Les enseignements de Grèce-Italie

Par Kévin Gasser publié le 09 Juin 2019

En dix minutes les hommes de Roberto Mancini ont plié les Grecs (3-0) et comptent désormais trois points d’avance sur la Finlande. Une avance confortable avant la réception mardi de la Bosnie-Herzégovine, et, avec elle, son lot de satisfactions.

Une défense imperméable

Aucun but encaissé lors des trois premières rencontres de ces qualifications pour l’Euro 2020 pour Bonucci et ses copains de la défense. Seul joueur à avoir joué les trois matches, le défenseur de la Juve, en plus d’avoir stoppé les rares offensives grecques, s’est offert un but en position de numéro neuf. Et quand Biraghi et Donnarumma sont à l’infirmerie, ce sont Sirigu et Emerson qui régalent. Le portier du Toro, auteur d’une des meilleures saisons de sa carrière confirme en ce printemps international en gardant sa cage inviolée grâce à une superbe parade (68e). Le second vient délivre sa première passe décisive sous le maillot azzurro et met Roberto Mancini toujours plus en difficulté pour sa hiérarchie du latéral gauche. Si la charnière a été vigilante à Athènes, les attaquants grecs quant à eux n’avaient rien de divin. Une prestation donc à relativiser et qui attend confirmation face à la Bosnie où le buteur sera un dynamiteur en chef des défenses italiennes : Edin Dzeko.

Des tauliers qui tiennent leur rang

Outre la paire Chiellini-Bonucci qui n’a que très rarement déçu en sélection, l’harmonie et la fluidité de l’animation offensive de la Nazionale reposent sur deux joueurs : Lorenzo Insigne et Marco Verratti. Ce soir, une fois n’est pas coutume, les deux ont livré une excellente prestation. Le Napolitain s’est engouffré avec brio dans les brèches laissées par la défense grecque et en a profité pour faire le break d’une superbe frappe enroulée, son cinquième but seulement avec la Squadra Azzurra. Tandis que Marco Verratti était de tous les combats, de toutes les combinaisons et a su trouver de la verticalité, bien aidé par des Grecs qui ont défendu trop souvent en reculant. Véritable électron libre capable de connecter toutes les lignes, le joueur du PSG a sans aucun doute ravi son sélectionneur qui a retrouvé en lui ce soir son véritable regista.

Belotti marque des points

A défaut d’avoir marqué un pion, Andrea Belotti a marqué des points auprès de Mancini. Après avoir cassé les reins de Manolas – s’il vous plait !, Il Gallo débloque la rencontre grâce à une offrande pour Barella. Une passe décisive peut-être plus importante qu’un but car c’est justement ce qui le différence d’Immobile. Belotti s’est montré capable d’exister et d’être à l’initiative de situations dangereuses là ou le Laziale se contente d’être à la conclusion des actions. Aussi, Belotti semble s’insérer parfaitement aux côtés des virevoltants Chiesa et Insigne et ne rechigne pas à faire les efforts défensifs chers à Mancini. Moise Kean, lui, n’a toutefois pas dit son dernier mot.

Le film du match et la rapide désorganisation de l’adversaire ne permet cependant pas de tirer un enseignement plus général du système de jeu mis en place par Roberto Mancini. Il serait intéressant d’observer comment ce 4-3-3, avec ce même onze de départ, se comporterait dans le repli défensif face à une sélection plus entreprenante et placée plus haut sur le terrain. Concernant l’animation offensive, la Nazionale a prouvé par son jeu en triangle et ses dédoublements qu’elle serait prête à faire sauter tous les verrous.

Kévin Gasser

Rédacteur



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