Marco Savorani, le gardien des gardiens de l’AS Roma

Par Loris Meucci publié le 23 Nov 2018

Et si, comme certains observateurs le prétendent, c’était Marco Savorani le fuoriclasse de l’AS Roma ? En charge de la préparation des gardiens giallorossi depuis 2016, il a tour à tour entraîné Szczesny, Alisson et maintenant Olsen. Le Polonais est aujourd’hui le numéro un de la machine Juventus. Le Brésilien a été transféré à Liverpool pour un montant mirobolant au terme d’une saison de haut vol. Quant au Suédois, malgré des débuts difficiles, il semble curieusement s’améliorer semaine après semaine… L’effet Savorani ?

Un joueur ordinaire

Le Romain de naissance n’aura pas marqué l’histoire du calcio, du moins, pas avec ses gants. Formé à l’AS Roma, il remporte le championnat primavera en 1984 avant de prendre le large. Ainsi, il débute sa carrière professionnelle en Serie C sous les couleurs de Lodigiani, puis de Carrarese. Il découvre ensuite la Serie B avec Barletta. Enfin, il totalise 19 apparitions à l’échelon suprême avec Como (8) et Pescara (11). Sur ces 19 matchs disputés, Savorani encaisse… 42 buts ! Certainement pas aidé par sa défense, mais tout même un peu plus proche de la mousse que du béton.

Ceci étant, l’ancien portier se montre comme par enchantement infranchissable le 6 septembre 1992, lors d’un certain AS Roma-Pescara. De retour dans son jardin, face à la bande de Giannini, Caniggia, Aldair et consorts, Savorani parvient contre toute attente à garder sa cage inviolée. Un exploit symbolique mais de courte durée : une semaine et un triplé de Van Basten plus tard, retour à la normale. Après cinq années passées à Pescara, il termine sa carrière dans le modeste club de Gualdo Casacastalda, dans l’anonymat, ou presque…

Un entraîneur extraordinaire

Marco Savorani fait parti de cette catégorie de personnes qui se révèle à travers leur reconversion. Entraîneur de gardiens depuis 2004, il a doucement fait ses preuves et appris le métier. D’abord à Piacenza avant que le Chievo, l’Atalanta et Siena ne fassent appel à ses services. En 2014, sa nouvelle casquette lui allant si bien, Walter Sabatini, à l’époque directeur sportif de l’AS Roma, décide de lui offrir un poste de responsable de la préparation des jeunes gardiens. Une opportunité que Savorani n’hésite pas à saisir. Il signe alors son retour dans son club de coeur. Pendant deux ans, il supervise donc toutes les catégories et uniformise le travail de formation. Il participe même au titre de champion de la Primavera dont il est tout particulièrement proche.

Fort de ses résultats, il est rapidement promu. Dès 2016, il devient alors l’entraîneur des gardiens de l’équipe première. Ses méthodes vont d’abord profiter à Wojciech Szczesny : en l’espace d’un an, le Polonais balaye ses incertitudes et devient une référence à son poste. A tel point que la Juventus en a fait le successeur de Buffon. « Si j’ai autant progressé, c’est grâce à une personne » a déclaré Szczesny. S’adressait il à Savorani ? Sans doute. L’année passée c’est Alisson Becker qui a connu une ascension fulgurante. Auteur d’une saison énorme, il a lui aussi rendu hommage à son ancien coach : « Grazie Maestro« . A travers les performances de ces deux là, Savorani s’est vu couronné deux fois consécutivement du titre de meilleur entraîneur des gardiens de Serie A. Maintenant, c’est au tour de Robin Olsen qui n’a « jamais autant travaillé de sa vie » de bénéficier des méthodes du très convoité préparateur romain.

L’école italienne est réputée pour former de grands portiers et Marco Savorani, 53 ans, en est un digne représentant. Technicien ? Oui. Magicien ? Pourquoi pas.

Loris Meucci



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