L’Inter en plein chaos

Par Giuliano Depasquale publié le 26 Oct 2016

inter-chaos

Si vous êtes aigri en ce moment, c’est que vous êtes certainement interista. Et il y a de quoi être irritable quand on voit le début de saison que réalise l’Inter. Pour le moment, la Beneamata réside à la 14ème place du classement, avec 11 points, alors que l’objectif top 3 était de nouveau d’actualité à la fin de l’été. L’année passée devait également être celle de la délivrance, l’exercice qui était censé redorer le blason du club, amoché depuis 2011. Mais, au lieu de poursuivre en progressant, l’équipe ne fait que répéter ses anciennes erreurs et semble embarquée dans un cycle sans fin, tant cette situation parait interminable pour les tifosi. Pourtant, ce n’est pas les moyens qui manquent, avec des transferts aux prix sans importance, comme Joao Mario pour 45 millions d’euros ou Gabigol pour presque 30. Les investisseurs chinois ont promis d’allonger les chèques aussi longtemps qu’il le faudra pour ramener les Nerazzurri parmi l’élite européenne, mais le problème semble être autre que financier.

Erick Thohir (2nd L), President of Inter Milan and Zhang Jindong (3rd L), chairman of the Suning Holdings Group attend a press conference for Suning's Acquisition of Inter Milan in Nanjing, east China's Jiangsu province on June 6, 2016. A Chinese billionaire with connections to President Xi Jinping announced a swoop for a majority stake in Italy's Inter Milan on June 6, the most prestigious football club acquired so far by Chinese investors. Zhang Jindong's Suning retail giant will pay 306 million USD for about 70 percent of the three-time European champions, a landmark move for one of the sport's most famous clubs. / AFP PHOTO / STR

Des problèmes internes…

C’était le feuilleton de l’été : Mancini, en désaccord avec les dirigeants, s’en va une deuxième fois de l’Inter pour laisser sa place à Frank de Boer, alors que le championnat ne commence que dans quinze jours. Avec l’Italien, l’équipe était quasiment censée repartir de zéro pour la nouvelle saison, mais, à cause de ce changement inopiné d’entraîneur, elle l’entame en négatif. Le coach néerlandais le dit lui-même, il faudra du temps avant que son jeu ne se fasse voir sur les terrains. Quoi qu’il en soit, cela reste perturbant pour les joueurs, mais ça ne s’arrête pas là, car De Boer compte bien imposer sa mentalité à la Pinetina. C’est d’abord Brozovic qui paie le prix de ses réactions sur la pelouse et qui est nié pour un bon mois. Ensuite, vient le tour de Kondogbia, sorti prématurément contre Bologna et laissé en dehors du onze pendant quelques semaines, le temps qu’il se remette un peu en question. Plus récemment, c’est Icardi, tout seul, comme un grand, qui plombait l’ambiance avec la sortie de son autobiographie qui a déclenché un beau bordel avec les ultras. Rajoutons à tout cela les sifflets des supporters, les nombreuses critiques directes d’anciens joueurs, ainsi que de journalistes envers les membres de l’équipe et nous obtenons une ambiance bien exécrable qui ne favorise certainement pas le moral.

Argentins assassins d'Icardi

…mais surtout sportifs

Aujourd’hui, la victoire de l’Inter sur la Juventus (2-1) semble lointaine, tant la manière de jouer de l’équipe milanaise est différente. Les hommes de De Boer appliquaient pourtant un pressing très efficace qui favorisait la perte de balle de l’adversaire afin de repartir en contre, ainsi qu’un jeu basé sur la possession, dans le but d’éviter de subir les assauts, tout en monopolisant le ballon et en cherchant calmement la faille. Désormais, ça manque cruellement d’envie ; les joueurs ne bougent plus quand ils n’ont plus la balle ; les phases offensives sont sans idées et donc inefficaces ; la plupart des joueurs enchaînent les mauvaises prestations ; et Icardi doit revenir trop souvent donner un coup de main dans le milieu de terrain, ce qui laisse encore moins d’opportunités devant. De plus, Gabigol n’a, jusqu’ici, bénéficié que d’un quart d’heure de jeu, alors qu’il a été présenté comme le nouveau Ronaldo, à coups de spots vidéos, et qu’il apporterait certainement de bonnes choses à l’attaque qui patauge trop ces derniers temps.

Faut-il virer l’entraîneur ?

C’est la question qui revient le plus à la suite de la défaite contre l’Atalanta, qualifiée de « celle de trop » par un bon nombre de supporters. Les dirigeants avaient même une réunion ce lundi avec Frank de Boer, afin de discuter de la situation. Au final, il est toujours là, mais ça n’empêche pas certains de se demander si envoyer paître Mancini était une si bonne idée que ça, quand on voit le travail que produit son successeur. Pour répondre à cela, prenons en compte que l’Italien a tenu l’équipe pendant une saison et demi et qu’il a constamment peiné à composer ses équipes qui changeaient constamment. La faute à des joueurs qu’il estimait mal et des systèmes incohérents. Pourtant il avait réussi à instauré une mentalité de jeu et une certaine solidité qu’elle n’avait plus depuis bien longtemps. La 4ème place de la saison 2015-2016 étant le meilleur classement obtenu depuis 2011 par l’Inter. A la trêve hivernale, l’Inter était encore 1ère avant de connaitre son fameux coup de mou de début d’année civile.

De Boer, lui, a débarqué dans un moment instable, avec un groupe de joueurs à « dresser » le plus rapidement possible et donc la quasi obligation de reprendre le travail déjà mâché par son prédécesseur. Dès le début, les conditions ne lui sont pas favorables. Malgré ça, il s’est investi à 100%, apprenant même l’italien rapidement. Concernant la tactique, il a réussi à en imposer une bien visible, mais qui n’a été appliquée que quelques matchs. Le véritable souci réside dans ses choix illogiques lors des changements, ou même parfois dans ses compositions. Ainsi, il a trop de fois lancé des joueurs en fin de partie, alors que d’autres auraient mieux fait l’affaire vu le déroulement, sans parler de ceux qu’il aligne en l’Europa League. Cependant, ce n’est pas pour autant que changer d’entraîneur serait une bonne solution, puisque l’Inter a avant tout besoin de stabilité. Pourtant, la menace est bien réelle pour le Néerlandais, car des noms comme Mandorlini, Leonardo ou Blanc circulent déjà. Un nouvel échec ce mercredi soir contre le Torino pourrait donc lui être fatal, qu’il mérite ce sort ou non.

Giuliano Depasquale

Rédacteur



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