Les pires joueurs du Milan AC : 5ème

Par Christophe Mazzier publié le 19 Juil 2019

L’histoire de Bonera aurait pu être une fable. Mais il n’en a rien été. Les blessures et autres mauvais résultats auront entaché ses 9 années au Milan AC. Le défenseur polyvalent n’aura été que trop peu de fois à la hauteur des attentes d’un des clubs les plus titrés au monde.

Un début de carrière prometteur

Né et formé à Brescia, il y fera toutes ses classes. Il accompagnera les biancazzuri lors de leur accession en Serie A en 2000. Au sein du club lombard, il côtoie les Roberto Baggio, Dario Hubner et autres Luca Toni. La presse découvre un défenseur solide et très bon tactiquement. Un rempart à l’ancienne. Évoluant tantôt au centre tantôt en tant que latéral, Bonera tape dans l’œil des recruteurs de Parma. Ainsi, il quitte une équipe qui joue tous les ans sa survie en Serie A pour une autre qui se mêle à lutte pour les places européennes. Benarrivo, Nakata, Mutu, Adriano composent une escouade d’acier. Mais les résultats en dent de scie et le scandale Parmalat, principal créancier du club, poussent les parmesans à revoir leurs prétentions à la baisse. Les joueurs capitulent, la maison gialloblù s’en va à vau-l’eau. Flairant le bon coup, Galliani recrute un joueur mûr qui a déjà plus de 200 matchs de haut niveau dans les jambes.

Le vice-président veut renouveler une base arrière vieillissante. Jankulovski, Oddo, Maldini, Serginho et autres Cafu se rapprochent plus de leur fin de carrière. Ainsi l’équipe lombarde a besoin de sang neuf, et les rossoneri recrute un joueur qui a fait toutes ses classes dans les sélections italiennes de jeune. En 2006, il arrime en même temps que Gourcuff et Ricardo Oliveira… Autres flops milanais. Quoi qu’il en soit, Berlusconi et tout le staff fondent de grands espoirs sur lui. Et le président le plus titré au monde, comme il aime à le rappeler, a un capital confiance sans borne dans ses choix. Bonera sera la relève et la base du futur Milan.

Un espoir englué

Ses débuts sont idylliques. Positionné très souvent à la place de Cafu, à droite, ou en binôme de Maldini, dans l’axe, il effectue un an et demi de bon augure. D’ailleurs, à l’issue de la saison, le Milan AC gagne la coupe aux grandes oreilles. Bonera apporte sa pierre à l’édifice en cumulant une vingtaine de match. Ancelotti le couve et lui fait confiance. Puis arrive tour à tour Leonardo et Allegri, et sa croissance va s’arrêter nette. Champion d’Italie avec Ibrahimovic et Thiago Silva en 2011, il n’aura pris part qu’à 16 rencontres. Le livournais ne lui donnera jamais les clefs du secteur défensif. Ni Seedorf, ni Inzaghi. Trop lent, souvent dépassé, freiné par des blessures à répétition, inconstant, il n’arrive pas à être le leader escompté d’une équipe en proie au doute.

Le chant du cygne milanais

Berlusconi n’est plus le magnat magnanime d’un temps. Exit les grands noms, le modèle est complètement dépassé et le football entre dans l’ère moderne. Bonera devait être le trait d’union entre l’ancienne génération des stratosphériques et la nouvelle. Dans les faits, il n’aura été que le couteau suisse d’un Milan englué dans les errements d’un président déclinant. Des mauvais résultats, un stade vidé, des souvenirs de coupes européennes évanouis, des tifosi en rébellion et fuyant le stade… Même au sein du vestiaire, le natif de Brescia n’aura jamais fait l’unanimité. Son coéquipier Amelia n’hésitant pas à en venir aux mains avec lui. Il lui reprochait de ne pas avoir accompagné El Shaarawy à l’extérieur du car pour aller signer des autographes. Et ceci en narguant les tifosi. Au sein du septuple champion d’Europe, il n’y a plus de tôlier, de référence, et le vestiaire est scindé en deux voire en trois.

Malheureusement pour Bonera, Milan était son club de cœur, mais la marche était sans doute trop haute. Il symbolise pour de nombreux supporteurs milanais une époque de fringale et de frustration. Comme ce cri de désespoir qui révélait l’impuissance, Alessandro Nesta dans un interview à la Gazzetta en 2014 : « Le noyau dur d’aujourd’hui est composé de Abate, Bonera et Montolivo, qui sont de très bons joueurs et de très grands professionnels… Mais nous, nous avions Maldini… ».
En juillet 2019, avec l’arrivée de Giampaolo sur le banc, l’international, aux 16 sélections, revient au Milan AC en tant qu’adjoint.

Christophe Mazzier



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