Les enseignements d’Arménie-Italie

Par Boris Abbate publié le 06 Sep 2019

Cinquième victoire en cinq matchs donc pour la Nazionale, qui sort ainsi un parcours parfait dans ces éliminatoires et qui peut même déjà quasiment officialiser sa qualification en cas de bon résultat dimanche en Finlande. Pourtant, en Arménie, dans un contexte historiquement difficile pour la Squadra et sur un terrain laborieux, les hommes de Mancini auront pas mal trimé pour arracher les 3 points de la victoire. Au final, on dit souvent que c’est dans ce genre de match compliqué, tendu et vachement ardu que la force des grandes équipes se voit, et c’est surement ce qu’il faudra retenir pour l’équipe de Mancini, qui signe, avouons-le, sa première « sale » victoire dans la compétition.

Un mois de septembre toujours difficile pour la Nazionale

Rien ne fut facile donc pour l’Italie. La veille, Mancini craignait beaucoup la qualité physique des Arméniens (qui sont déjà bien en avance dans leur championnat) et la chose s’est évidemment confirmée sur la pelouse. En difficulté pendant pratiquement 80 minutes (jusqu’au but de Pellegrini), les Italiens auront toujours été en dessous de leurs adversaires sur le plan physique. Un contraste saisissant, qui a débuté dès les premières secondes de jeu, avec des joueurs arméniens déchainés et en transe, face à des Italiens amorphes et sans jambes. Ainsi, et cela pendant une bonne partie de la rencontre, il n’était pas rare de voir un Arménien effectuer une course de 60-70 mètres avec le ballon sans qu’aucun joueur italien ne parvienne à l’arrêter ! Ce mois de septembre est donc vraiment pénible pour la Nazionale, et les hommes de Mancini en auront vraiment souffert hier soir à Erevan. Faut-il alors s’inquiéter pour le prochain déplacement en Finlande dans seulement 3 jours ? Oui, car il faudra vraiment puiser dans les réserves, et certains joueurs semblent déjà cramés physiquement. A l’image de Bernardeschi, Chiesa et Barella, qui semblent à vrai dire déjà lessivés et totalement hors condition.

Belotti et Emerson, les grosses satisfactions de la soirée

Mais si certains joueurs ont vécu une soirée compliqué, pour d’autres, le match s’est parfaitement déroulé. C’était le cas notamment pour Andrea Belotti, peut être le meilleur Italien sur la pelouse et qui a sorti une prestation XXL. C’est lui qui vient chercher l’égalisation à la demie heure de jeu, c’est lui qui est le plus dangereux tout au long du match, et c’est même lui qui vient manquer de peu un joli triplé (le troisième but sera finalement attribué au gardien arménien avec un CSC, et un quatrième lui sera injustement refusé pour un hors jeu lunaire). Et si c’était enfin lui, l’avant centre tant attendu à la pointe de l’attaque ? Oui, et non.

Car il ne faut pas oublier que l’attaquant du Toro a débuté sa saison au mois de Juillet avec son club (merci les plays-off d’Europa League), qu’il est en nette avance par rapport à ses coéquipiers, et qu’il faudra voir sur le long terme si le Gallo assume le rôle, chose qu’il a déjà manqué par le passé. Sinon, parmi les autres bonnes nouvelles de la soirée, comment ne pas citer le match d’Emerson ?! Le latéral de Chelsea était lui aussi dans tous les bons coups, et le premier but de Belotti vient évidement de l’un de ses centres. L’ancien joueur de la Roma vient en tout cas de sortir une nouvelle prestation convaincante après les précédents matchs, et on peut clairement dire que la concurrence à ce poste est désormais bloquée. Car il faudra pas mal de boulot à Spinazzola, Biraghi ou De Sciglio pour tenter de déloger l’Italo-brésilien de son couloir gauche.

Du caractère, encore du caractère

Pour finir, il est tout à fait notable de dire que cette Squadra éprouve de grosses difficultés contre des adversaires qui viennent presser haut et qui mettent énormément d’intensité dans les duels. C’était déjà le cas au mois de Juin dernier face à la Bosnie, et le scénario s’est également répété hier. Et Mancini ne manquera pas de revenir la dessus, car c’est évidemment sur ce point que l’essentiel du travail doit être porté. Mais encore une fois, malgré l’ouverture du score adverse survenu tôt dans le match, les Azzurri auront su trouver les ressources mentales pour d’abord revenir au score, puis pour plier le match en toute fin de rencontre. Signe important que l’équipe n’abdique plus, et qu’elle possède déjà un caractère pour faire face à n’importe quelle difficulté. La renaissance d’une équipe passe évidemment par là.

Boris Abbate

Rédacteur



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