Llorente, l’invité surprise

Par Rémi Falvo publié le 16 Sep 2019

L’obsession du Napoli, et de tout le petit monde qui l’entoure, c’était cet été de recruter LE joueur de classe mondiale. La direction pense donc à Mauro Icardi, James Rodriguez… Mais au nez et à la barbe des Napolitains, ce sont le PSG et Arsenal qui ont eu gain de cause. Et le Napoli clot son mercato, avec comme nouveau numéro neuf l’Espagnol Fernando Llorente. Choix par défaut, ou coup de poker?

Un Milik-bis?

Tout n’est ni tout blanc, ni tout noir. Si Fernando Llorente a posé ses valises en Campanie cet été, c’est bien parce qu’Icardi et James ont choisi de bouder le club partenopeo. Llorente n’est pas le premier choix. Les tifosi sont même en droit de se demander si l’international espagnol est vraiment meilleur qu’Arek Milik. Le Napoli a déjà son avant-centre grand costaud, bon en pivot, et avec un jeu de tête millimétré, toujours prêt à recevoir les centres de ses ailiers. Mais une équipe n’a pas vraiment besoin de deux joueurs avec ce profil. Un des deux fera banquette, ou alors aucun des deux n’aura assez de temps de jeu pour faire une saison pleine, et finir, soyons fou, meilleur buteur de Serie A en juin. Llorente n’est pas l’attaquant joker qui peut offrir à Ancelotti une option différente pour terminer un match, quand son équipe concède un nul, que la défense adverse est usée, et qu’il suffirait d’un attaquant frais pour débloquer la situation. Milik, et Llorente, c’est le même combat. Et ils ne sont pas seulement physiquement semblables, ils ont une autre caractéristique en commun : la propension à se blesser. Et c’est peut-être là où le recrutement de l’Espagnol pourrait se révéler intéressant. En tout cas, le prix du transfert ne sera pas un argument pour le faire jouer puisqu’il s’élève à zéro euro, transfert libre. Son contrat arrivait à terme avec les Spurs de Tottenham. Club dans lequel il joua deux saisons, et où il ne laissa pas un souvenir impérissable. 20 matchs, un but lors du dernier exercice. Maigre bilan.

Tout sauf la banquette

Le dernier attaquant grand et costaud, à part Milik, à avoir signé au Napoli, c’est Leonardo Pavoletti. Cela s’est terminé de la façon suivante : à force de faire banquette, l’attaquant italien a décidé d’aller voir ailleurs, et d’oublier le temps qu’il a perdu en Campanie. Mais Pavoletti a aujourd’hui 30 ans. Pas tout jeune, mais quelques années devant lui avant la note de fin. Llorente a 34 ans. Une saison blanche, et ce serait quasiment synonyme de fin de carrière pour lui. De deux choses l’une, ou Llorente est suicidaire, ou il se pense dans une forme suffisamment bonne pour faire une saison digne de son meilleur niveau, et retrouver la Roja pour l’Euro 2020, comme récompense à tous ses efforts. Tottenham, Napoli… La vitrine est belle pour taper dans l’œil du sélectionneur espagnol Robert Moreno. Mais la concurrence au Napoli lui a semblé plus à sa portée qu’au sein du club londonien. Mertens, Milik, Insigne… Cela ne l’impressionne pas. Llorente a du pain sur la planche. Car s’il ne donne pas tout de suite satisfaction à Carlo Ancelotti, ce dernier n’hésitera pas à le laisser moisir sur le banc. Même s’il a été accueilli à bras ouverts par les Napolitains, cela ne compte pas. Qui n’est pas accueilli à bras ouverts quand il se rend à Naples? A part Higuain? Pourtant, Llorente n’est encore personne ici. Il pourrait très vite se faire un nom, une réputation, comme il pourrait également aussi rapidement être catalogué « pré-retraité ». Déjà moqués par les juventini, disant que le Napoli récupère les restes que les bianconeri n’ont pas voulu, les Napolitains voient en l’international espagnol le moyen de fermer les bouches médisantes, essentiellement Piémontaises. Quoiqu’il en soit, si Fernando Llorente faisait oublier Gonzalo Higuain aux tifosi Napolitains, cela serait une sacrée surprise pour tout le monde.

Rémi Falvo

Rédacteur



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