Les enseignements de Liechtenstein-Italie

Par Luca Dangréaux publié le 16 Oct 2019

La Squadra Azzurra s’est imposée sur le terrain du Liechtenstein pour la 8e journée de ce groupe J. Huit matches, huit victoires et une magnifique série qui se prolonge malgré un contexte inhabituel. La Nazionale était qualifiée avant le coup d’envoi duquel était alignée une équipe très largement remaniée. Avec cinq buts inscrits et zéro encaissé, le job a été bien fait.

Cette équipe sait gérer un match

Un but dès la deuxième minute de jeu puis les quatre autres dans les vingt dernières minutes : au Liechtenstein, l’Italie a bien géré ce match chez un très faible concurrent. La première offensive a donné le ton avec une prise d’appui sur l’attaquant, un décalage au timing parfait sur Biraghi, un centre tendu aux abords de la surface et une demi-volée sèche direction le petit filet opposé. Une offensive parfaitement décomposée comme pour prévenir l’opposant que sa soirée sera longue. Une offensive également pour rassurer les supporters : malgré la rotation d’effectif et le billet pour l’Euro 2020 déjà en poche, ce match ne sera pas pris à la légère. C’est ensuite la capacité de l’équipe à récupérer haut le ballon qui a fait mal au Liechtenstein. Les statistiques sont délirantes : 80 % de possession de balle, 862 passes contre 214, 23 occasions, 14 corners, 38 centres. Dernier signe de la bonne gestion du match, le gros coup d’accélération pour ne laisser aucun espoir d’égalisation à l’adversaire. Il était fatigué en plus d’être inférieur mais il fallait le faire.

Trop d’occasions manquées

Parmi le statistiques évoquées plus haut, une autre fait la part belle à la Nazionale… ou pas. Elle a tiré 25 fois au but mais n’a cadré que 11 fois. Alors oui le ratio tirs cadrés/buts est élevé mais, au contraire, le ratio tirs tentés/tirs cadrés est très faible. Après un rapide calcul on le devine à moins de 50 %, un résultat trop décevant quand on sait que l’équipe a fait le siège devant la cage locale et qu’elle s’ouvrait des fenêtres de tirs privilégiées. En détaillant les buts, on se rend compte qu’ils arrivent après un centre ou un corner (les deux de Belotti, Romagnoli, Bernardeschi) et que cette efficacité proche du but n’a pas du tout était suivie hors de la surface de réparation. Autre fait offensif regrettable, les Azzurri se sont trop souvent entêtés à passer dans l’axe quand les dédoublements et les centres étaient bien plus efficaces. La seule jolie passe axiale de Cristante a fait mouche sur le but d’El Shaarawy.

Encore des errements défensifs coupables

Et cela a débuté très tôt dans la rencontre. Dès la 1re minute de jeu et l’action qui précède l’ouverture du score, l’Italie concède une double occasion énorme rendue possible par la passivité générale. Celle, d’abord, de tout une équipe qui n’avait peut-être pas entendu le coup de sifflet initial de l’arbitre. Celle, ensuite, de la ligne défensive qui s’est faite coupée par une passe dans l’intervalle et celle, enfin, d’un Sirigu étonnamment scotché sur sa ligne de but alors qu’une sortie dans les pieds lui tendait les bras. Plus tard dans le match des problèmes d’alignement ou des sautes de concentration ont offert des occasions au Liechtenstein – six très exactement. On chipote mais ce sont le déroulé et le contexte de ce match qui nous y obligent. Peu après l’heure de jeu, l’organisation défensive s’est faite manger par un magnifique contre conclut par Salanovic. La belle parade de Sirigu envoyait le ballon sur le quart de cercle du corner.

Luca Dangréaux



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