Mancini doit-il continuer avec Ciro Immobile en Nazionale ?

Par Matthieu Pianezze publié le 26 Mar 2019

Depuis ce funeste soir de novembre 2017 qui a vu la Nazionale manquer le wagon de la coupe du monde 2018, l’Italie se reconstruit doucement avec des nouveaux joueurs et d’autres qui ont survécu. Parmi eux, Ciro Immobile qui a plus que tout symbolisé cette triste soirée avec ses ratés face aux buts suédois est toujours présent malgré les critiques des tifosi. Mancini compte sur lui et veut en faire l’un de ses hommes de base de son attaque. L’occasion de faire le point sur cette situation et d’imaginer si celle-ci peut perdurer en vue de l’Euro 2020.

Une volonté de fer et un jeu en mouvement prépondérant

Aligné le plus souvent au sein d’une attaque à 3 en Nazionale, Immobile a toujours donné son maximum et ne ménage pas ses efforts pour toute l’équipe, au parfait opposé d’un Balotelli qui se concentre uniquement sur les tâches offensives. Ciro lui, a besoin de courir et de se déplacer sur le front de l’attaque à l’instar de ce qu’il fait avec la Lazio avec laquelle il balaie le terrain avec toute son énergie. Sa capacité à prendre la profondeur permet à des passeurs comme Jorginho ou Verratti de trouver des angles de passe intéressant et de bouger les défenseurs adverses. Face à la Finlande, Immobile a trouvé des espaces dans le dos de la défense qu’il a malheureusement gâché par des hors-jeu ou une mauvaise finition. Ce travail de sape ne doit néanmoins pas être négligé car il fatigue les défenses et libère des espaces dans lesquels ont pu s’engouffrer Bernardeschi ou Politano. Par ailleurs, il sait aussi se montrer décisif par la passe comme il le fait à de nombreuses reprises en club (9 passes décisives au compteur la saison passée), son ballon décisif sur le but de Moïse Kean samedi soir en est une preuve supplémentaire. Sa capacité à combiner avec les autres est appréciée par Mancini qui n’a pas manqué de le signaler à l’issue du match « Il n’y a pas de critiques à avoir le concernant, pour un attaquant, quand on cherche avec anxiété le but… Il doit rester tranquille, il a pris le ballon presque en défense et l’a donné à Kean devant le but adverse. C’était une belle action ». 

Une inefficacité chronique en Nazionale et une concurrence aux aguets

A 29 ans, Immobile a déjà bien roulé sa bosse en Europe (Italie, Allemagne et Espagne) et chiffre 164 caramels en 345 matchs toutes compétitions confondues. Des chiffres intéressants pour un attaquant qui contraste avec ses 35 capes en Nazionale pour 7 petits buts seulement. En Italie, la tradition des numéros neuf efficaces devant le but adverse est une longue histoire et porter le poids de l’attaque d’une telle nation n’est jamais une mince affaire. Le natif de Torre Annunziata au pied du Vésuve, semble s’éteindre devant le but adverse sous la liquette azzurra. Sa maladresse pour conclure agace au plus haut point les tifosi depuis un an et demi quasiment. Cela tranche avec son attitude en Serie A où très souvent il se montre intransigeant et létal dans la zone de vérité. En vue de cette phase de qualification dans un groupe abordable, qui doit emmener l’Italie à l’Euro l’an prochain, la concurrence en attaque s’annonce rude pour le poste de numéro neuf avec pêle-mêle Kean, Cutrone, Balotelli, Pavoletti, Quagliarella, Belotti ou encore Lasagna. Sur le papier un duo Kean-Balotelli donne envie de même qu’un Quagliarella en feu actuellement qui a fait une rentrée remarquée face à la Finlande. Immobile ne peut pas se permettre de continuer à se montrer inefficace sans que cela lui porte définitivement préjudice. Mancini en ancien grand attaquant qui a longtemps souffert et trainé son spleen en sélection le sait mieux que quiconque. Ainsi, les prochaines rencontres seront décisives aux yeux du sélectionneur et des tifosi, Ciro devra convaincre en marquant et ce peu importe l’adversaire. Cela commence dès ce soir avec le terrible Liechtenstein au menu.

Matthieu Pianezze

Rédacteur



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