Les enseignements d’Italie-Bulgarie

Par Marc Occhipinti publié le 04 Sep 2021
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A Florence, l’Italie affrontait la Bulgarie pour le compte de la 4ème journée des qualifications à la coupe du monde au Qatar. Des retrouvailles avec la Nazionale qui ont déçu comme peut décevoir un amour d’été quand on le revoit à la rentrée. Dans la langueur estivale, avec la rumeur des vagues, elle nous semblait plus belle. Mais en septembre, la beauté tant admirée n’est plus la même. Voici les enseignements de cette rencontre.

Le milieu et Chiesa, les mamelles de la Squadra Azzurra

On l’a vite reconnue notre beauté de l’été. Le pied sur le ballon avec une statistique de possession digne du suffrage pour un dictateur dans une république bananière : 79%. On retrouve notre trio des merveilles : Jorginho, Barella, Verratti. Ca combine. Ca joue dans un mouchoir de poche. Yankov, Vitanov et Kostadinov ne font pas le poids. Et l’Italie règne en maître sur les trois quarts de la pelouse faisant danser la balle sur toute la largeur du terrain tout en guettant le point faible pour frapper.

Et comme prévu, la faille apparaît. Chiesa est sur le côté droit, comprimé sur la ligne de touche, marqué par deux joueurs. Il échappe au premier en s’arrachant sur l’aile puis il repique au centre. Cerné par trois Bulgares, il cherche le relais avec Immobile. Antov devance le Laziale mais remet involontairement la balle à l’ailier italien qui arme son pied gauche et trouve l’angle parfait pour battre Georgiev à la 16ème minute. 1- 0. Un coup d’éclat qui nous fait tous nous exclamer : « On le tient notre fuoriclasse. 20 ans que nous l’attendions. » Dans cette accélération, dans la précision de la frappe, on voit le génie d’un Totti ou d’un Del Piero. Tout va bien. C’est bien notre beauté de l’été que nous tenons dans nos bras. La toute puissance au milieu et des jaillissements qui font la différence.

Le « catenacciov » de Petrov et le manque de condition

Mais les Bulgares sont des roseaux. Ils plient sans rompre. Petrov reste fidèle à son plan initial. Laisser la balle et jouer les contres. Même après le but, les Bulgares gardent les rangs serrés et une discipline de fer. L’Italie, avec son jeu de passes courtes, s’embourbe dans ce « catenacciov » (ndlr : un catenaccio à la mode bulgare).

Quand bien même l’Italie fait courir le ballon, le onze de Petrov garde la même intensité. Les Bulgares ont plus de rythme. Alors que la Serie A attend sa 3ème journée, les Bulgares en sont à la septième. Et cela se voit. Un classique des matches de septembre.

Wanted ! Un numéro 9 et un latéral droit

Le retour de Florenzi était une surprise. Et cela s’est révélé une mauvaise surprise. Fébrile. En manque de rythme. A la 38ème, à la lutte avec Despodov sur une trentaine de mètres, il confine au ridicule en se faisant déborder piteusement. Le numéro 11 bulgare a tout loisir pour réussir son assist à Iliev laissé libre par Acerbi pas exempt de tout reproche sur le marquage.

Et c’est là que l’impuissance de l’Italie devient manifeste. Immobile reste le même fantôme des matchs à élimination directe de l’Euro. Toujours grotesque de maladresse sur la première touche de balle, pourtant le point fort de tout numéro 9 digne de ce nom. A croire qu’il chausse des fers à repasser brûlants. Difficile d’imaginer que Mancini expérimente quelqu’un d’autre pour les prochaines rencontres, mais la patience des tifosi touche à sa fin.

Avec ce match nul, la rencontre contre la Suisse devient un match couperet. En cas de défaite, le spectre des barrages n’est pas à exclure. Notre amour d’été a bien changé même si la métaphore a ses limites. Car la Nazionale n’est évidemment pas une simple amourette de plage mais plutôt… l’amour d’une vie.

Marc Occhipinti



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