Les choix de Mancini : Il est temps de concrétiser

Par Rafaele Graziano publié le 06 Sep 2020

Depuis son arrivée, le ct italien a libéré la Nazionale de ses démons, alors que le pays tout entier a encore du mal à sortir du cauchemar suédois, le sélectionneur italien a su inculquer à ses joueurs, notamment en offrant leur chance à plusieurs jeunots de Serie A, un certain regain de confiance. Mais si depuis sa prise de pouvoir, Mancini prône la nouveauté et la fraîcheur, force est de constater qu’il s’est créé de nombreuses (trop ?) de pistes exploitables. L’Euro arrivant à grands pas, ne serait-il pas temps de concrétiser ses choix ?

Défensivement : jeunesse ou expérience ?

L’effectif de la Nazionale devait subir des changements radicaux après le désastre du (non) mondial 2018. Mancini a tout de suite été l’homme de la situation, l’incarnation du sauveur qui par sa hargne – dissimulée derrière son flegme à anglaise et sa classe à l’italienne – parvient à rajeunir un groupe en perdition. Son entrée en lice arrivait pourtant sur les chapeaux de roue : la France, les Pays-Bas, le Portugal, difficile d’obtenir des résultats positifs dans la tourmente alors que d’autres ont le vent en poupe. Pourtant, pour la première fois depuis deux ans, l’Italie affichera un nouveau visage. Blessée dans son estime, elle montre enfin les crocs et affiche une ambition inébranlable.

Un état d’esprit inculqué à une jeunesse sans expérience et qui a tout à apprendre : finalement, les quelques tentatives de remodelage défensif se sont avérés infructueux puisqu’elles représentent les seules défaites subies par la Squadra ces 2 dernières années (Romagnoli-Caldara et Bonucci-Caldara étant les principaux intéressés). Ce n’est qu’avec un retour de l’éternel duo turinois Chiellini-Bonucci, mais surtout ensuite avec l’arrivée du laziale Acerbi que la défense centrale se bâtira une réputation, ce dernier étant préféré au milanais Romagnoli. Les latéraux étant l’unique plaisir créatif de Mancini pour qui le secteur défensif n’est finalement plus à retoucher (même si Bastoni commence à se montrer) si bien qu’avant même d’affronter la Bosnie et les Pays-Bas en ce septembre de trêve internationale, les vieux briscards sont toujours dans les plans du mister, sans doute décidé à apporter un peu d’expérience dans cet océan de bambins – qu’en est-il du passage de flambeau ?

Offensivement : un écrémage forcé

Si le milieu de terrain de la Squadra semble désormais intouchable dans le 4-3-3 chéri par Mancini, le trio Verratti-Jorginho-Barella prévalant sur les pistes Cristante, Pellegrini ou Gagliardini (Zaniolo étant l’unique rescapé pouvant prétendre à une titularisation), toutes tentées lors de matchs amicaux ou préliminaires, l’attaque, elle, demeure un chantier ouvert. Belotti, Insigne, Bernardeschi, Verdi, Zaza, Quagliarella, Immobile, Balotelli, Chiesa… Les noms s’accumulent, les tentatives et les schémas se réinventent, mais l’organisation offensive de la Nazionale n’est toujours pas pleinement sereine.

Globalement, depuis l’arrivée de Mancini, l’Italie ne subissait pas tant de buts, mais elle n’a jamais témoigné la moindre explosivité offensive malgré les performances plus que louables que l’on peut accorder à ses attaquants en championnat. C’est bien là que le bât blesse, puisqu’il est impossible aux Insigne et Immobile, pourtant références en la matière, pourtant bourreaux des défenses italiennes, de s’exprimer pleinement. Mais arrive alors mars 2019 et le début de la qualification à l’Euro (finalement) 2021, une phase que l’on peut qualifier de tournant pour les les Azzurri : c’est l’arrivée explosive de talents bruts tels que Kean et Chiesa et la disparition du scepticisme autour de cadors italiens jusque lors éternellement reconnus comme bidons : on voit Immobile se décoincer, Belotti enchaîner, Quagliarella resplendir et même Bernardeschi marquer ! Cependant oui, à mesure que le positivisme gagne du terrain, que tous les secteurs de jeu se donnent à coeur joie et que les tentatives s’accumulent, le choix, lui, se fait plus dur.

Nul doute que ses ragazzi procurent un innovant sentiment d’enthousiasme – disparu dans les fins fonds du Friends Arena de Stockholm – mais n’est-il pas temps pour Mancini de prendre une décision quant à son effectif, principalement offensif, car si la Squadra doit être à la hauteur des ambitions de son coach dans un an, mieux lui vaudra-t-il s’y préparer dès à présent ?

Rafaele Graziano



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