Les pires joueurs du Milan AC : 19ème

Par Théo Cé publié le 05 Août 2018

Galliani a encore frappé

En 2011-2012, le Milan AC vit sa dernière saison de haut niveau. Autour d’un noyau de vétérans et avec encore quelques top players, le club est en course pour son second Scudetto d’affilée. Mais le milieu de terrain souffre un peu, entre les joueurs vieillissants, les mauvais et les blessés. Alors, à l’intersaison, Galliani sort de son chapeau Sulley Ali Muntari. Un type de transfert devenu sa spécialité : le recyclage à coût zéro de joueurs en difficulté. Et c’est ni plus ni moins que chez le cousin intériste qu’il est allé cherché ce milieu défensif ghanéen de 25 ans, auteur d’une bonne saison à son arrivée en Serie A (2008-2009), désormais en perdition. Muntari correspond plus à une opportunité qu’à un choix ciblé et réfléchi. Pourtant, il s’intègre très vite au collectif milanais et conquiert même une place de titulaire pour le reste de la saison. Les entraîneurs qui se succèdent après Allegri (Seedorf en 2014, puis Inzaghi jusqu’en 2015) continuent de l’utiliser régulièrement, bien que les recrues de plus en plus médiocres ramenées par Galliani ne lui opposent pas une grosse concurrence. Quoiqu’il en soit, en trois saisons et demi au Milan, il aura tout de même joué 83 matchs pour 13 buts et 2 passes décisives, toutes compétitions confondues. Des statistiques honnêtes à première vue; en fait, l’arbre qui cache la forêt.

Des hauts (un peu) et des bas (beaucoup)

Muntari, c’est le symbole de la transition. Il arrive en 2012 dans le dernier grand Milan, et vit année après année la décrépitude qui a suivi le départ des « sénateurs » et les ventes de Thiago Silva et Ibrahimovic. A l’instar d’un Nocerino, il a montré de très belles choses lorsqu’il était entouré de leaders et de grands joueurs. Quand tous sont partis, et qu’il n’y avait plus personne pour tirer les autres vers le haut, ce n’était plus qu’un joueur moyen au milieu d’une équipe moyenne. Des qualités, il en avait : milieu défensif de formation, il s’est adapté au 4-3-1-2 d’Allegri, au 4-2-3-1 de Seedorf, au 4-3-3 d’Inzaghi. Très travailleur, nul ne lui reprochera ne pas avoir mouillé le maillot. Sur le terrain, il donnait tout, parfois même trop. Rugueux, il se sera constitué une belle collection de cartons jaunes et rouges, certains mémorables : lors d’un match contre la Roma, il retient les bras de l’arbitre pour l’empêcher de sortir la biscotte : malin, mais inefficace. Sa hargne a pu séduire, le reste moins. Car une fois le ballon dans les pieds, Muntari impressionnait par son manque de technique et son intelligence de jeu proche du néant. Certains se rappelleront de ses puissantes frappes de loin. Au fond, c’est ainsi que se résume Muntari : un joueur qui aura donné toute son énergie pour le club, sans pouvoir masquer ses trop nombreuses insuffisances, avec à la clé quelques coups d’éclats. Pèle-mêle, on se souviendra surtout de son but injustement refusé contre la Juventus à San Siro (2012), ou encore de cette sublime reprise de volée contre le FC Barcelone en 2013 (2-0). C’était, dans un match mémorable, comme le dernier sursaut d’un grand club expirant. A la fin, voyant son heure venue, Muntari aura eu l’honneur et la décence de quitter le club par une rupture à l’amiable (2015), contrairement à beaucoup d’autres joueurs qui, ces dernières années, choisissent de jouer les fardeaux jusqu’au bout…

Palmarès et statistiques au Milan AC

83 matchs joués
13 buts
2 passes décisives

Théo Cé

Rédacteur



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