Les enseignements d’Italie-Pologne

Par Luca Dangréaux publié le 16 Nov 2020

La Nazionale s’est imposée (2-0) face à la Pologne au Mapei Stadium de Sassuolo grâce à Jorginho (sur penalty) et Berardi. Un succès qui la rapproche du Final 4 de la Nations League puisqu’au classement du groupe 1, elle prend la première place (9 pts) avec un, deux et sept points d’avance sur respectivement les Pays-Bas, la Pologne et la Bosnie-Herzégovine. C’est d’ailleurs sur la pelouse de cette dernière nation que la squadra azzurra jouera son dernier match de poule le 18 novembre prochain. Autre très bonne nouvelle de la semaine, l’Italie est officiellement tête de série du tirage au sort du Mondial 2022 grâce aux différents résultats des autres nations.

Qualité technique maximale

Encore une fois l’Italie a été extrêmement plaisante à regarder. Cela s’explique ce soir par une qualité technique presque parfaite. Quelques chiffres confirment cette impression : 62 % de possession de balle, 561 passes réussies sur 632 passes tentées, 14 occasions, 19 tirs, 9 corners, 16 centres… Balle aux pieds, les Azzurri ont fait particulièrement mal à leur adversaire du soir. Des qualités de relances de Bastoni aux provocations de Bernardeschi, en passant par les jeux à trois entre Insigne, Emerson et Locatelli sur le côté gauche, la partition fut parfaite. Aucun, à l’exception parfois de Belotti, n’a eu de déchet technique grossier. Ce qui a rendu le match si compliqué pour les Polonais, c’est le fait que les Italiens maintenaient un niveau technique élevé sans que cela n’empiète sur leur dépense d’énergie. Courir beaucoup et jouer bien, ça suffit souvent à éteindre l’adversaire. Chose faite ce samedi soir face à la Pologne

Le brassage de Mancini commence à payer

Depuis sa prise de fonction, Roberto Mancini a convoqué plus de 70 internationaux différents en Nazionale. Un brassage parfois poussé à l’extrême, comme lors de ce dernier rassemblement, avec exactement 41 hommes appelés (même s’ils n’étaient plus qu’une vingtaine finalement convoqués face à la Pologne). Ce large brassage de joueurs interroge et étonne mais commence à porter ses fruits. Cette semaine, le staff technique a dû composer avec d’innombrables forfaits de dernières minutes mais cela ne se ressent pas dans la partition collective finale. Emerson, Biraghi, Locatelli, Belotti, Berardi entre autres, ne sont pas des titulaires en équipe nationale mais s’y incorporent à merveille. Evani, après la rencontre du soir, l’a d’ailleurs souligné : « On a beaucoup de très bons joueurs. Ces jeunes qui sont en train de grandir jouent comme des vétérans ». Faire intégrer le style de jeu à un maximum de joueurs, c’est exactement ce que souhaite faire Mancini avec ses listes à rallonge. Ça commence à payer.

Locatelli, un nouveau sans-faute

Et s’il y a un nouveau venu qui impressionne par son aisance, c’est bien Manuel Locatelli. Le milieu de terrain de Sassuolo a été au même niveau que lors du déplacement victorieux aux Pays-Bas le 7 juillet dernier. C’est-à-dire parfait. Avec Barella, il a été un homme à tout faire ce soir. Qualité de passe, présence sur toute la longueur du terrain, présence physique, intelligence tactique, rythme du match parfaitement pensé… Il a joué la partition complète d’un milieu relayeur. Derrière le trio Verratti-Jorginno-Barella, on peut penser qu’il est en train de se faire une place sur le siège du premier remplaçant et ainsi repousser les Sensi, Lorenzo Pellegrini, Cristante ou Gagliardini.

Luca Dangréaux



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