Lorenzo Insigne, « il magnifico » est de retour

Par Nicola Nicastro publié le 15 Juil 2020

Tête d’affiche de la débâcle d’Ancelotti à Naples, Insigne avait pourtant bien commencé sous les ordres du coach calabrais avant de complètement sombrer et se retrouver régulièrement sur le banc. Mais depuis l’arrivée de Gennaro Gattuso, l’attaquant italien est redevenu le joueur d’antan et est enfin le capitaine que tous les Napolitains attendaient. La renaissance d’Insigne, acte 10.

Les bons débuts sous Ancelotti

Carlo est le premier à le dire, lorsqu’un entraîneur arrive dans un nouveau club, il existe une période de « lune de miel » durant laquelle tout se passe de manière idyllique. C’était le cas avec Insigne. Positionné en pointe de l’attaque dans un 4-4-2, Lorenzo a dû s’adapter pour jouer dans un rôle qu’il n’avait encore jamais connu. La greffe fut bonne car le joueur napolitain parviendra à inscrire 10 buts lors de la première partie de saison 2018-2019, avec en bonus des réalisations importantissimes en Champions League, notamment face au PSG ou à Liverpool.

La descente en enfer

Tout allait bien jusqu’à son expulsion contre l’Inter en décembre 2018. Après cela, le joueur tant admiré par Ancelotti avait disparu, laissant place à un attaquant en manque de confiance et très geignard. Les statistiques parlent pour elles : seulement 4 buts inscrits sur la phase retour toutes compétitions confondues. L’intersaison est agitée et les polémiques concernant la position d’Insigne battent leur plein. Le joueur veut retrouver son côté gauche et Carlo Ancelotti satisfera (à contrecoeur?) ses exigences. Le début de saison de Lorenzo est dans la lignée de ses performances des mois précédents, avec, en prime, une relation de plus en plus conflictuelle avec son coach. Le point le plus bas sera atteint le 27 novembre lors de Liverpool-Napoli. Un match crucial pour la qualification à la phase suivante et lors duquel Ancelotti décidera de ne pas convoquer Insigne. Le Napoli licenciera son entraîneur quelques semaines plus tard (dû aux mauvais résultats) et le remplacera par un certain Gennaro Gattuso…

La renaissance sous Rino

Les premières semaines sous les ordres de Gattuso seront aussi compliquées pour Insigne que pour ses coéquipiers. Une victoire en cinq matchs de championnats et une équipe qui sombre de plus en plus. Le Napoli est décrié de partout et la presse annonce une révolution de l’effectif pour la saison prochaine. Mais Lorenzo prendra enfin ses responsabilités et « donnera le La » à la nouvelle ère napolitaine. Notamment grâce à la tactique mise en place par son entraîneur, avec un retour dans sa position privilégiée, ailier gauche dans un 4-3-3. Grâce aux 3 buts d’Insigne en 2 matchs de coupe d’Italie, le Napoli éliminera d’abord Perugia, puis la Lazio, équipe la plus en forme à cette époque. L’attaquant napolitain donnera également la victoire à son équipe en championnat face au leader juventino grâce à une reprise de volée. Après cela, le club engrangera 21 points sur 27 possibles en championnat, réussira une très belle performance face à Barcelone en C1 (dans l’attente du match retour) et décrochera même la victoire en Coupe d’Italie. Gattuso est parvenu à redonner confiance à un Insigne qui est enfin devenu le capitaine que tout le monde attendait, en plus d’être très bon sur le terrain.

Insigne le phoenix

Ce n’est pas une première pour l’ailier italien d’avoir à se remettre d’une situation compliquée pour lui au sein de son club. Sa relation avec les tifosi napolitains a toujours été extrêmement passionnelle. Dans le bien ou dans le mal. Ses supporters l’ont sifflé à plusieurs reprises au cours de ces dernières années.  Il lui est également arrivé de réagir avec de mauvais gestes à leur égard (Contre Bilbao en 2014 par exemple). Cette année, les supporters l’ont accusé d’avoir été un des leaders de la « révolte » des joueurs face aux décisions de leur président. Mais le natif de Naples a toujours réussi à se relever et regagner l’amour de ses tifosi. Cela démontre une certaine force mentale mais aussi une fragilité qui peut lui jouer de mauvais tours. On espère, pour lui et pour le peuple napolitain, que cette relation d’amour et de haine ne repasse plus du mauvais côté.

Nicola Nicastro



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