Les enseignements d’Italie – USA

Par Sébastien Madau publié le 21 Nov 2018

Dans quelques années, on considérera ce match comme une victoire. Point. On ne se souviendra pas qu’elle sera intervenue dans les ultimes instants d’une rencontre que la Squadra Azzurra a dominé de la tête et des épaules face à un adversaire nord-américain plus faible, mais en manquant d’efficacité en attaque. C’est certainement ce à quoi Roberto Mancini voudra se raccrocher. Lui qui, à la tête de la reconstruction de son équipe, est preneur de tout élément positif. De toute victoire, quelle que soit la manière. En attendant mieux. Il serait toutefois réducteur d’affirmer que rien ne serait à retenir. Lentement, mais sûrement, quelques logiques semblent se dégager ainsi que les meilleurs conseils et cotes pour les paris sur la Ligue 1.

Ca se précise dans les cages

En convoquant il y a quelques semaines le quatuor de gardiens Donnarumma – Sirigu – Cragno – Perin, le sélectionneur Roberto Mancini s’est donné toutes les chances pour trouver un digne successeur au monument Gigi Buffon. Petit à petit, le puzzle se constitue: Donnarumma semble avoir le plus de faveurs de son coach et Sirigu apparaît comme une doublure capable de bien figurer à tout moment. Et surtout renverser si nécessaire la hiérarchie. Le gardien du Torino a les qualités pour. En ce qui concerne Cragno, il a baigné dans le climat « Nazionale » ce qui le fera certainement grandir. Il semble toutefois obligatoire pour lui d’aller dans un club plus huppé que Cagliari pour recevoir une totale légitimité. Un pari qu’est en train de perdre Perin. En étant remplaçant à la Juve, l’ancien portier du Genoa est en train de laisser filer l’occasion d’être le numéro 1 de la Squadra. Ce qui semblait lui être promis il y a encore quelques mois.

Une jeunesse qui répond présent

Contraint ou véritablement porté sur les joueurs d’avenir? En tous les cas, Roberto Mancini n’aura pas lésiné sur les moyens, jusqu’à convoquer le jeune Sandro Tonali (18 ans), pensionnaire de Serie B. Si l’apport de joueurs d’expérience est indispensable (Bonnucci, Chiellini, Sirigu, etc), la Nazionale a besoin de renouveau. A condition que l’envie de construire existe. Au-delà d’un simple empilement de noms sur une feuille de match. Voir des Kean, Barella, Politano, Sensi, Florenzi, Chiesa revêtir la tunique azzurra démontre que l’Italie n’est pas dépourvue de potentiels. Qui répondent pour le moment présent dans des matchs amicaux ou à l’enjeu limité. Le but de Politano mardi soir en témoigne. Les qualifications pour l’Euro 2020 pourraient être le révélateur de cette nouvelle génération. En sachant qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde.

Toujours pas de formule en attaque

Là encore, se basant sur les performances en championnat, Roberto Mancini a convoqué les attaquants italiens en forme (Immobile, Pavoletti, Chiesa, Insigne, Politano, etc) ou ceux qui l’ont été et peuvent le redevenir (Zaza, Belotti, Berardi, etc). Convoquer les premiers relèvent de la pure logique. Inclure les seconds laisse montrer que la porte n’est jamais fermée. La méthode est légitime. Pour l’heure, toutefois, le fait de ne pas avoir su fixer un duo, voire trio, d’attaque sur une série de matchs plus longue a pour conséquences qu’à ce stade, Roberto Mancini a ses troupes, mais pas l’animation offensive qui va avec. Evidemment, cela semble plus flagrant en attaque car c’est souvent là que se jugent les performances d’une équipe (au nombre de buts marqués), mais peu ou prou, la problématique est la même dans toutes les lignes. Si l’appel de 27 joueurs à chaque match peut être un plus pour élargir le club « Italia », il faudra prochainement arriver à resserrer le groupe. Pour aboutir à un 11.

Sébastien Madau



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