L’Hellas et les secrets d’une saison réussie

Par Gilbert Simonutti publié le 23 Fév 2020

8ème après 24 journées et un match en moins reporté, l’Hellas épate le Calcio depuis le début de la saison. Une belle révélation pour un groupe de joueurs revanchard sous la houlette du disciple de Gasperini, Ivan Juric.

Les pronostics sont faits pour être déjoués. Avant le début du championnat, tout le monde voyait le promu véronais reprendre illico l’ascenseur vers l’étage inférieur comme si souvent par le passé. Un mercato au rabais, un coach qui n’avait quasiment rien montré jusque la, tous les ingrédients semblaient réunis pour une relégation. Mais, c’était sans compter sur le flair du président Maurizio Setti et l’esprit revanchard d’Ivan Juric. Car si l’Hellas est là où il est aujourd’hui, le mérite va tout particulièrement aux deux hommes précédemment cités. Le président des Gialloblu est un adepte du « si on a pas d’argent, on a des idées » et c’est ce qu’il a fait l’été dernier en confiant les rênes de l’équipe au coach croate de 44 ans qui sortait de trois passages pas franchement réussis sur le banc du club de sa vie, le Genoa. Revanchard, celui qui a pour mentor l’entraineur de l’Atalanta Giampiero Gasperini s’est jeté cœur et âme dans la bataille pour prouver qu’il avait le niveau. Comme son formateur, Juric est un adepte du 352. Un pressing de tous les instants, le collectif placé avant l’individu et une préparation, tactique et physique, méticuleuse, telles sont les clés de la réussite de la méthode Juric. Sceptique sur ses capacités en début de saison, l’Italie du ballon rond découvre finalement un entraineur qui a tout pour réussir même au plus haut niveau.

Amrabat et Rahmani les bonnes pioches

Pour mettre en place ses idées, Ivan Juric a besoin de joueurs qui le suivent. L’autre réussite de Setti est d’avoir secondé intelligemment les demandes de son entraineur en lui offrant l’effectif idéal. Tout d’abord avec l’arrivé d’éléments d’expérience qui connaissaient déjà bien le coach comme Miguel Veloso, Dusan Lazovic et Koray Gunter puis en piochant à l’étranger avec des profils bien sélectionnés comme Amir Rahmani en défense et Sofyan Amrabat au milieu. Des joueurs à fort potentiel et encore peu cher mais déjà revendu à prix d’or (14 M€ pour le défenseur kosovar et 20 pour le milieu marocain). Si à cela vous ajoutez l’éclosion (tardive) de certains éléments déjà au club comme le gardien Silvestri, le latéral Faraoni ou les milieux offensifs Verre et Zaccagni, vous obtenez le mix parfait pour une saison réussie. Cerise sur le gâteau, la venue en janvier de Fabio Borini, transfuge du Milan AC, qui s’est tout de suite inséré efficacement dans le onze de l’Hellas en marquant même un but décisif face à la Juventus lors de la victoire 2-1 des siens.

L’Hellas a fait souffrir toutes les grosses équipes

Les résultats sont spectaculaires puisque le club vénitien est en lutte pour une place européenne à un point des Rossoneri et du Napoli avec un match en moins. 4ème meilleure défense de Serie A, l’Hellas a mis à mal toutes les grosses cylindrées du championnat. Victoire 2-1 contre la Juventus, matchs nuls à San Siro contre le Milan (1-1) et à l’Olimpico contre la Lazio (0-0) et défaite honorable 2-1 contre l’Inter sur un éclair de Barella après avoir mené au score. Une qualification en Europa League serait le couronnement d’une saison jusqu’ici parfaite pour un club connu pour son instabilité chronique. Autre bienfait de la réussite actuelle, l’engouement pour l’Hellas touche à nouveau des niveaux dignes des années 80 (le club a été champion d’Italie en 85). Pour preuve la venue de la Juventus au début du mois a permis au club de battre son record de recette sur un match. A Vérone, le renouveau c’est maintenant.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



Lire aussi