L’Italie est-elle vraiment en perdition en Europe ?

Par Cesco publié le 12 Avr 2021
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La culture de l’instant n’a jamais aussi bien porté son nom. Décevante cette année, l’Italie fait face, à nouveau, à un souci de performance en Europe. La Juventus ne semble plus avoir le niveau de ses ambitions pour le moment et les nouveaux prétendants, qu’ils s’appellent Inter, Napoli ou encore Lazio, Milan AC et AS Roma ne semblent pas encore taillés pour arriver au niveau des cadors européens. Alors, l’Italie est-elle vraiment au fond du trou sur la scène continentale ?

Les chiffres toujours les chiffres

L’Espagne et l’Angleterre prennent les devants. C’est un fait. Cette saison, l’Italie est 3ème au coefficient UEFA. La dernière fois qu’elle a obtenu la deuxième place, c’était en 2005/2006.

15,428 en 2010, 19 en 2015, 17,333 en 2018. Voici les meilleures années de l’Italie cette dernière décennie. La réforme de l’UEFA est également passée par la pour gonfler les points mais voila, le fait est que sur cette saison 2020/2021, l’Italie est à 15,714 points, bien agrippée à sa 3ème place. Les clubs italiens ne font pas pire que l’année passée où l’Inter avait néanmoins atteint la finale d’Europa League, que la saison 18/19 catastrophique ou même que 2016/2017 avec la finale de Champions League atteinte par la Juventus.

Le constat comptable n’a donc pas lieu d’être alarmiste, surtout que dans le même temps, la France est à 7,750 points avec un PSG bien seul, l’Allemagne est à 14,928 et n’a plus que 2 clubs engagés (bien mal engagés d’ailleurs). Dortmund a perdu 2-1 contre City, le Bayern s’est fait surprendre 3-2 à domicile pendant que l’AS Roma s’impose 2-1 face à l’Ajax à l’extérieur. Un autre motif d’espoir pour une Italie qui ne compte pas lâcher sa troisième place.

Les cadors, c’est le top 2

Mais doit-on parler vraiment de Top 4 européen, ou encore de Top 5 si l’on souhaite l’étendre à la France ? Pas vraiment. La tendance des dernières années dégage un top 2, ou un « big two« . L’Espagne et l’Angleterre trônent sur l’Europe et la perfide Albion est désormais passée devant les latins ! Le gap est immense. 22 points d’écart avec l’Italie sur les 5 dernières saison, 23 avec l’Allemagne et 41 sur la France ! Les écarts sont conséquents et doivent être pris en compte.

Sur les 5 dernières années, seule l’Allemagne en 19/20 grâce à la victoire finale du Bayern a fait mieux que l’Angleterre pour 0,2 points. Sinon le constat est indéniable. L’Angleterre a encore 5 clubs sur 7 engagés. Manchester United a sorti le Milan AC et l’Espagne a elle encore 3 clubs avec un Real qui a dominé l’Inter puis l’Atalanta en Champions League par deux fois chacune. L’écart est gros, la perdition en revanche, n’est qu’illusoire. Car l’Italie est en progrès. C’est juste qu’ils sont structurels et non conjoncturels.

Moins de dépendance pour plus de force

L’Italie ne doit pas avoir un seul gros club qui performe en Europe, mais tous ses clubs. Le problème italien est qu’il y a trop de phases de transitions pour les cadors du championnat comme l’Inter ou le Milan AC. Et quand ceux-ci fonctionnent enfin, c’est au tour de la Juventus, du Napoli d’être en déclin. Tandis que l’Atalanta et l’AS Roma s’accrochent et pointent le bout de leur nez. Ce problème de rotation infinie doit cesser et les clubs italiens doivent monter leur niveau communément. On parle alors de locomotive. Celle de la Juventus s’est révélée trop ambitieuse ces dernières années. Personne n’a pu suivre, pour diverses raisons, celle qui se crée avec les deux clubs milanais ainsi qu’avec la poussée de l’Atalanta peut elle engager un nouveau cycle conquérant ? Nul ne le sait mais la réalité est que l’Italie n’est plus dépendante de la Juventus depuis un moment déjà.

La Juventus totalise 120 points UEFA sur les 5 dernières saisons. C’est le seul club italien du top 10 quand l’Espagne en a 4, l’Angleterre 3.

Derrière l’AS Roma en rapporte 86, le Napoli 74, l’Inter 53, l’Atalanta 50,500 et la Lazio 44, le Milan AC 31. 338,5.

La Juventus rapporte sur les 5 dernières saisons 35% des points UEFA de l’Italie. C’est un nombre considérable mais qui ne produit pas pour autant une dépendance de l’Italie à la Vieille Dame tant l’écart avec la 5ème place (qui priverait l’Italie d’une place en C1) est grand. La tendance s’inverse, de plus, petit à petit avec une Inter qui a rapporté plus de points la saison passée que les Turinois. Cette saison l’AS Roma est en passe également de rapporter plus de points à l’Italie que la Vieille Dame. Pour atteindre ce top 2, il faudra une Inter qui soit régulière en Europe, d’une Atalanta qui perdure et d’un Milan AC qui confirme son embellie saisonnière. Quid du Napoli et de l’AS Roma, de la Lazio ? Il faudra bien plus qu’un coup d’éclat mais une stabilité. Alors oui, l’Italie peut mieux faire. Mais elle n’est certainement pas en perdition. L’écart avec l’Angleterre et l’Espagne est une réalité, accentuée sur les dernières années, mais être le 3ème championnat européen avec les périodes d’instabilités sportives que l’on connait pour le Calcio, montre à quel point un regain de forme et plus de compétence directionnelle, pourraient vite transformer ce top 2 en vrai top 3.

 

Cesco

Rédacteur en Chef



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