L’incroyable destinée de Kakhaber Kaladze

Par Romain Simmarano publié le 15 Mai 2016
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Milan AC

En 2001, Kakhaber Kaladze rejoint le Milan AC pour près de 13 millions d’euros. Comme pour son coéquipier Andriy Shevchenko deux ans plus tôt, le trajet Kiev-Milan est fructueux: les deux hommes s’apprêtent alors à écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du club milanais, chacun dans un registre bien différent. Durant 9 ans, le Géorgien s’impose comme un joueur particulièrement solide, capable d’évoluer comme arrière gauche puis replacé dans l’axe dès que le besoin s’en fait sentir. 284 apparitions sous le maillot rayé et 2 Ligues des Champions plus tard, au terme d’une aventure collective exceptionnelle, Kaladze quitte le club lombard pour deux ultimes saisons au Genoa. L’aventure italienne se termine en même temps que sa carrière: à seulement 34 ans, le défenseur prend sa retraite pour se consacrer à son ambition profonde et jamais masquée, la vie politique de son pays.

Un authentique grand milanais

Pour expliquer ce choix résolument rare, il faut déjà restaurer une part de vérité dans la carrière de Kakhaber Kaladze. Entouré par une génération de surdoués et d’étoiles, le Géorgien a trop longtemps été injustement décrit comme un joueur rugueux, pas franchement talentueux et ayant profité de l' »effet d’aubaine » généralisé. Ce verdict rendu sur la carrière de Kaladze n’en est pourtant pas moins risible: dur sur l’homme et combatif, il se distinguait surtout par sa capacité à n’être quasiment jamais mis en défaut dans son dos. Ses capacités de marquage, particulièrement étonnantes pour un arrière d’aile de formation, ont souvent tiré le Milan AC de mauvais pas. Ce caractère intraitable et spontané (parfois trop, comme lors de son exclusion en finale de Coupe du Monde des Clubs, en 2007) le suit dans son parcours politique. En quittant le football pour la politique, Kakha a surtout retrouvé sa Géorgie.

Georgia on his mind

« Il y a beaucoup plus de défis à relever dans la politique que dans le sport », indique-t-il à chaque fois qu’il est interrogé sur le sens de son engagement. Comme Gianni Rivera, député en Italie, ministre puis député européen sous les couleurs de la démocratie chrétienne, son idylle avec le monde du football était temporaire. Entré dès 2012 en opposition frontale avec l’ancien président Saakachvili (pro-occidental), il rejoint la formation Rêve Géorgien, aux côtés de Bidzina Ivanichvili, milliardaire en campagne contre la corruption, l’injustice et prônant la reprise des discussions avec la Russie. Car, la véritable question politique de fond est celle des rapports avec l’ex-URSS. Des rapports évidemment tendus, avec des conflits de frontière récurrents et pas franchement réglés. Alors, « que diable allait-il faire dans cette galère » ou plutôt dans ce maelström politique ? Vice-Premier Ministre puis Ministre de l’énergie, l’ancien joueur du Dinamo Tbilissi (le club de la capitale) est en fait un élément-clef du dispositif politique géorgien. Il a même survécu à trois changements de gouvernement, avec la même solidité que celle dont il faisait preuve en repoussant les assauts des Vieri, Del Piero et consorts. S’il fallait retenir une explication à ce choix original, elle pourrait s’être nouée dans un drame personnel: en 2001, son frère est enlevé par des truands géorgiens, et son corps est retrouvé 4 ans plus tard. Ce deuil fraternel a pu  justifier toutes les batailles du monde. Il pourrait finir par faire de l’ancien milanais l’homme fort d’un Caucase agité.




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