Les clefs tactiques du succès de l’Hellas

Par Christophe Malcangi publié le 28 Juin 2020

Avant un déplacement du côté de Sassuolo, l’Hellas d’Ivan Juric maintient toujours l’espoir de pouvoir accrocher une place européenne à la fin de la saison. L’une des meilleures défenses du championnat fait valoir plusieurs atouts de poids et son modèle tactique mérite un coup d’œil.

Juric, façon Gasperini ?

Le 3-4-2-1 de Verona porte ses fruits depuis le début de la saison et la bonne vague semble se poursuivre à la reprise. Le schéma du technicien Croate se porte avant tout sur un système de solidarité et d’agressivité efficace. Un point commun avec le modèle appliqué par Gasperini est l’esprit de sacrifice qui règne dans le collectif ainsi que la polyvalence des éléments. En somme, implication pour chacun. Juric impose un fort pressing sur l’homme et délègue une tâche phare à ses hommes de couloir. Les attaquants de pointe participent à l’agression et parviennent généralement à mettre en échec leur adversaire sur leur construction basse. Une autre constante de l’Hellas est d’apporter le surnombre près de la surface de réparation adverse, avec toujours 3 ou 4 joueurs prêts à conclure l’action sur un centre d’un 5ème. Ce modèle offensif est aussi typique de l’Atalanta de Gasperini. En cas de récupération c’est la contre-attaque qui est suggérée avec un jeu direct sur les ailes ou sur la profondeur, la recherche de la largeur et les centres flottants sont une récurrente. Lors de sa dernière victoire face à Cagliari, Verre et Faraoni ont parfaitement joué la partition en trouvant régulièrement Samuel Di Carmine.

Généralement l’Hellas fait de la solidarité défensive sa force première, Lazovic et Faraoni sont loin d’être étrangers au fait puisque leurs replis sont toujours ponctués d’efforts primordiaux, les fautes sont aussi commises si nécessaire. L’équipe fait par ailleurs partie des premières équipes à commettre le plus de fautes à la perte de balle, sans vergogne. Parmi l’arrière-garde Silvestri et Rrahmani remportent de nombreux duels aériens et permettent aux gialloblù de ne pas souffrir d’avantage sur les centres de l’adversaire. Que dire enfin de Kumbulla, meneur du trio défensif et première cible des écuries de la Serie A ?

Un mécanisme bien huilé, Amrabat homme-clef !

L’organisation de l’Hellas est ainsi très bien mise au point, et l’influence de Sofyan Amrabat est à souligner puisqu’il s’agit jusqu’alors d’une des révélations de la saison. « Amrabat joue jusqu’à ce qu’il meurt », avait déclaré Juric… Dans l’utilisation du ballon et pour sa capacité à dribbler l’adversaire, le relayeur prêté par la Fiorentina est devenu primordial à l’organisation et ses coéquipiers en font un point d’appui à la construction. Par ailleurs le Marocain sait aérer le jeu, en utilisant le plus souvent Lazovic sur le couloir gauche.

Verona parvient donc à utiliser les couloirs et c’est pour cette raison qu’elle sait se révéler aussi dangereuse sur la construction offensive. Les ailiers ont une moyenne de 4 centres réalisés par match, aussi bien à droite qu’à gauche. Dans le cas où Amrabat et Miguel Veloso ne sont pas des intermédiaires à la construction, la défense centrale parvient à trouver les ailes dans l’immédiat pour entraîner le danger.

Un point faible, tout de même.

Jusqu’à présent les attaquants n’ont pas véritablement répondu aux attentes et Verona a tout de même des difficultés importantes à marquer et à faire marquer leur numéro 9. On mettra une réserve sur les performances récentes de Di Carmine qui est parvenu à inscrire son doublé il y a peu, mais c’est à peu près tout pour l’avant-centre de 31 ans. L’investissement du club sur Mariusz Stępiński ne fut pas une franche réussite, le Polonais n’a inscrit que 2 buts en l’espace de 14 matchs. Reste le briscard Pazzini qui a inscrit 4 petits buts, dont le mémorable penalty face à la Juventus. Qui sait : avec la présente d’une pointe forte le club de Vénétie aurait encore pu franchir un palier et grappiller quelques points supplémentaires, pour autant cette même formation n’a pas à rougir de son parcours honorable jusqu’à présent.

Christophe Malcangi

Rédacteur référent pôle news



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