Les enseignements d’Italie-Suisse

Par Nicolas Segura publié le 17 Juin 2021

L’Italie a frappé un grand coup en s’imposant 3-0 face à la Suisse. Un doublé de Locatelli et un but tardif d’Immobile ont permis à la Nazionale de se qualifier pour la suite de la compétition. Les Azzurri joueront la première place face au Pays de Galles. Lors de ce match face à la Suisse, le pressing a bien fait son effet et les hommes de Roberto Mancini ont su utiliser leurs points forts pour mettre en difficulté la défense. La bataille du milieu a été remportée avec brio par les Italiens et cela leur permet de conforter leur statut de sérieux outsider.

Le coeur de l’équipe est bien à gauche

Le premier but illustre les points forts de cette Nazionale. Locatelli est à l’origine et à la finition du premier but de l’Italie. Après une longue passe vers Berardi, le milieu de Sassuolo se rue vers l’avant pour recevoir le centre de son coéquipier neroverdo. Mancini (et De Zerbi…) peut être fier. Ces deux joueurs ont été épaulés par Spinazzola, qui n’a pas arrêté de courir sur son côté. Sur la droite, la Suisse a bien souffert. Ce n’est pas pour rien que Mancini a renforcé défensivement son côté droit en seconde période, avec l’entrée de Toloi et la montée d’un cran de Di Lorenzo.

Insigne ne s’est pas montré décisif, mais il a fait briller un Spinazzola très en jambe en ce début d’Euro. Toutes ces combinaisons ont permis d’essouffler la Suisse, qui a fini par abdiquer très vite dans ce match.

Du monde au milieu

Si la défense est si solide, c’est en grande partie grâce au travail du milieu de terrain. Ce pressing constant est toujours la force principale de cette équipe. L’activité de Barella, la prise de risque de Locatelli et la justesse technique de Jorginho apportent un équilibre précieux à cette équipe. L’Italo-Brésilien est le joueur qui a subi le plus de fautes (5), qui a remporté le plus de duels (7) dans ce match. Locatelli est l’auteur d’un doublé historique. C’est le premier doublé d’un Italien dans une compétition internationale depuis 2012 (Balotelli face à l’Allemagne). Quant à Barella, il s’est montré dangereux dans la surface adverse, comme d’habitude : 5 passes vers le dernier tiers du terrain et 4 passes dans la surface suisse.

Toutes ces belles prestations feraient presque oublier l’absence de Marco Verratti depuis le début de la préparation. Il n’a disputé aucun match, mais il pourrait revenir pendant l’Euro. À la place de qui ? Les trois hommes du début de l’Euro sont si complémentaires qu’il paraît dur d’en placer un sur le banc. Dans tous les cas, il y a quatre hommes pour trois places. Mancini ne voudra sans doute pas changer une équipe qui gagne, surtout si Verratti n’est pas à 100% de ses capacités.

D’outsider à favori ?

L’Italie continue sa série d’invincibilité et de clean-sheets. La Nazionale n’a pas encore affronté d’équipe favorite à l’Euro. Lors du premier match, elle a largement battu des Turcs décevants (3-0). Même tarif pour les Suisses donc. Une telle pression au milieu et une solidité à toute épreuve : les joueurs de Mancini ont convaincu les derniers sceptiques. Mais à partir des huitièmes de finale, ce sera une toute autre compétition. Si l’Italie maintient ce niveau de jeu lors des prochains matchs, elle peut espérer aller loin. Et sur le banc, il y a des jokers en cas de problème : Verratti, Chiesa, Belotti ou encore Pessina. Les Azzurri avancent sereins et remontent dans l’estime des fans de football.

Nicolas Segura



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