Les pires joueurs du Milan AC : 7ème

Par Christophe Mazzier publié le 10 Juin 2019

Comment parler d’Ümit Davala sans parler de Fatih Terim. Le destin du disciple et du mentor sont étroitement liés. Aujourd’hui encore le 1er cité est l’adjoint de l’Imperator à Galatasaray. Si l’adjonction de leurs deux talents a souvent fait des miracles, au Milan AC la chimie n’a jamais pris. Vainqueur de la coupe de l’UEFA face à Arsenal et de la super-coupe d’Europe face au Real Madrid, 5 fois champions de Turquie et de la coupe nationale, champions d’Allemagne… Ümit Davala a un palmarès impressionnant. Mais pour tous les supporteurs milanais, il n’aura été dans le meilleur des cas qu’un joueur filant mais pour la majorité, complètement oublié.

 

Un champion d’Europe en titre

Ümit Davala naît en Allemagne en 1973. Il fait toute sa formation footballistique au sein du club aux accents turques de la ville de Mannheim. Surnommé « le Petit Istanbul », elle accueille une très forte communauté issue de l’Asie Mineure. Dans ce quartier, on trouve plus facilement des Sarma et des Mezze que des saucisses Wurste et des Knödel, et les habitants vivent plus intensément les derbys entre Fenerbahçe et Galatasaray qu’entre Karlsruhe et Stuttgart, les rivaux régionaux. Le petit Ümit va grandir avec un fort lien d’appartenance à la Turquie, la terre de ses parents. D’ailleurs il va signer son premier contrat au sein du club du Turksport Mannheim. Finalement, cette expérience va lui servir de tremplin vers le championnat d’Anatolie.

Quelques mois après son arrivée en Turquie, les liens entre Ümit Davala et Fatih Terim vont se créer. Pour commencer, il est le premier à lui donner sa chance en 1996 en sélection nationale. Ensuite c’est également lui qui le fait venir à Galatasaray, la même année. Après avoir glané 4 championnats en 4 ans, et après avoir écrasé la concurrence en Süper Lig, l’équipe stambouliote va atteindre les sommets européens. Lors de la saison 2000-2001, les coéquipiers d’Ümit réalisent l’exploit de s’adjuger la coupe de l’UEFA, à l’issue de la séance des tirs aux buts. La finale se déroule face à la grande équipe d’Arsenal composée des Bergkamp, Henry et autres Overmars. Malgré le départ d’Hakan Sukur au mercato précédent à l’Inter, l’équipe stambouliote peut compter sur les dynamiteurs Emre Belozoglu et Hasan Sas. Ümit Davala est le parfait piston sur le côté droit. A l’arrière ou au milieu, Fatih Terim l’utilise comme relais et comme couteau suisse en titre. Il est celui qui réalise le plus de match sous ses ordres car il apprécie son sens tactique, sa combativité et sa vélocité.

Un seul être vous manque…

Auréolé de ces succès, l’Italie ouvre les bras à cet entraîneur qu’on dit têtu et obstiné mais pétri de talent. A peine vient-il de se défaire de son contrat avec la Fiorentina que Berlusconi lui offre le banc de son équipe. Il lui propose un pont d’or et fait tout pour répondre à ses attentes. De ce fait, il fait venir en Lombardie Ümit Davala, son fidèle lieutenant pour la rondelette somme de 5 millions d’euros. Mais le Milan AC est en pleine crise malgré des renforts de poids : Rui Costa, Inzaghi, Pirlo, Laursen… Le club a du mal à retrouver la dynamique qui lui avait fait devenir champion en 1999 sous l’ère Zaccheroni. De grands espoirs sont placés en Terim mais… n’auront duré que deux mois. Des prestations non abouties et une relation exécrable avec Galliani sonneront le glas de leur collaboration. Le 4 novembre 2001, une défaite 1-0 sur le terrain du Torino et un but de Cristiano Lucarelli, impulseront une éviction programmée. A partir de ce moment, le joueur turc n’aura plus beaucoup d’occasions de briller dans l’enceinte de San Siro…

Lors sa présentation suite à son transfert en Lombardie, un journaliste demande à Ümit Davala s’il aurait été recruté au Milan AC sans Fatih Terim. Le joueur turque, agacé, lui rétorqua qu’il n’était pas un pistonné. L’histoire n’aura pas démontré le contraire. Pour Ümit Davala le nombre de présence en rossonero se limitera à une dizaine d’apparition sur le terrain et une expulsion. En définitive, les tifosi lui sauront gré d’avoir servi de monnaie d’échange dans une transaction avec l’Inter qui envoyait du côté des diavoli Dario Simic, pour le succès que l’on connait.

Christophe Mazzier



Lire aussi