Les pires joueurs du Milan AC : 1er, suite et fin

Par Christophe Mazzier publié le 28 Nov 2019

Le 18 mai 1995, à Vienne, le grand Milan AC atteint sa 3ème finale de Champions League de suite. Mais les Diables Rouges s’écroulent sur un but d’un jeune du cru de l’Ajax, Patrick Kluivert. Calciomio clôt son tour des flops du Milan AC de ces trente dernières années. Sur la plus haute marche du podium, on y retrouve ce gamin de 18 ans, devant son compatriote Bogarde, 3ème, et son dauphin, Christophe Dugarry. Pour rappel, ces flops sont relatifs et nous ne faisons référence qu’à des joueurs qui ont joui à un moment donné d’une aura internationale.

Un marché devenu fou

Le Calcio dans les années 90 domine sans discussion possible les compétitions européennes. Tous les grands joueurs souhaitent accoster dans la péninsule. Avec comme postulat, pour tout bon mercato, qu’un certain trio hollandais a marqué de son sceau les consciences des amateurs de football : Rijkaard, Gullit et Van Basten. Ainsi, le hollandais est à la mode et les Pays-Bas peuvent se gargariser d’avoir d’excellents centres de formation.

La planète calcio s’est entourée dans cette fin de millénaire de nombreux joueurs bataves avec plus ou moins de succès. Bergkamp, Jonk à l’Inter pour les plus célèbres puis les Kreek, Hoop, Orie, Ferrier, Jansen, Van’t Schip, Vink, Bryan Roy… Peu ont explosé dans le paysage footballistique transalpin. Et puis, la génération biberon de l’Ajax est arrivée. Stabilisé sur le toit de l’Europe pendant deux saisons (1995 et 1996), les jeunes pousses ajacides ont été les proies d’un marché devenu incontrôlable suite à l’Arrêt Bosman en 1995.

A star is born

Né à Amsterdam, originaire du Surinam par son père, le talentueux Kluivert va faire toutes ses classes à l’Ajax. Il débutera avec les professionnels à 18 ans, le 28 août 1994. Puis le 24 mai 1995, tout s’accélère. Rijkaard, l’ancienne star rossonera passe le ballon à Kluivert, qui se faufile entre deux défenseurs. Déstabilisé, il tombe et fait une pointe du pied gauche qui trompe Sebastiano Rossi. Le match est plié. Le Milan AC perd sa 2ème finale en 3 ans.

C’est sur le toit européen que l’Ajax va propulser le prometteur Kluivert devenant ainsi le plus jeune buteur d’une finale de Champions League. Très tôt comparé au Van Basten et autre Cruyff, le monde entier est à ses pieds. L’année suivante, l’équipe d’Amsterdam atteint de nouveau la finale, avant d’être éliminée aux tirs au but par la Juventus. Kluivert a alors 19 ans et ces jeunes oranje, fougueux, sont devenus la hype du moment.

Un échec cuisant

Après Reiziger et Davids un an plus tôt, Patrick Kluivert signe au Milan AC lors de l’été 1997, avec son ami Bogarde. A l’intersaison, Fabio Capello est revenu au chevet d’un navire qui chavire. A l’aube de l’hiver, Kluivert sent le vent tourné pour cette vague hollandaise échue en Lombardie. La dépression le guette. Les résultats ne sont pas à la hauteur. L’ancien assistant de Sacchi n’a plus du tout confiance dans cette nouvelle génération. D’ailleurs, il va tirer une croix définitive sur eux et ce, dès le mercato hivernal.

Les frasques extra footballistiques de cette jeunesse caractérielle et incontrôlable ne correspondent pas tout à fait aux codes qui circulent Via Turati. Exit Davids qui signera à la Juventus et Bogarde qui mettra le cap sur Barcelone. On cherche un remplaçant à Kluivert. En vain. Sans coupe d’Europe et en proie à un difficile renouvellement générationnel, le Milan AC n’attire plus. Galliani essaie d’arracher Ravanelli à Marseille mais celui-ci veut finir sa carrière sur la canebière. Après avoir essuyé une dizaine d’échec, on se résigne. Kluivert restera le binôme de Weah, au sein d’une attaque qui aurait pu être fantastique. Mais pour la seconde saison de suite, le Milan AC finira à une modeste 10ème place, bien trop éloignée des Coupes d’Europe.

Une carrière hors du commun

A l’issue de cette saison, Kluivert sera vendu à Barcelone pour 20 M€. Sa carrière va enfin être relancée par Van Gaal. En Italie, il n’aura inscrit que 6 buts en 27 matchs. Il quitte une Serie A marquée par ses maladresses techniques et comportementales. C’est à Barcelone que le natif d’Amsterdam laissera une empreinte indélébile et qu’il deviendra la star que l’on connait. D’ailleurs, le 25 juillet 2019, il est revenu en Catalogne pour y diriger le secteur « Formation ».

Christophe Mazzier



Lire aussi