Les enseignements d’Italie-Estonie

Par Matthieu Pianezze publié le 12 Nov 2020

En l’absence de son sélectionneur Roberto Mancini, bien au chaud chez lui pour cause de COVID-19, la Nazionale recevait l’Estonie hier soir à Florence, pour un match amical qui n’a pas déclenché les passions à ce moment de la saison. En effet, entre les contraintes liées à la pandémie, le calendrier démentiel et les joueurs blessés cette rencontre ressemblait plus à une bouteille de prosecco éventée qu’autre chose. Néanmoins, l’Italie continue sa jolie série de 20 matchs sans défaite en disposant sans forcer (4-0) d’une très faible Estonie. Mancini a pu effectuer une très large revue d’effectif et ainsi donner du temps de jeu à des joueurs qui n’auraient certainement pas été dans le groupe dans une période plus classique. Avant le prochain match de Ligue des Nations, face à la Pologne voici les enseignements à tirer de cette soirée pour Calciomio.

Une jeune garde inégale

Chicco Evani sur son banc avec dans les oreilles son vieux compère de la Samp Roberto Mancini a décidé de lancer dans le grand bain deux jeunes joueurs prometteurs en les titularisant. Dans un 4-3-3 qui bascule rapidement e, 4-4-2 en phase défensive, le défenseur de l’Inter Bastoni (21 ans) a montré de belles choses dans la lignée de ce qu’il fait avec Conte depuis près d’un an. Dur sur l’homme et propre à la relance, il monte en puissance en engrangeant de l’expérience notamment en Champions League. Mancini semble fan de son profil et Alessandro a une belle carte à jouer en vue de l’Euro 2021. Certes l’opposition adverse sur le plan offensif était proche du néant mais dans un pays qui a toujours mis en avant les grands défenseurs, Bastoni commence à laisser son CV un peu partout sur les pelouses européennes.

Au milieu, c’est Sandro Tonali (20 ans) qui a été choisi pour organiser le jeu devant la défense. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le rossonero s’est montré assez décevant en ne prenant pas assez de risque avec le ballon, se contenant de le faire tourner de manière trop horizontale. Il faut cependant être patient avec ce joueur qui a fait le grand saut de Brescia au Milan AC, avec toutes les attentes que cela comporte et ce statut bâtard de « futur Pirlo » rabâché en permanence dans ses oreilles. Mancini ne lui a peut être pas fait un cadeau en le titularisant hier soir et aurait pu se contenter de le laisser au chaud chez les azzurrini durant cette trêve.

Un coup de Grifo et puis s’en va

Vincenzo Grifo est un joueur au parcours atypique et singulier, qui a su attirer l’attention de Mancini depuis que ce dernier est à la tête de la Nazionale. Joueur disposant d’une bonne réputation en Allemagne, il profite à chaque fois de son temps de jeu pour se montrer intéressant en sélection. Doté d’un joli pied gauche, il est habitué à l’intensité du championnat allemand et ne semble pas en difficulté sur la scène internationale. Hier soir il a su remplir à merveille son rôle de dynamiteur du flan droit en mettant au supplice la défense estonienne. Auteur d’une belle frappe, le joueur de Fribourg a rapidement ouvert le score avant de s’offrir un doublé suite à un penalty. Cependant, on a appris dans la foulée du match que Grifo ne serait pas conservé par Mancini pour les deux prochaines matchs de Ligue des Nations. Étonnant ? Sur sa prestation c’est une évidence, néanmoins dans cette période trouble il n’est pas impossible qu’un accord avec son club de Fribourg avait été passé dans ce sens.

Un petit boost de confiance

Il est difficile de tirer d’autres enseignements d’un match face à la 107ème nation au ranking FIFA, mais un joueur comme Bernardeschi complètement au fond du sceau depuis de longs mois avec la Juventus, a pu retrouver le chemin des filets et produire quelques actions intéressantes pour retrouver un zeste de confiance. Incapable de mettre un pied devant l’autre, il a su hier soir dans le couloir droit du trident offensif mettre un peu de percussion dans son jeu et inscrire une belle frappe du gauche suite à un enchaînement de qualité. Dans son ancien jardin de Florence, il s’est éclaté et va désormais devoir travailler avec Pirlo, pour retrouver de la confiance mentale car ses qualités n’ont pas pu disparaître aussi rapidement à seulement 26 ans…

Matthieu Pianezze

Rédacteur



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