Maldini, pas au niveau?

Par Tristan Pubert publié le 01 Nov 2019

Amis nostalgiques, ce papier ne reviendra pas sur la fabuleuse carrière de Paolo Maldini. Aujourd’hui l’emblématique numéro 3 est le directeur technique de son seul et unique club. Nommé en juin dernier, Maldini découvre un poste à responsabilités dont les premiers mois dans ce nouveau costume sont délicats.

Des résultats non convaincants

Voilà quatre mois que Paulo Maldini occupe sa nouvelle fonction et des déficiences sont déjà constatables. En prenant la suite de Leonardo qui a décidé de rejoindre le PSG, l’ancien international italien a comme mission de faire mieux ou du moins faire aussi bien que son ancien collègue. Un poste à grande responsabilité nécessitant une certaine expérience dans ce domaine dont Maldini ne dispose pas.

La saison passée, il occupait un poste de directeur de développement. Pour faire simple, c’était le bras droit de Leonardo. Une expérience courte d’une seule saison. Aujourd’hui, l’ancien numéro 3 est orphelin du directeur brésilien. Plusieurs choix managériaux le démontrent. La vente de Cutrone en est l’exemple le plus frappant. Ce dernier avait l’image de «bandiera», pas insensible à Maldini, tout en étant performant. Mais les dirigeants lombards ont décidé de s’en séparer pour (seulement) 22 millions d’euros.

De plus, le recrutement fut pharaonique mais sans pour autant être concluant. Les arrivées de Krunic, Rebic ou même Rafael Leao n’étaient pas des priorités. Pour équilibrer ces arrivées, Milan devait vendre. Mais le club lombard a très peu et surtout très mal vendu avec déficit de 63 millions d’euros sur le dernier mercato. Un été synonyme d’échec pour le nouveau directeur technique rossonero.

Le dossier Marco Giampaolo vient encore plus faire tache. L’arrivée du tacticien italien était la priorité de Maldini. L’ancien tacticien de la Samp, prônant un football offensif, était censé être au cœur du projet des dirigeants lombards. Résultat : un licenciement après seulement sept journées et ce malgré la victoire sur le terrain du Genoa (2-1). Un choix énigmatique lorsque Maldini déclarait une semaine auparavant après la défaite contre la Fiorentina (1-3) qu’il «faut laisser du temps à Giampaolo».
En résumé, Maldini a une grande part de responsabilité dans la situation actuelle du Milan. Son manque de cohérence et d’assurance lui jouent de nombreux tours. L’ancien international italien n’a clairement pas les épaules pour assurer cette fonction.

Loin d’être l’unique responsable

Pour parer au licenciement de Giampaolo, le Milan a nommé Stefano Pioli. Lors de sa présentation il y a trois semaines, la direction s’est montrée solidaire et soudée. En effet, Maldini n’est pas le seul responsable de la situation actuelle de son club formateur. Les dirigeants, le staff et surtout les joueurs le sont tout autant.

Concernant la direction, Boban expliquait qu’ils «travaillaient en quatuor de manière permanente avec Massara, Gazidis et Maldini ». Boban et Massara étant les directeurs sportifs et Gazidis le CEO. Des dirigeants bénéficiant à l’instar de Maldini d’une solide expérience. Mais preuve que le Milan n’est pas un club comme les autres, les résultats que ce soit sportifs et financiers sont inexistants. Si Gazidis déclarait «avoir sauvé le Milan de la Serie D», ils ne peuvent pas se satisfaire de la situation actuelle.

Point à ne pas négliger c’est le sportif. Les joueurs sont tout aussi responsables. En effet, seulement Donnarumma et Romagnoli sont des valeurs sures de ce Milan. Certainement que le club lombard n’a pas le meilleur effectif de Serie A mais beaucoup de joueurs ne sont pas au niveau attendu. Des joueurs comme Piatek, Suso, Paqueta ou encore Calabria disposent de fortes qualités mais manquent clairement de régularité.

L’autre problème est que certains profitent d’un totem d’immunité et ce depuis de longs mois. Les Kessie, Biglia, Calhanoglu dont le niveau est insuffisant, jouent la quasi totalité des matchs. Des joueurs au niveau technique inquiétant avec qui il est très difficile d’être ambitieux sportivement. Sur ce point, ce sont les choix de l’entraîneur qui sont discutables. Le travail réalisé par la direction a une influence directe sur l’équipe et le groupe. C’est pourquoi Maldini et ses collègues doivent se montrer maîtres de la situation. Cela nécessite d’adopter une politique cohérente et taper du poing quand il le faut. Tout le contraire de ce que l’on voit à Milan en 2019.

Tristan Pubert

Rédacteur



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