Les pires joueurs du Milan AC : 3ème

Par Christophe Mazzier publié le 26 Août 2019

Calciomio poursuit la longue liste des flops que le Milan AC a connus ses 30 dernières années. Aujourd’hui, nous nous intéressons au défenseur Winston Bogarde (à gauche sur la photo ci-dessous) qui se hisse sur le podium. Malgré les échecs sportifs Davids et Reiziger, en 1997, les dirigeants milanais décident de parier de nouveau sur deux jeunes pousses de la génération dorée de l’Ajax : Kluivert et Bogarde. Mais malheureusement le succès ne sera pas au rendez-vous.

Le pire joueur de Chelsea de l’ère moderne

« Peu m’importe d’être la pire acquisition de l’histoire de l’Angleterre. Je pourrais jouer titulaire n’importe où, mais pourquoi le ferais-je ? Ici ils me paient et même très bien ! ». Bogarde à Chelsea c’est 70 000 sterlings par semaine pour un contrat de 4 ans entre 2000 et 2004. A Londres, il jouera 11 matchs en tout et pour tout. Choqué par le niveau du défenseur hollandais, très rapidement, le staff londonien veut l’envoyer vers d’autres horizons… L’Angleterre l’adoubera de pire recrue de ce début de siècle… Mais pour mieux comprendre la présence sur les terres lombardes de Bogarde, il faut remonter le temps.

Un rouage ajacide

Lors de la saison 1995, le monde entier découvre la jeunesse virevoltante des Godenzonen. Winston Bogarde est un stoppeur pur. Rugueux, puissant, le natif de Rotterdam est le parfait soldat d’une génération dorée. Entouré des De Boer, Rijkaard, Overmars, Davids et Seedorf, il est l’un des rouages essentiels d’un bloc défensif compact et virevoltant. D’ailleurs, la saison 1995-1996 sera celle de la consécration pour le joueur de 25 ans qui devient un titulaire indiscutable. Entouré de ses amis, Davids, Kluivert et Reiziger, il atteint la finale de la Champions League pour la deuxième fois consécutive. Malgré la défaite aux tirs au but face à la Juventus, Bogarde réalise une saison convaincante dans une défense à 3 dont l’essieu est Dany Blind, ou sur le côté gauche.

La saison 1996-1997 le verra aller au bras de fer avec le club qui lui a donné une visibilité à l’échelle européenne. Car le surinamien d’origine ne veut pas prolonger son contrat et le club devra se résigner à le laisser partir libre. Donc à l’issue d’une saison mitigée pendant laquelle il n’aura participé qu’à une quinzaine de rencontres, il posera ses valises au Milan AC accompagnant son ami et la star du moment, Kluivert que tout le monde s’arrache.

Des errances tactiques

Son énergie, sa volonté et son abnégation compenseront pendant longtemps ses errements tactiques. Comme il le dira lui-même dans sa biographie, il ne comprenait pas grand chose aux séances de tableau noir de Van Gaal à l’Ajax. Toutefois le club, emmené par le prodige finlandais Litmanen, est structuré suivant un collectif très bien huilé. Bogarde doit stopper et il le fait très bien. Malheureusement pour lui, il quitte le pays du football total pour celui de la tactique roi.

Udinese-Milan 21.09.1997, le crépuscule

Les tifosi milanais n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent lors de son séjour en Lombardie. Capello l’a aligné trois fois lors des six premières rencontres de championnat. Ses trois sorties ont été suffisantes pour entamer et annihiler son crédit auprès du coach et de ses coéquipiers.

L’apothéose pour les supporters survient lors de son deuxième match contre l’Udinese. Le club du Frioul, entraîné par Zaccheroni, est porté par un Márcio Amoroso déchaîné, et un Bierhoff buteur. En début de match, le Milan AC avait ouvert le score par Kluivert. Mais à la 25ème minutes, le dernier rempart Taibi fait une passe au pied à Bogarde, placé au 40 mètres. Ce dernier veut la remettre à son gardien mais distille une magnifique passe décisive à Bierhoff. L’allemand, surpris, marquera l’un de ses rares buts du pied.

« Je crois que Reiziger et Bogarde n’ont été recrutés que pour faire plaisir à leurs amis. » confessera Desailly alors pilier des rossoneri. Quand il parle de leurs amis, il fait référence à Davids et à Kluivert, jugés plus talentueux, mais qui seront également des flops au Milan AC. La seconde jeunesse dorée de l’Ajax, celle des années 90, n’arrivera jamais à se fondre dans le collectif milanais si ce n’est Clarence Seedorf, quelques années plus tard.

Christophe Mazzier



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