Les enseignements de Portugal-Italie

Par Paolo Del Vecchio publié le 11 Sep 2018

Une revue d’effectif

Pour une raison que l’on ignore, ou officiellement pour plonger les plus jeunes dans le grand bain, Mancini a décidé de tout changer ou presque dans son XI de départ en comparaison avec celui aligné contre la Pologne. Seuls survivants : Donnarumma et Jorginho. Nouvelle charnière centrale, celle du Milan AC avec Caldara-Romagnoli (que l’on n’a pas encore vu à l’oeuvre en championnat) pour remplacer Bonucci-Chiellini. Un baptème du feu pour Lazzari, latéral droit d’un club qui joue le maintien (SPAL), le bon vieux Criscito au poste qu’occupait Biraghi contre la Pologne, Cristante pour accompagner l’italo-brésilien dans l’entre jeu, un duo Zaza-Immobile devant et deux joueurs que l’on espérait titulaires : Chiesa et Bonaventura. Une composition qui a surpris tout le monde, mais ce n’est pas tout. Quatre titulaires d’Italie-Pologne envoyés en tribune à Lisbonne, à savoir Zappacosta, Biraghi, Pellegrini et Balotelli. Des entrées en jeu de Berardi et Palmieri que l’on n’avait pas vu au premier match de cette Nations League, et vous l’aurez compris, pas de Bernardeschi ni d’Insigne pour tenter de revenir au score face à un Portugal dominateur. Une bien étrange façon de gérer un effectif dans une compétition officielle de la part du sélectionneur, en somme. Il semblerait donc que cette compétition qui rappelons-le vient remplacer une bonne partie des matchs amicaux, n’intéresse pas spécialement Mancini. Il veut tester, observer un maximum de joueurs, prendre le temps de reconstruire calmement. Difficile de dire si c’est la bonne solution, il pourrait préférer installer une vraie colonne vertébrale, mais le bénéfice du doute subsiste. Dommage que les résultats de ce championnat influencent véritablement l’accès au prochain Euro et son tirage au sort…

4-4-2 et un problème de milieu

Tout comme dans la compo, Mancini semble indécis sur le schéma. Il avait joué ses premiers matchs avec un 4-3-3 assez logique étant données les forces en présences chez les joueurs sélectionnables, il a testé hier soir un 4-4-2 plutôt intéressant sur certains points comme le pressing ou la présence offensive. Mais les deux schémas ont montré une énorme faiblesse : la construction du jeu au milieu de terrain. Un Jorginho méconnaissable, certes pas entouré comme il le faudrait. Les Pellegrini, Gagliardini, Cristante ont tous déçu sur ces deux matchs. Bonaventura est celui qui tire son épingle du jeu pour avoir été le moins mauvais de tous dans ce secteur à la fois contre le Portugal et contre la Pologne. Le problème principal semble être le rapport qualité/caractéristiques des joueurs à disposition. Mancini va devoir trouver la meilleure solution entre un 4-3-3 équilibré mais pour l’instant dépourvu d’idées offensives ou un 4-4-2 trop découvert dans l’axe. On regrettera de n’avoir pas vu les joueurs les plus en forme tous ensemble sur au moins l’un des deux matchs. Un milieu Benassi-Jorginho-Bonaventura en soutien d’une attaque Bernardeschi-Belotti-Chiesa aurait pu avoir de l’allure.

La boule au ventre

C’est certainement le plus gros chantier du sélectionneur : redonner confiance à des joueurs qui sont rescapés d’une élimination honteuse il y a près d’un an face à la Suède et/ou qui portent sur leurs épaules le poids d’une reconstruction rapide et obligatoire d’une sélection quadruple championne du Monde. Non, cette Italie n’est pas la pire de tous les temps. Il y a de la qualité, certainement plus que lorsqu’elle a emmené l’Allemagne championne du Monde aux penalties avec Giaccherini-Parolo-Sturaro et Eder sur le terrain. Mais quand de simples passes ou contrôles sont complètement ratés de la part de joueurs internationaux qui jouent à Chelsea, au Milan ou encore à la Fiorentina, on se dit qu’il y a peut-être un soucis psychologique. Et si l’Italie (du football) toute entière avait besoin d’un préparateur mental ? Souvenez-vous de l’évolution spectaculaire de Leonardo Bonucci entre 2011 et 2016 sous l’influence d’un certain Alberto Ferrarini. Roberto, si tu passes par là… Forza.

Paolo Del Vecchio

Rédacteur



Lire aussi