Les enseignements d’Italie-Ukraine

Par Rémi Falvo publié le 11 Oct 2018

Avant toute chose, les enseignements qui peuvent être tirés de cette rencontre amicale opposant l’Ukraine à l’Italie, soldée par un match nul 1 partout, doivent être pris avec des pincettes. Ce n’est qu’un match amical, et la vérité d’un match sans enjeu n’est quasiment jamais la vérité absolue. Cependant, quelques points intéressants ressortent de cette soirée.

Les « nouveaux », qu’est-ce que ça a donné?

Les matchs amicaux sont les occasions idéales pour qu’un coach fasse des essais. Pour que le public voie de nouveaux visages, et pour que des joueurs qui n’en ont pas l’habitude portent ce maillot azzurro, et saisissent l’opportunité qu’on leur offre. Ce soir c’était Biraghi et Barella qui ont été les surprises sur la feuille de match composée par Mancini. Si le premier a réalisé un match honnête, mais un peu frileux, le second a su donner satisfaction à son coach. Dès les premières minutes, il enflamme le stade Ferraris d’un coup du sombrero plein de maîtrise, quelques minutes plus tard il prend sa chance de vingt mètres, et avant la mi-temps il se crée encore une opportunité de marquer son premier but en Nazionale. Sa bonne volonté conjuguée à son aisance technique font du joueur de Cagliari un visage qu’on a envie de revoir dans cette Nazionale.

L’association Verratti/Jorginho

C’était le test qu’il fallait réaliser. L’expérience la plus excitante de cette Nazionale : l’association au milieu des leaders techniques Verratti et Jorginho. C’était une vraie interrogation, que d’imaginer de quelle façon les deux milieux allaient se répartir leurs zones de vie. Parce qu’est là le problème : nous sommes en présence de deux monstres de relance, de deux maîtres ballon au pied, et en fait de deux styles assez semblables. Mais ça s’est passé comme ça : Jorginho a évolué en sentinelle, comme il sait le faire, et Verratti un peu plus désordonné a rayonné un peu partout, tant au pressing qu’à la relance, faisant jouer un vrai rôle à ses trois poumons. Aussi bien l’un que l’autre, ils n’ont pas été flamboyants. Mais le travail a été fait, même si on en attend plus du joueur de Chelsea, et c’est une vraie bonne nouvelle pour une Nazionale pour qui le milieu de terrain était devenu la préoccupation première.

Insigne numéro neuf

Le grand nombre de mezzale et le manque de numéro neuf poussent Mancini à tenter Insigne en pointe. Poste qui n’est pas le sien, mais pour lequel le napolitain a toutes les qualités requises. Ce soir, la situation s’est éclaircie : Insigne n’est pas un avant-centre. A chaque fois qu’il s’est illustré positivement, c’était à un endroit du terrain normalement occupé par un ailier gauche, poste que l’azzurro connaît bien mieux. On le voit énormément décrocher, symptôme de l’attaquant qui se cherche. C’est particulièrement criant sur l’action où Chiesa intercepte une mauvaise passe ckrainienne, et après un bon débordement adresse un centre pour le Napolitain, qui n’a pas le reflexe du numéro neuf d’arrêter sa course, mais qui préfère foncer au deuxième, et est finalement trop court. En soi, son match est loin d’être mauvais, mais encore une fois, il est tout aussi loin du niveau qu’on lui connait à Naples. Et ce n’est pas en évoluant à cette position que le natif de Frattamaggiore va l’atteindre.

 

Rémi Falvo

Rédacteur



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