Les enseignements de Bosnie-Italie

Par Gilbert Simonutti publié le 19 Nov 2020

En s’imposant sans trembler hier soir à Sarajevo contre la Bosnie (2-0), l’Italie s’est qualifiée pour le final four de la Nations League qui aura lieu en octobre 2021 à Turin et à Milan. Un résultat probant pour une équipe en miette il y a seulement trois ans et qui maintenant revient dans la cour des grands d’Europe avec beaucoup d’appétit et d’ambition. Roberto Mancini, encore absent hier soir, a réalisé un travail titanesque pour remettre sur pied la Nazionale en créant un groupe soudé et en donnant un fond de jeu agréable et efficace à son équipe. Le plus dur mais aussi le plus excitant reste cependant à venir avec l’Euro en juin et les qualifications à la prochaine Coupe du Monde.

Une victoire et des confirmations

Vaincre et se qualifier pour la phase finale de la Nations League était l’objectif fixé hier soir par Mancini et Evani à leurs joueurs. En tête du groupe avant la rencontre, l’Italie se devait de finir le travail face à une Bosnie dernière de la poule et amoindrie par le coronavirus. Avec une victoire 2-0, sans trembler le moins du monde, la Nazionale a atteint le premier objectif de l’ère Mancini. Dans un groupe avec les Pays-Bas et la Pologne et quand on connait son passé récent, ce n’était pas gagné d’avance. Le succès d’hier soir est plus important qu’il n’y parait car il montre que cette Squadra Azzurra est capable d’avoir la dose de cynisme et de sang froid nécessaire pour atteindre les objectifs fixés. Une Italie efficace tout en continuant d’être agréable à voir jouer. Ce déplacement en Bosnie a confirmé ce que l’on voit depuis des mois et que l’Europe ne semble avoir découvert que dimanche dernier contre la Pologne. L’Italie joue bien voir très bien par moment et tous les joueurs savent ce qu’ils doivent faire sur le terrain. Comme un orchestre qui joue une partition juste à chaque sortie et peu importe qu’il y est des changements dans le onze. Les résultats sont maintenant évidents. A Sarajevo hier, la bande du Mancio a obtenu son 23ème match consécutif sans défaite. De quoi pouvoir regarder la France, la Belgique et l’Espagne (les autres qualifiés en Nations League) droit dans les yeux.

Insigne leader technique

La Nazionale tend à gauche, c’est un fait. l’axe fort techniquement se situe dans le carré Emerson-Jorginho-Locatelli (Verratti quand il reviendra) et Insigne. Un peu comme le Napoli de Sarri. Si Jorginho est le joueur qui donne le ton, Lorenzo Insigne est celui par qui arrive le coup de génie, l’imprévisible et souvent la dernière ou l’avant dernière passe, celle qui casse des lignes. Un Insigne au sommet de son art qui semble avoir franchi un cap depuis l’arrivée de Gattuso au Napoli. A 29 ans, le Napolitain, avec le numéro 10 sur le dos, est en passe de devenir l’homme fort de la Nazionale. Il est, en tout cas, déjà le symbole du renouveau italien.

Des gagnants et quelques perdants

Mancini a confirmé quasiment en bloc le onze victorieux contre la Pologne dimanche en ne remplaçant que Bernardeschi par Berardi. Un choix fort auquel les participants ont une seconde fois répondu présents. En défense, le duo Acerbi-Bastoni a frappé un grand coup et pourrait ébranler certaines certitudes (Bonucci-Chiellini titulaires, Romagnoli dans les 23). Au milieu, Locatelli a très certainement gagné sa place dans les 23 pour l’Euro tant il a été facile et Barella s’est imposé comme un titulaire certain. Avec le retour de Verratti et l’indispensable Jorginho, Mancini tient son trio dans l’axe avec Locatelli premier remplaçant. Les autres devront cravacher pour suivre. En attaque, un peu à l’image d’Insigne, Berardi semble lui aussi avoir un franchi un palier en terme de maturité. De quoi en faire un sérieux candidat à une place de titulaire même à l’avenir. Belotti, seul des trois avant-centres titulaires potentiels présents a aussi marqué des points. Comme on dit, les absents (Immobile, Caputo, Chiesa, L. Pellegrini, Bonucci, Sensi, Chiellini, Spinazzola,..) ont toujours tort.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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