Les coachs limogés : Fabrizio Castori, la fin du rêve (3/4)

Par Sébastien Madau publié le 30 Oct 2021
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Chaque saison apporte son lot de joies, de peines, de moments forts. Ce cocktail d’émotions n’épargne pas les entraîneurs qui se retrouvent régulièrement à devoir payer les pots cassés. A ce jour, ils sont 3 à avoir été « remerciés » -quel doux euphémisme- par leurs présidents. Troisième épisode avec Fabrizio Castori (Salernitana).

16 octobre dernier. Stade Alberto Picco de La Spezia. Les Grenats de la Salernitana rentrent tête basse au vestiaire après le coup de sifflet final. Ils viennent d’encaisser leur 6e défaite en 8 matchs. Ils y ont cru, pourtant, après l’ouverture du score par Nwankwo (39e). Avant que Strelec (51e) et Kovalenko (76e) ne viennent réduire à néant leurs espoirs. A ce moment, le coach de la Salernitana Fabrizio Castori (67 ans) sait-il qu’il vient de diriger son dernier match de la saison à la tête de l’équipe campane ? Peut-être pas. En effet, lors de la journée précédente, la Salernitana avait remporté son premier succès de la saison face au Genoa (1-0) après un début de saison catastrophique (1 point pris et 15 buts encaissés en 6 matchs). Il n’en sera rien.

L’entraîneur qui « paie pour tous »

Dès le lendemain, Fabrizio Castori est limogé. Chose rare, un communiqué de presse détonnant se jumelle avec le traditionnel remerciement au coach et à son staff, pourtant artisans de la montée en Serie A l’été précédent. « Un comportement de rémission et de renonciation est absolument intolérable, au moment même où il est plus que jamais nécessaire de témoigner de sa propre capacité à poursuivre l’objectif » lit-on. « Sans perdre le respect et l’admiration aux antagonistes qui ont prévalu, et dont on reconnait et apprécie la valeur, nous avons trop souffert  du manque de détermination à dire ‘je ne marche pas’ ou ‘ça suffit’ ; un comportement que l’on serait en droit d’attendre de quelqu’un qui veut se dépasser quand cela est encore possible. Pour ce qui est de la responsabilité (…) de la direction technique, celle-ci devra en répondre. Pour la part de responsabilité des protagonistes sur le terrain, ces derniers doivent savoir que la Salernitana et tous ceux qui la suivent attendent d’eux un changement radical qui sache exprimer les sentiments et les attentes des tifosi ». Dans la foulée, Ugo Marchetti, administrateur du club enfonce le clou. « J’aurais bien voulu écarter certains joueurs. Mais je ne pouvais quand même pas renvoyer toute l’équipe, vu son comportement sur le terrain. Castori a payé pour tous ». Fermez le ban.

La partie est loin d’être gagnée

En tous les cas, le décor était planté pour son successeur Stefano Colantuono, qui avait déjà occupé ce banc entre décembre 2017 et décembre 2018 (avec une démission à la clé). Depuis son arrivée, le club a obtenu une défaite à domicile (2-4 contre Empoli) et une victoire à l’extérieur (2-1 contre Venezia), permettant de quitter la dernière place au détriment de Cagliari. Beaucoup d’espoirs sont placés sur l’international français Franck Ribery pour contribuer à réaliser le miracle.
De son côté, Fabrizio Castori est resté silencieux après ce coup du sort. Discret comme sait l’être celui qui privilégie le jeu vers l’avant. Mais il est probable que, au vu de son expérience et sa capacité à voyager, celui qui s’assoit sur des bancs de province depuis 40 ans ne tarde pas à rebondir.

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Sébastien Madau



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