Les enseignements de Pologne-Italie

Par Sébastien Madau publié le 12 Oct 2020

L’Italie de Roberto Mancini est allée obtenir le point du match nul (0-0) ce dimanche soir à Gdansk face à la Pologne à l’occasion d’un match au rythme inégal. Les Italiens ont plutôt dominé la rencontre et tenu la possession de balle (61/39). Si le nul peut laisser quelques regrets, au vu des occasions créées (mais ratées), il permet toutefois de se maintenir en tête du Groupe A et de  poursuivre la série d’invincibilité des Azzurri. Un élément toujours utile à trois jours d’un match importants contre les Pays-Bas (2e).

L’Italie a toujours son destin entre les pieds

A l’entame du match, les Azzurri occupaient la tête du groupe A de la Nation League. Une position d’autant plus avantageuse qu’ils venaient d’apprendre que la Bosnie-Herzégovine et les Pays-Bas s’étaient neutralisés (0-0) quelques minutes auparavant. Une victoire italienne aurait permis d’encore plus creuser l’écart sur le poursuivant batave et d’envisager dès à présent de finir en tête de cette poule. Le point obtenu à Gdansk est certes le minimum syndical mais il permet à la Nazionale -qui a fait preuve de caractère- d’avoir toutes les cartes en mains pour maintenir cet avantage. La réception mercredi des Oranje se révèle plus que jamais comme une rencontre décisive. Il faudra toutefois hausser quelque peu le niveau de jeu, notamment devant le but, et la condition physique.

La question offensive n’est pas réglée

Trop de solutions, tuent la solution… ! Le sélectionneur italien avait créé la surprise en décidant de mettre sur le banc le Soulier d’Or 2020 Ciro Immobile, qui ne sera même pas rentré en jeu. L’avant-centre de la Lazio est certes (beaucoup) moins prolifique en sélection qu’en club, mais il reste tout de même la meilleure arme à disposition, le meilleur point d’appui pour le schéma tactique italien. Le trio Pellegrini-Belotti-Chiesa n’a pas fait parler la poudre, non pas par manque d’occasions créées mais plutôt d’efficacité devant le but adverse. Si Belotti a très peu été servi dans de bonnes conditions et Pellegrini n’a pas vu son activisme récompensé, Chiesa a été, en revanche, à plusieurs reprises en condition de la mettre au fond. Malheureusement, quasiment a chaque fois, le mauvais choix a été fait. Le nouveau juventino a fait preuve d’une maladresse (notamment à la 11e minute) qu’il devra rapidement corriger s’il ne veut pas plonger dans le doute, en sélection comme dans son club. D’autant plus que la rentrée de l’attaquant du PSG Moise Keane a été plutôt percutante et aurait pu permettre en toute fin de rencontre d’offrir les 3 points par l’intermédiaire de Locatelli. A noter qu’en faisant rentrer Caputo, Berardi et Keane, Roberto Mancini a démontré sa capacité à trouver des solutions et chercher la victoire jusqu’à la fin de la rencontre. Un bel état d’esprit.

Manque de condition physique

La situation inédite est telle, qu’on a parfois du mal à se resituer dans le calendrier « foot » du moment. Ces rencontres internationales de Nation League interviennent bien dans une phase de reprise des championnats, dont la Serie A. Si la faiblesse de l’adversaire moldave n’a pas nécessité d’élever au maximum l’impact physique, on a bien ressenti de la fatigue chez la plupart des joueurs des deux équipes. Il faudra encore du temps pour atteindre le véritable rythme qui permettra de jouer (et remporter) des matchs de haut niveau face à des adversaires du TOP européen. Malgré tout, certaines prestations (Barella, Kean, Verratti, Bonucci, Acerbi, Pellegrini, etc.) laissent entrevoir de belles potentialités, une fois la cadence retrouvée.

Sébastien Madau



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