Marco Baroni, il n’est jamais trop tard

Par Matteo Pogliani publié le 31 Jan 2019

Au lendemain d’une victoire écrasante face à un concurrent direct, Frosinone continue de nourrir l’espoir d’un maintien en Serie A. Avec à ses rennes un Marco Baroni bien décidé à faire taire les sceptiques.

Un passif en sa défaveur

Le 18 décembre dernier, le président de Frosinone, Stirpe, annonce le limogeage de Longo et l’arrivée, non pas sans surprise de Marco Baroni. Un choix qui peut paraitre contestable, le natif de Florence ne présentant aucune garantie, aucun « palmarès » dans l’élite en terme de maintien. A l’heure d’aujourd’hui, Baroni n’a remporté qu’une seule rencontre dans l’élite pour 17 matchs, cette victoire étant la dernière en date de Frosinone face à Bologna. Inutile de faire le calcul, aucune victoire à son actif avant de signer pour les Ciociari. On rappelle d’ailleurs la sombre passe à Benevento en début de saison dernière soldée par un licenciement sans victoires. Ces statistiques faméliques portent une atteinte directe à la crédibilité de Marco, et par conséquent, aux espoirs de voir Frosinone réaliser le miracle de se maintenir dans l’élite. Attardons-nous encore quelque peu sur les statistiques : dans le championnat majeur, sur 17 rencontres disputées, les équipes entraînées par Baroni ont subit 37 buts pour seulement 10 réalisations dont 4 samedi dernier. A nouveau, bien que les statistiques ne font pas tout, force est de constater que le jeu offensif ne semble pas de prime abord être l’aout majeur du système de jeu mis en place. Avec un tel passif, il devient difficile d’y croire…

Les belles histoires existent

Niveau palmarès, seule une montée historique dans l’élite avec Benevento et une Coupe d’Italie avec la Primavera de la Juventus sont à souligner. A son arrivée du côté de Frosinone, le doute était permis, Baroni a clairement notifié que selon lui le système de jeu n’avait pas d’importance et qu’il ne fallait pas s’y attarder. Pourtant, ces propos font échos à ceux des plus grands entraîneurs du monde, comme Allegri, Guardiola ou encore Bielsa pour ne citer qu’eux. Baroni est même allé rendre visite à ce dernier en guise d’apprentissage. Pour finalement surtout en retenir un mot d’ordre : l’enthousiasme. En effet, c’est cet enthousiasme l’ingrédient majeur pour aboutir à un miraculeux maintien, tous poussés par tout un stade et dans le seul objectif de redorer le merveilleux blason du club. Ne nous méprenons-pas, le speech d’avant-match ne s’arrête pas là. Le 3-5-2 actuellement en place est connu pour assurer un équilibre dans le jeu tant en phase défensive qu’en phase offensive. N’oublions pas que Baroni entrainait la Primavera de la Juventus à l’époque du fameux 3-5-2 et ce même si lui ne l’appliquait pas avec la Primavera. Niveau statistiques, Frosinone a pour le moment inscrit la moitié des buts de la saison sous les ordres de Baroni, en seulement cinq rencontres. Défensivement, mis à part la déconvenue contre l’Atalanta (qui a fait chuter aussi Inter et Juventus récemment), l’équipe semble avoir trouvé une certaine solidité. Avec un groupe d’une moyenne d’âge relativement jeune, l’expérience n’est potentiellement pas l’atout majeur. Pourquoi ne pas miser alors sur la fougue, sur cet enthousiasme pour se surpasser chaque rencontre comme si c’était une finale. On ne connait pas vraiment l’histoire de ce « jeune » entraineur âgé de 55 ans. Mais les miracles, eux, n’ont pas d’âge.

Matteo Pogliani

Rédacteur



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