Maksimovic, et maintenant?

Par Rémi Falvo publié le 15 Juil 2019

Le mot flexibilité a été très souvent prononcé dans le paysage politique français cette année. Mais jamais Nikola Maksimovic n’a été cité en exemple de ce phénomène. Pourtant, au cours de cette saison 2018/2019, le défenseur central serbe a changé de poste plusieurs fois, a changé de statut au sein du groupe, est passé par des phases au cours desquelles il ne jouait pratiquement pas… Et puis, des phases au cours desquelles on a pensé à lui pour le futur du Napoli. Et maintenant, où en sommes-nous?

Manolas, le cheveu dans la soupe de Maksimovic

Avec l’arrivée de Manolas, le Napoli envoie un message plutôt clair à Nikola Maksimovic : il ne compte pas sur lui pour épauler Koulibaly en défense centrale l’an prochain. Effectivement, au même âge, le défenseur grec affiche une maîtrise bien pus grande que son nouveau coéquipier Serbe, et surtout une bien plus grande expérience. Il peut se vanter d’être régulier, ce que ne peut pas faire Maksimovic. Le débat est clos, Manolas est meilleur. Soit. Et Maksimovic, après avoir gravi les échelons, retrouve le statut qu’il connait le mieux au sein du club : celui de remplaçant. Ce statut qui l’a poussé en janvier 2018 à partir en Russie au Spartak Moscou, alors que les Russes n’avaient plus que dix matchs de championnat à disputer. Il trouve néanmoins son bonheur, en dispute neuf, et finit second de Premier Liga. C’est un coup du destin qui propulse Maksimovic au statut de titulaire à son poste de prédilection en défense centrale : l’opération du genou de Raùl Albiol. A partir de ce moment là, sur dix matchs possibles, il est aligné titulaire pour sept. Et il affiche un niveau plutôt satisfaisant. Au point qu’à Naples, le fait d’imaginer une charnière Koulibaly / Maksimovic en Champions League la saison prochaine ne scandalise plus grand monde. Mais l’autre fait, vu d’un œil complètement impuissant par le stoppeur serbe, l’arrivée de Manolas, vient tout bouleverser.

A droite, ou sur le banc

« Maksi » se retrouve dans la même situation qu’à son retour de Russie : l’accès au poste de défenseur central est bouché. Et cela ne veut pas dire pour autant que l’accès au onze type d’Ancelotti est bouché. Si Maksimovic ne peut accéder à son but par l’autoroute, il n’hésitera pas à prendre la latérale. Ancelotti l’a compris : il le fait disputer la quasi-totalité des matchs de Champions League de la saison au poste de latéral droit. Au début, les réticences se font sentir, difficile d’imaginer ce colosse à un poste où il faut être vif, endurant, et précis pour pouvoir proposer des centres de qualité pour ses attaquants. Et bien, l’avenir a fait taire les critiques, Maksimovic affiche un niveau au moins aussi bon que celui d’Hysaj. Peut être qu’il fait un peu moins l’essuie-glace, mais au niveau solidité défensive, on trouve difficilement mieux. De la même façon, il dispute tous les matchs d’Europa League à ce poste de latéral droit, sauf le match retour face à Salzboug où il est suspendu. Cela témoigne d’une chose : Ancelotti sait qu’il peut compter sur son athlète serbe à un poste qui n’était au départ pas le sien. Le Napoli tirerait difficilement de lui plus de 15 millions d’euros, et a quelques faiblesses au niveau de ses défenseurs latéraux. Reléguer Maksimovic au rang de remplaçant serait un joli gâchis. Une petite reconversion au poste de défenseur droit pour Maksimovic serait donc bénéfique pour tous. Si Ancelotti l’entend de cette oreille…

Rémi Falvo

Rédacteur



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