Le Roi Pelé et l’Italie

Par Sébastien Madau publié le 23 Oct 2020

Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé fête aujourd’hui ses 80 ans. Très affaibli, le « Roi » reste dans le cœur des amoureux du foot. Au cours de sa longue et belle carrière – qui le verra porter le maillot de deux clubs, Santos et le Cosmos New York et marquer plus de 1000 buts, il a, à plusieurs reprises, croisé la route d’équipes italiennes. Des rencontres que les Italiens ne sont pas près d’oublier, vu qu’il leur a empêché de monter sur le toit du monde.

En 1963, il prive le Milan AC de Coupe Intercontinentale à l’issue de trois rencontres. Les Milanais, emmenés en attaque par un duo… brésilien (Amarildo-Altafini) croit avoir fait le plus dur à San Siro (4-2) contre Santos. Mais le doublé de Pelé s’avérera décisif. Au retour les Brésiliens – en l’absence du Roi – gagnent 4-2. Menés 0-2, ils ont renversé la vapeur en inscrivant 4 buts en 18 minutes. Deux jours plus tard, toujours au Maracaña et toujours sans Pelé, Santos remportera le plus prestigieux trophée en club (1-0).

1970, intouchable face à la Nazionale

Mais, dans la mémoire collective, c’est à l’été 1970 que se situe la plus belle confrontation entre Pelé et les Transalpins. Stade Aztèque, 21 juin. Devant près de 110 000 spectateurs, sous une chaleur accablante, ce qui pourrait être la plus belle équipe du Brésil de l’histoire affronte la Squadra Azzurra qui, elle, sort du « Match du Siècle » face à la RFA (4-3, a.p.). La Nazionale des Facchetti, Riva, Mazzola croit en ses chances. Mais là encore, Pelé refroidira les espoirs italiens. A la 18e minute, il saute plus haut que Burgnich et trompe Albertosi. L’égalisation de Boninsegna (37e) redonnera quelque temps le moral aux hommes de Valcareggi. Avant que la défense italienne ne craque en seconde période (66e, 71e, 86e). Pelé est porté en triomphe. Il est à son apogée. Deux ans plus tard, Riva et Pelé se retrouvent pour un match amical cette fois. A Cagliari, au Stade Sant’Elia, devant 20 000 spectateurs Santos s’impose face aux Sardes (3-2). Les deux stars signent chacune un doublé et une réelle complicité se crée.

On a parfois tendance à oublier que le Roi forma également un duo offensif avec un joueur italien culte : Giorgio Chinaglia. « Long John » avait quitté sa Lazio pour New York, où il deviendra un mythe (242 buts en 254 matchs). Pelé s’y était lui engagé pour sa fin de carrière, tel un ambassadeur du Soccer. Lors de la saison 1976-1977, le Brésilien fera trembler les filets 23 fois, l’Italien 15. Le Cosmos sera sacré champion.

A deux doigts de signer au Napoli

Icône d’un football samba, Pelé a démontré qu’il savait se dépêtrer des défenses les plus rugueuses. Il a d’ailleurs été à deux doigts de se confronter tous les dimanches au Catenaccio. En effet, au milieu des années 1960, le Roi était tout proche de signer… au Napoli. A l’été 1964, le président napolitain Roberto Fiore tenta ce coup de génie. En vain. Les 100 millions de lires par saison qu’il disait être prêt à mettre pour attirer le Brésilien n’ont pas suffi. A cette époque, les stars en gagnent 20. « Nous venions de remonter en Serie A et je tenais à composer la meilleure des équipes. Les Napolitains le méritaient » se remémorait Roberto Fiore quand on le questionnait sur le sujet. Le club se consolera tout de même – et de belle manière- en engageant José Altafini et Omar Sivori (pour 25 millions chacun). Un mercato qui attira les foules (70 000 abonnés) au San Paolo. « Je me demande où j’aurais pu mettre les autres tifosi si j’avais réussi à faire venir également Pelé » plaisantait Roberto Fiore.

Le Milan avait lui aussi tenté le miracle, après la finale de l’Intercontinentale. Là encore, le Roi préféra rester chez lui. Il construira sa légende au Brésil en montrant l’étendu de son talent aux autres pays tous les 4 ans lors des Coupes du Monde. Car faut-il le rappeler : Pelé est le Roi que très peu de monde en dehors du Brésil a vu jouer de ses propres yeux.

Sébastien Madau



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