Mancini, l’entrée dans le club des vainqueurs

Par Hugo Ledroit publié le 21 Juil 2021

En remportant l’Euro 2020 avec l’Italie, Roberto Mancini est entré dans le club fermé des sélectionneurs qui ont gagné avec la Squadra Azzurra. La légende de la Sampdoria rejoint ainsi Vittorio Pozzo, Ferruccio Valcareggi, Enzo Bearzot et Marcello Lippi. Retour sur ses entraineurs qui ont atteint les sommets avec la Nazionale. 

Vittorio Pozzo, le précurseur et le plus titré

Le premier grand sélectionneur italien titré avec la Nazionale est le mythique Vittorio Pozzo. Adepte d’un football organisé, le technicien italien est considéré dans le pays comme le précurseur du football moderne du moins le premier qui a fait gagner la sélection. Il n’est pas du tout faux de dire que l’ère Pozzo correspond au premier âge d’or du Calcio. 

Pour gravir les sommets du football international, Pozzo peut compter également sur une génération dorée. Des joueurs comme Giuseppe Meazza, Raimundo Orsi, ou encore Silvio Piola garnissent l’effectif des Azzurri durant ces années 1930 victorieuses.

Ainsi l’Italie de Vittorio Pozzo va remporter trois grandes compétitions de suite durant la décennie 1930. Tout d’abord le mondial 1934 en Italie, les Jeux Olympiques 1936 à Berlin et le mondial 1938 en France. Encore aujourd’hui, Vittorio Pozzo est non seulement le sélectionneur italien le plus titré de l’histoire mais aussi le seul au monde ayant remporté deux Coupes du monde.

Bearzot et Lippi, deux mondiaux symboliques

Entre les deux sacres mondiaux de 1982 et de 2006 nous pouvons faire quelques rapprochements symboliques. Tout d’abord le contexte particulier qui bouleverse la Nazionale. Lors de ces deux Coupes du monde le football italien connait deux scandales : le Totonero au début des années 1980 et Calciopoli en 2006.

Et pourtant à chaque fois l’Italie va réussir à surmonter ce contexte et remporter le titre suprême du football international. En 1982, les hommes d’Enzo Bearzot réalise un premier tour très compliqué en faisant trois matches nuls et finissent par se qualifier en 1/2 en battant l’Argentine et le Brésil un des grands favoris. La suite de la compétition sera une formalité pour les Azzurri qui battent la Pologne et l’Allemagne avant de soulever leur troisième mondial. En 2006 nous retrouvons un peu la même situation avec une phase de groupes poussive ainsi qu’un huitième de finale compliqué contre l’Australie. Il faudra attendre le match contre l’Ukraine en 1/4 de finale pour lancer l’Italie vers son quatrième sacre mondial.

À chaque fois en 1982 et 2006, la Nazionale a su trouver son « anti-héros ». En 82, c’est le buteur Paolo Rossi qui porte le pays de Dante au sommet du football mondial. Tandis qu’en 2006 c’est le défenseur mal aimé du Calcio, Marco Materazzi qui réalise une grande compétition. A chaque fois également les deux sélectionneurs, Bearzot et Lippi, vont réussir à sortir la Squadra Azzurra du pétrin pour l’amener au sommet.

Valcareggi et Mancini, un Euro en guise de renaissance

Le parallèle peut également être fait entre les deux sélectionneurs italiens qui ont remporté l’Euro avec l’Italie. En 1967, Ferruccio Valcareggi reprend une Italie malade après la catastrophe de la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Le Calcio est dans un mauvais état que cela soit du côté de l’équipe nationale ou des clubs en Coupes d’Europe.

Ferruccio Valcareggi réussit tout de même à qualifier la Nazionale pour la phase finale de l’Euro 1968 qui est organisée en Italie. Résultat, l’Italie remporte la compétition dans un scénario assez fou avec une qualification en finale contre l’URSS à pile ou face et une victoire finale contre la Yougoslavie en deux matches. Deux années plus tard, le sélectionneur emmènera l’Italie en finale du mondial 1970, au Mexique, contre le Brésil de Pelé.

Il en a été de même pour Roberto Mancini qui a repris les Azzurri en 2018 après la non qualification au mondial russe. En trois ans, l’ancien entraineur de Manchester City a réussi à créer un grand groupe capable de remporter l’Euro 2020 trois ans après la désillusion de 2017 en barrages contre la Suède. Espérons que le Mancio réussisse à refaire le même coup, voire mieux, que Valcareggi au mondial 2022 au Qatar.

Hugo Ledroit



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