Les Rossoblù marquent leur territoire en Nazionale

Par Sébastien Madau publié le 28 Mar 2019

Alors que la Squadra Azzurra est en pleine reconstruction, comment interpréter la convocation de groupes élargis depuis l’arrivée de Roberto Mancini à la tête de l’équipe ? Le témoignage d’une difficulté à opérer des choix ou au contraire la volonté affichée d’impliquer l’ensemble du vivier de Serie A à sa disposition dans cette entreprise inédite, après le traumatisme de la non-qualification au Mondial russe l’année dernière ? En lien avec ces interrogations, il était légitime de se demander quel rôle serait attribué aux joueurs de clubs de seconde moitié de tableau. Auraient-ils les moyens de jouer leur chance à la loyale ou ne seraient-ils que des sparing-partners de leurs coéquipiers issus des grands clubs ? C’est certainement les questionnements qu’ont dû se faire les trois Cagliaritains Nicolò Barella, Leonardo Pavoletti et Alessio Cragno régulièrement appelés en sélection depuis plusieurs mois.

Pavoletti ouvre son compteur

Actuel 14e de Serie A, Cagliari accueille comme du pain béni la présence de trois de ses éléments en Nazionale. Dans le détail, tous ne vivent pas le même destin. Leonardo Pavoletti (30 ans), conscient que la concurrence sera acharnée pour décrocher un poste de titulaire à la pointe de l’attaque italienne, n’a pas laissé passé sa chance mardi soir à Parme face au Liechstenstein (6-0). Entré à la 72e minute pour sa première cape, Pavogol (10 buts en 21 matchs cette saison) a rapidement fait parler la poudre (76e), devenant le sixième joueur de Cagliari de l’histoire à marquer. Certes, l’adversaire était faible, mais ne pas marquer alors que Quagliarella et Kean avaient fait trembler les filets aurait pu le mettre en difficulté. Désormais la confirmation est attendue. « J’étais impatient d’entrer en jeu pour donner ma contribution » a affirmé Pavoletti à l’issue du match. « La surface de réparation me booste. La Nazionale est un très beau groupe, je connaissais plusieurs joueurs et il y a également mes deux coéquipiers à Cagliari. Je pense pouvoir continuer sur cette voie ».

Barella s’impose

Un pour qui cette confirmation est arrivée est sans aucun doute Nicolò Barella (22 ans). Pour sa 5e sélection, le milieu de Cagliari a inscrit son premier but en azzurro face à la Finlande, ouvrant le score et rendant plus facile la partie. Barella, après être devenu une pièce maîtresse du club sarde, est en train de s’imposer également en équipe nationale. Sa mise au repos face au Liechstenstein étant notamment due à la volonté de Roberto Mancini de faire tourner son effectif.
Evidemment, quand les compteurs sont au vert, les comparaisons avec l’époque glorieuse de Cagliari vont bon train. En effet, une telle présence de joueurs du club sarde en Nazionale remonte aux années mythiques et du Scudetto 1970. « Je suis très heureux, je dédie mon but à ma ville » avait confessé le natif de Cagliari après le match contre la Finlande. « J’ai entendu qu’avant moi le plus jeune joueur de Cagliari à avoir marqué en azzurro était Riva, mais Gigi est un mythe, le dépasser sera difficile ».
Pour Alessio Cragno, la situation est quelque peu différente. S’il a une nouvelle fois été convoqué, il n’a toujours pas joué. Le milaniste Donnarumma semble au fil des mois tirer son épingle du jeu, et le turn-over a bénéficié à Salvatore Sirigu. Cragno et Perin témoignent plus d’une volonté de Mancini de montrer qu’il existe un potentiel en Italie capable d’assumer -collectivement- l’héritage lourd à porter de Gigi Buffon. Son jeune âge (24 ans) et le fait qu’il évolue dans un club de seconde partie de tableau tempèreront certainement la frustration.
La saison 2018-2019 n’est pas de tout repos pour Cagliari. Un maintien en bonne voie et une « patte » sarde en équipe nationale jamais vu depuis des décennies pourraient redonner du baume au cœur de ses tifosi, souvent exigeants et insatisfaits (mais fidèles) envers leur équipe.

Sébastien Madau



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