Les pires joueurs du Milan AC : 9ème

Par Christophe Mazzier publié le 17 Mai 2019

Aujourd’hui nous encensons le jeu de l’Ajax, et d’une classe d’âge exceptionnelle composée des De Jong, van De Beek, Ziyech, De ligt… Mais l’histoire amène son lot de parallélisme et de réciprocité. Dans les années 90, une autre génération dorée du club d’Amsterdam embaumait le cœur des amoureux du ballon rond. Les phénomènes « oranje » se font connaitre du grand public lors de la saison 1994-1995. Cette année-là, Edgar Davids compose un milieu de terrain agressif, technique et rapide, avec l’ancien tôlier du Milan AC, Rijkaard, et le génial Clarence Seedorf. Les 3 joueurs, originaires du Suriname, sont les parfaits pistons d’une équipe dont la robustesse et la fougue permettent de rivaliser avec n’importe quel adversaire sur la scène européenne.

Un « Pitbull »

Le caractère bien trempé du milieu de terrain se révèle lors des deux finales consécutives jouées en C1 par l’Ajax, et notamment celle de la victoire face au Milan AC en 1995. Le jeune hollandais, doté d’une intempérance et d’une agressivité hors norme, est un aimant à ballon en plus d’un capitaine naturel. Tombé sous le charme, Galliani voit en ce jeune joueur l’élément prophétique qui marchera sur les pas du grand Rijkaard. Prototype du milieu de terrain moderne, le « Pitbull » ainsi prénommé par Van Gaal, choisit de relever le défi lombard avec Reiziger, son ami, en 1996. L’équipe de Berlusconi souhaite retrouver ses lustres d’antan en misant sur une nouvelle génération batave. Exit les Rijkaard, Gullit, Van Basten, vive les Reiziger, Davids puis dans un second temps les Kluivert, Bogarde…

Une « mela marcia »

Mais le succès est loin d’être du même acabit que leurs illustres prédécesseurs. D’ailleurs, les quatre précédemment cités font partie du top 20 des pires joueurs milanais estampillé Calciomio. Malgré un début de carrière tonitruant, Davids, sur le terrain, n’apporte pas les garanties escomptées par une équipe lombarde en pleine transition générationnelle. Malgré le ballet des entraîneurs (Tabarez puis Sacchi puis Capello), le batave peine à s’imposer au sein d’un milieu garni des Desailly, Albertini, Eranio, Boban et du tout jeune Ambrosini. Titulaire du banc de touche, il ne participe qu’aux matchs sans enjeu ou de coupe d’Italie. Caractériel, son comportement va avoir pour conséquence de se mettre à dos une partie du vestiaire. Costacurta, lors d’un interview, n’hésite pas à le pointer du doigt en parlant de l’obligation d’écarter les « brebis galeuses » d’une équipe pour retrouver le sillon de la victoire. Pour ne rien arranger, le « Pitbull » va très rapidement faire parler de lui… Mais dans la presse people. Vexé qu’on l’ait klaxonné à un feu rouge, il s’en prend violemment au conducteur coupable de l’outrance, son copilote, insulte la femme du premier cité et casse tous les phares de la voiture. Résultat : 40 millions de lire à payer au dépositaire de la plainte, une amende de son club et une étiquette bien collée sur le front.

Par conséquent, les supporteurs rossoneri n’auront pas gardé un souvenir impérissable de ce début de carrière post Ajax. Davids au Milan AC, c’est 19 matchs en une saison et demi. Le seul fait d’arme du joueur est un but extraordinaire marqué en Champions League. Le Milan AC, déjà éliminé des phases de poule, est opposé au FC Porto. Le Pitbull ouvre le score suite à un superbe mouvement. Il s’amène, par une aile de pigeon, le ballon et crucifie Hilário d’une demi-volée. Certes, cet exploit n’a été qu’une fulgurance mais elle laissait entrevoir les germes fertiles de la légende qu’allait devenir Davids sous les couleurs, entre autres, de la Juventus.

Christophe Mazzier



Lire aussi