Les enseignements de Pays-Bas-Italie

Par Michaël Magi publié le 08 Sep 2020

Après avoir fait match nul contre la Bosnie, en ouverture de sa campagne de Nations League, la Nazionale était face à son premier gros test depuis le début de l’ère Mancini. Pour l’occasion, si le sélectionneur italien n’a pas dérogé à son 4-3-3 de prédilection, il n’a pas craint de chambouler son onze. Pas moins de 7 changements, par rapport à l’équipe ayant joué vendredi, étalant aux yeux de l’Europe la richesse du matériau mis à disposition de l’ex-légende doriana. Le résultat s’est situé au-delà des attentes. Alors que l’on aurait pu craindre une Nazionale recroquevillée sur ses bases, apeurée par la vitesse des joueurs offensifs oranje, on a vu dès les premiers minutes une équipe sans crainte, déterminé, récitant parfois son football.

Mancini a créé un vrai collectif

C’est un champ de ruines qu’a récupéré Mancini en juin 2018. Sans s’appesantir sur le désastre dont Italie-Suède fut le point d’orgue à San Siro, le Marchese s’est de suite employé à construire durablement. Le résultat est plus que probant, au-delà d’un pourcentage de plus de 65% de victoires, et d’une dernière défaite remontant à septembre 2018 (contre le Portugal). Plus que tout cela, c’est l’allant et la cohérence de l’équipe qui font plaisir à voir. Tout semble désormais fluide dans cette équipe, que ce soit sur attaque placée, en phase de contre ou encore dans les mécanismes de compensation défensive. Les joueurs restent solidaires quoiqu’il arrive. Hier soir, c’est un collectif qui s’est exprimé : automatismes, renversements de jeu, compensations huilées quand les latéraux mettaient la pression sur les ailes hollandaises. C’est en fin de match un bloc soudé, résilient, batailleur (italien) qui s’est arraché pour défendre le nul. Tout ceci est à mettre au crédit d’un entraineur qui réussit à mobiliser au-delà de ses titulaires, comme le démontrent la première titularisation réussie de Locatelli (après 20 premières minutes cahin-caha), l’entrée rageuse de Chiesa en toute fin de match ou le dépannage de Kean à droite, après la blessure de Zaniolo.

Spinazzola est peut-être le latéral gauche que l’Italie attendait…

On ne le dira jamais assez. Un bon match ne suffit pas à faire un jugement. Mais on ne pouvait pas passer à côté du match de Spinazzola. Absolument intenable, le latéral gauche a fait vivre un enfer au pauvre Hateboer. Pas loin de donner une passe décisive à Zaniolo, hélas auteur d’une reprise acrobatique hors-cadre, il offre de vraies garanties à Mancini en matière d’apport offensif. Si ces montées ont été intelligemment compensées par une charnière qui n’a jamais semblé faire son âge (inoxydable Chiellini) et par un D’Ambrosio attentif, venant souvent à hauteur des centraux pour permettre une meilleure couverture, Spinazzola s’est aussi montré intraitable défensivement. Y compris en fin de match alors qu’il semblait payer ses efforts incessants. A 27 ans, sa marge de progression semble étonnamment importante.

La Nazionale ne sait pas encore achever sa proie

C’est un fait, le score final ne reflète pas la physionomie du match. Cela étant dit, si l’Italie s’est fait quelques frayeurs en fin de match, laissant des espoirs à son adversaire alors qu’elle jouait à sa main, elle ne le doit qu’à elle-même. Et à une maladresse préjudiciable… Zaniolo, Jorginho, Kean par trois fois, Immobile – pourtant impeccable ce soir – sur une offrande de la défense adverse, auraient pu, auraient dû, mettre a minima le deuxième but qui aurait signifié la fin du match avant même le coup de sifflet final de Felix Brych. Et on ne parle pas des contre-attaques gâchées par précipitation. S’il y a un bémol à cette soirée qui nous aura tout de même ravi, c’est celui-là. Mancini, ancien grand buteur, ne manquera pas d’en parler à ses joueurs.

Michaël Magi



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