L’Italie vote sa version de la Loi Beckham pour stimuler le mercato de la Serie A

Par Maxime Varicchio publié le 10 Sep 2019
Serie A logo

Depuis déjà quelques années, le gouvernement de Giuseppe Conte adopte des mesures fiscales généreuses dans le but avoué d’attirer les retraités et les étrangers fortunés, mais dans un pays où le football génère plus de 7 milliards d’euros par an, la fiscalité est également pensée pour attirer les stars du ballon rond.

L’exemple du transfert de Ronaldo a la Juventus et de la « flat tax » est éloquent, mais ce dispositif n’est finalement que la partie immergée de l’iceberg puisque d’autres mesures fiscales ont été votées pour rendre encore plus attractif l’Italie et son championnat de foot. Pour rappel en 2017, Padoan, ex-ministre de l’Économie italienne, faisait voter une loi garantissant aux riches étrangers migrants en Italie d’être exonéré d’impôts sur le revenu perçus à l’étranger moyennant une taxe fixe de seulement 100 000 euros, une somme qui peut paraître élevée, mais que même de simples joueurs de pokers peuvent espérer atteindre en quelques années sur des sites de jeux comme tous les casinos en ligne français. Bien évidemment, cette taxe reste destinée aux grosses fortunes et ce nouveau système avait donc profité à Cristiano Ronaldo alors en pleins déboires financiers avec le fisc espagnol auquel il devait 18 millions d’euros d’impôts. Pour le portugais qui cherchait à quitter l’Espagne, mais aussi pour la Juv désireuse d’attirer un très gros joueur, c’était l’occasion rêvée.

Si immigrer en Italie pouvait alors semblait lucratifs pour les joueurs les plus riches, la fiscalité italienne restait cependant jusqu’à aujourd’hui très lourde. Les joueurs de foot les plus aisés pouvaient en effet être taxés à plus de 50% de leur revenu, mais la « Loi Beckham » mise en place par le gouvernement italien devrait changer la donne. Connue aussi sous son nom officiel de « Décret-loi croissance », la loi Beckham est une nouvelle loi qui vient d’être votée au parlement italien et qui permet de plafonner les impôts pour les sportifs étrangers immigrant en Italie. Joueurs, mais aussi entraineurs ne sont alors imposables que sur 30% de leurs revenus durant leurs deux premières années en Italie. Une aubaine pour les footballeurs désireux d’évoluer pendant quelques saisons en Serie A. Le but est évidemment de stimuler l’économie du football italienne en incitant les clubs à acheter des joueurs de très haut niveau pour que le championnat puisse rivaliser en popularité avec d’autres championnats européens comme la First League anglaise ou la Liga espagnole, des marchés avec lesquels la Serie A est directement en compétition. Cette loi n’a pourtant rien d’unique en son genre et elle fait écho à une loi qui avait existée en Espagne.

Si on la surnomme « Loi Beckham », c’est en effet parce qu’en 2005, l’Espagne avait fait voter le Real Decreto 687/2005 afin de conserver le célèbre joueur anglais au Real Madrid. En Espagne, ce régime fiscal permettait aux expatriés d’être imposés à taux fixe à 45% sur des revenus dépassant les 600 000 €. 4 ans plus tard, alors que l’Espagne traversait une crise économique très grave et sous pressions des joueurs espagnols qui trouvaient injuste ce traitement de faveur, le gouvernement faisait finalement abolir cette loi. Les clubs espagnols n’avaient pas du tout apprécié cette décision et avait même menacé de faire grève, le président du FC Barcelone parlant à l’époque d’un « énorme préjudice » tandis que le vice-président de la Ligua prédisait une catastrophe pour le foot espagnol « Dans deux ou trois ans, la Liga, en ce moment un des meilleurs championnats du monde, deviendra vulgaire et ne pourra plus attirer les grandes figures du foot ». L’histoire lui a pourtant donné tort et sur le long terme, l’impact de ces politiques fiscales s’est avéré très modéré.

Alors que le sénat italien vient donc de confirmer une loi similaire 10 ans après que l’Espagne a aboli la sienne sans grandes conséquences pour son mercato, on peut donc se demander si la Loi Beckham version italienne sera suffisant pour assurer d’autres transferts aussi médiatiques que celui de Ronaldo. Il faudra attendre la saison prochaine pour un début de réponse puisque la loi n’entrera pas en vigueur avant janvier 2020.

Maxime Varicchio



Lire aussi