Szczesny, Donnarumma et Musso – et trois nouvelles depuis le début du championnat, Marco Silvestri s’impose comme une des valeurs sures de l’élite italienne.

Sélectionné en octobre dernier en équipe d’Italie, il n’a pas eu la joie de l’être de nouveau lors de ce rassemblement. Alors la FIGC l’a félicité de son titre de meilleur joueur de la dernière journée, histoire d’effectuer une piqure de rappel à Roberto Mancini. Le poste de troisième gardien ne sera pas simple à aller chercher – il devra batailler entre Salvatore Sirigu et Alessio Cragno – mais nul doute qu’il fera tout pour atteindre son rêve.

Aurélien Bayard



Lire aussi