L’entrejeu du Milan AC en quête de stabilité

Par Luca Lorenzon publié le 17 Sep 2020
Ismael Bennacer

Il est indéniable que, depuis le départ des sénateurs lors de la saison 2011-2012, le Milan AC souffre. Dans ce cauchemar qui semble interminable, un secteur de jeu a particulièrement souffert. Il s’agit du milieu de terrain, qui est sans aucun doute le plus grand point d’interrogation milanais, particulièrement depuis le licenciement de Massimiliano Allegri. Pourtant, 9 saisons plus tard, l’espoir renaît du côté de Casa Milan, notamment grâce au bon travail de Stefano Pioli lors de l’exercice précédent.

De la continuité, enfin

Chaque année l’entrejeu milanais semble devoir être remodelé à volonté par les entraîneurs en poste. Une seule constante : le changement. Depuis son arrivée, Stefano Pioli a d’ailleurs mis un peu de temps à trouver la formule adéquate. Ce n’est qu’à l’occasion de la 23e journée et ce derby perdu contre l’Inter que le 4-2-3-1 a été adopté comme système préférentiel. On l’a vu, c’est dans cette formation que s’épanouissent au mieux les qualités des rossoneri. Bennacer et Kessie placés en double pivot se sont révélés comme un duo d’une grande complémentarité. En effet, dans le milieu à 3 à pointe basse, Kessie n’exprimait que peu ses qualités physiques, faute à des répétitions d’efforts trop conséquents. De la même manière, Bennacer avait tendance à trop forcer son jeu long dans la position de regista qui lui avait été assignée. Libéré de ces obligations, le duo se projette maintenant alternativement vers l’avant, en prenant les espaces à leur guise tout en maintenant l’équilibre dans l’axe du jeu. Plus haut sur le terrain, on se voit espérer d’entrevoir enfin les réelles capacités de Calhanoglu positionné dans sa position naturelle de milieu offensif central. Terminé l’ailier gauche qui rentrait sur son pied droit pour constamment changer d’aile vers un Suso tout aussi prévisible. À présent, Hakan oriente véritablement le jeu en faisant le lien entre le double pivot et les 3 joueurs offensifs alignés par Pioli. Pour la première fois depuis longtemps, c’est un trio inchangé qui recommencera la saison. Enfin, l’entrejeu du Milan AC trouve de la continuité.

Vent de fraîcheur au milieu

Les dirigeants, loin de se reposer sur leurs lauriers, n’ont tout de même pas chômé cet été. Le transfert surprise de Sandro Tonali (20 ans) n’est en tout cas pas passé inaperçu. Alors qu’il avait l’habitude d’être positionné en regista avec Brescia, le jeune italien devra s’adapter au double pivot milanais. La stabilité enfin retrouvée lui permettra de le faire avec calme. Pour une fois, la recrue phare de l’été n’arrive pas avec l’étiquette de sauveur du club. La communication de Tonali est d’ailleurs éloquente à ce sujet : il ne vient pas en tant que nouveau Pirlo, il s’imposera avec ses qualités propres (un mix entre Pirlo et Gattuso) et avec sa personnalité déjà bien développée. En plus de l’Italien, Maldini a attiré Brahim Diaz (voir l’article Calciomio à son sujet) pour jouer le rôle de vice-Calhanoglu. Les dirigeants milanais injectent ainsi du sang frais dans un secteur de jeu qui en manquait cruellement depuis plusieurs saisons.

Le luxe de la rotation

L’élément étonnant est qu’ils ne comptent pas s’arrêter là ! Des négociations sont menées depuis plusieurs semaines pour faire revenir Bakayoko au pied du Duomo. Si l’enthousiasme du joueur est évident, Chelsea se montre trop gourmand sur les indemnités de transfert. Les alternatives, tout aussi onéreuses, se nomment Soumaré (Lille) ou Florentino Luis (Benfica). Ces objectifs montrent clairement la volonté des dirigeants de former un quatuor complémentaire afin de varier les possibilités tactiques et de palier à d’éventuelles blessures. Un seul risque : ces recrutements à outrance pourraient-ils envoyer le mauvais message aux jeunes milanais ? En effet, Pobega revenu de son prêt concluant à Pordenone ne serait ainsi que cinquième dans la hiérarchie des milieux de terrain. À cette interrogation, il faut ajouter le cas épineux de Paqueta ainsi que le probable départ de Krunic. Ces réflexions complémentaires reflètent en tout cas le luxe que le Milan AC se s’était plus offert depuis de nombreuses saisons : celui du choix.

Luca Lorenzon



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