Les coachs limogés : Leonardo Semplici, la douche froide (1/4)

Par Sébastien Madau publié le 28 Oct 2021
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Chaque saison apporte son lot de joies, de peines, de moments forts. Ce cocktail d’émotions n’épargne pas les entraîneurs qui se retrouvent régulièrement à devoir payer les pots cassés. A ce jour, 3 ont déjà été « remerciés » -quel doux euphémisme- par leurs présidents. Premier épisode avec Leonardo Semplici (Cagliari).

Rarement un entraîneur sera passé en si peu de temps du haut au bas de l’affiche. 23 mai 2020, Cagliari reçoit le Genoa à la Sardegna Arena pour la dernière journée de Serie A, avec une défaite au rendez-vous (0-1). Sur le coup, personne ne tient rigueur au groupe pour ce dernier contre-temps. En effet, l’essentiel a été préservé les semaines précédentes par les hommes du président  Tommaso Giulini. Même s’il est toujours réducteur de résumer un succès à une personne, un homme a symbolisé cette remontée frénétique au classement : Leonardo Semplici, qui avait remplacé Eusebio Di Francesco en février. Alors que l’équipe se dirigeait inexorablement vers la Serie B, l’ancien entraîneur de la SPAL a réussi à remobiliser le groupe.

Un maintien miracle

Première priorité au moment de prendre les rennes : « libérer les gars de cette spirale négative qui s’était créée à cause du classement. C’était plus important que les aspects technico-tactiques. J’ai parlé avec eux pour chercher à en tirer les qualités qu’ils n’avaient pas réussi à exprimer jusque-là. Ils m’ont fait confiance, ils ont été capables de capter les 2-3 principes que j’ai introduit dans ce contexte : je pense que c’est le bon départ pour arriver à notre objectif ». Il avertit toutefois, après un premier succès: « Cette victoire doit nous donner de l’élan pour affronter un mini-championnat de 14 matchs avec la mentalité juste pour obtenir le maintien ». Au final, Cagliari engrangera 22 points en 15 matchs et se sauvera, avec 4 points d’avance sur le premier relégable.

Le ciel semblait au beau fixe. Semblait oui. Car dès les jours suivants, on sent que le club tarde à faire prolonger Semplici. On se dit qu’il sonde quelques autres entraîneurs libres (Mazzarri, Ranieri…). Pourquoi un tel revirement vis-à-vis d’un entraîneur qui avait ô combien rempli sa mission ? Visiblement, à l’époque, Semplici n’était pas le premier choix du directeur sportif Stefano Capozucca. Et peut-être que le contexte « commando » des 15 matchs de la survie ne garantit pas le succès sur une saison pleine.
Quoi qu’il en soit, à la reprise de juillet, Semplici est bel et bien à la tête de l’effectif. Objectif : obtenir un maintien de manière plus sereine. La mission semble réaliste au vu de l’effectif (Cragno, Godin, Marin, Strootman, Lykogiannis, Pavoletti, Nandez, Joao Pedro…). Malhereusement, la machine se grippe et Semplici le paie cash. Après 3 journées, Cagliari ne compte qu’1 point. Goutte d’eau qui fait déborder le vase : face au Genoa, les Sardes sont battus à domicile (2-3) après avoir mené 2-0. Laissant apparaître un flagrant déficit de caractère. C’en est trop pour le président Giulini qui sacrifie ainsi son neuvième entraîneur en 7 ans.

Pas le temps de laisser du temps

Chez les joueurs, c’est la stupéfaction à l’annonce du départ de celui qui leur avait permis de sauver la face. Dans un communiqué, le club salue (sic) « le mister et son staff (qui ont été ) parmi les artisans de la course au maintien de la saison passée » et « souhaite les remercier pour le travail réalisé jusque-là avec sérieux et professionnalisme ». Le technicien est, lui, plutôt amer : « Je suis habitué à être jugé sur les résultats, mais dans ce cas précis je n’ai jamais eu la possibilité d’entraîner le groupe au complet. Même pas une seule fois ». On ne lui aura pas laissé le temps de le faire.
Au lendemain de son départ, Leonardo Semplici sera remplacé par Walter Mazzarri. Après sept matchs à la tête du groupe, les résultats se font encore attendre (1 victoire, 2 nuls, 4 défaites). Et Cagliari pointe à la dernière place de Serie A.

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Sébastien Madau



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