Lorenzo Pellegrini, le meneur de jeu inattendu

Par Luca Dangréaux publié le 08 Déc 2018

Lorenzo Pellegrini a connu un début de saison laborieux et vit une fin d’année à l’infirmerie (son retour était prévu ce samedi 8 décembre mais sa lésion musculaire s’est aggravée au dernier entraînement, trois semaines d’absence). Pour ceux qui préfèrent voir le verre à moitié plein, arrêtons-nous sur ses très bonnes performances d’octobre et de novembre. Dans le laborieux début de saison romain, Eusebio di Francesco a eu la bonne idée de faire du jeune italien (22 ans) son nouveau meneur de jeu.

La révélation en Champions League

Comme prévu (ou redouté, toujours la même histoire du verre à moitié…) Javier Pastore est souvent forfait. L’entraîneur romain, fidèle à son système à deux milieux récupérateurs, a donc dû se trouver un nouveau meneur de jeu. Il s’appelle Lorenzo Pellegrini. Moins élégant, plus besogneux, moins créatif, plus travailleur, l’Italien apporte ses qualités de milieu relayeur mais un poil plus haut sur le terrain. Et ça fonctionne plutôt bien. La double-confrontation en Champions League contre le CSKA Moscou a été le révélateur : au match aller (3-0), c’est lui qui lance la Roma en créant seul l’action du premier but. Sur le troisième, sa présence occupe un défenseur central russe et permet à Ünder de marquer. Quelques jours plus tard à Moscou, il allie opportunisme et efficacité pour offrir la victoire (2-1) aux siens.

Pas encore Nainggolan mais parfaitement vertical

À une question un peu osée d’un journaliste de la chaîne du club, voilà ce qu’a répondu Di Fra à propos de son numéro 7 : « Dire aujourd’hui qu’il est meilleur que Nainggolan, c’est un peu pressé mais je me souhaite qu’il le devienne. Je voulais vraiment le recruter de Sassuolo. Il est bon quand il s’agit de réclamer le ballon dans le dos des milieux de terrain adverses et il comprend lorsque je lui demande de jouer dans la verticalité ». Ces paroles confirment que le Romain de naissance apporte le surnombre dans les surfaces de réparation. La suite, plus psychologue : « Je suis très content, il le mérite. Il a reçu trop de critiques et évidemment que désormais ses prestations et ses buts lui ont donné une assurance qu’il n’avait pas auparavant ».

Cette confiance se caractérise sur le terrain et au-delà de ses actions de buts créés. Lorenzo Pellegrini positionné entre le buteur et les milieux défensifs, c’est aussi s’assurer un certain équilibre, cher à tout coach. La verticalité, abordée plus haut par l’entraîneur du club de la Louve, vaut dans les deux sens du jeu. Lorsqu’il faut courir vers son but, se rapprocher de sa défense et aider à la tâche défensive, le droitier répond également de la meilleure des manières.

Peut-il être une solution à long terme ?

Le timing de blessure est assez terrible pour Lorenzo Pellegrini, qui semblait dans un état de forme optimal, selon son coach. Son retour dans le groupe est prévu pour le Boxing Day italien, pas de quoi relancer la machine puisqu’arrivera ensuite la trêve hivernale. Au 20 janvier, date de réception du Torino pour le début de la phase retour de Serie A, il ne sera plus le seul facteur de son propre temps de jeu. Javier Pastore reste le titulaire au poste de numéro 10 et, si les blessures délaissent l’Argentin, il sera titulaire. Gardons également un œil sur Nicolo Zaniolo, lui aussi à son avantage en remplacement de Pellegrini.

Luca Dangréaux



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