Le réveil d’Ante Rebić

Par Julien Camarda publié le 04 Mar 2020

Arrivé sur le banc milanais à l’été 2019, le coach Giampaolo (remplacé par Stefano Pioli depuis octobre 2019) souhaite se renforcer sur le front de l’attaque. Effectivement, le Milan AC jette son dévolu sur l’attaquant de l’Atletico Madrid, Angel Correa. Mais le temps passe, les négociations s’enlisent et surtout André Silva, de retour de prêt du FC Séville, ne convainc pas. Il faut rapidement trouver une solution. Dans les dernières heures du mercato estival, le Milan AC et l’Eintracht Francfort se mettent d’accord pour échanger André Silva contre Ante Rebić. Sur le papier c’est une bonne chose : les Rossoneri envoient l’attaquant portugais de Séville à Francfort et récupèrent le buteur vice-champion du monde 2018. Le Croate retrouve donc l’Italie et la Serie A.

La Serie A, un championnat qu’il connait déjà

Le natif de Split débute sa carrière en 2011 au RNK Split. En 2013, la Fiorentina met 4,5 millions d’euros sur la table pour s’attacher ses services. Malheureusement, les différentes blessures qu’il va contracter vont retarder sa progression. Lors de sa première saison avec la Viola il n’aura joué que 4 matchs pour 1 but. Insuffisant pour les dirigeants italiens qui l’envoient en prêt du côté du RB Leipzig, en deuxième division. Avec 10 présences et 0 but, l’air allemand n’est pas plus bénéfique pour Rebić qui reviendra un an plus tard à la Fiorentina. Après 6 mois, 6 matchs et 1 but, la Viola décide de prêter son attaquant à l’Hellas pour le reste de la saison. N’ayant toujours pas convaincu, l’attaquant croate quitte donc l’Italie pour l’Allemagne et l’Eintracht Francfort. A l’aube de ses 25 ans, Rebić se réveille enfin : il enchaîne les matchs et les buts aussi bien en club qu’en équipe nationale. En mai 2018, il inscrit un doublé en finale de coupe d’Allemagne face au Bayern Munich et permet à l’Eintracht de soulever le trophée (3-1). Deux mois plus tard, la Croatie se hissera jusqu’en finale de Coupe du Monde (défaite 4-2 face à la France).

Un début de saison fantomatique

Le début de saison d’Ante Rebić ressemble à celui du Milan AC : un flop. Sur la première partie de saison, le Croate totalise 220 minutes de jeu en 19 rencontres soit une très faible moyenne de 11,6 minutes par match et 0 but inscrit. En effet, le joueur est à côté de ses pompes, lorsqu’il foule les pelouses de Serie A, il est fantomatique. L’attaquant ne trouve ni sa place dans le 4-3-1-2 de Giampaolo ni dans le 4-3-3 de Pioli. Son mauvais début de saison retentit jusqu’en Allemagne et Wolfgang Steubing, président de l’Eintracht Francfort déclarera que Rebić a « pris un pari et perdu ». Sa place est belle et bien sur le banc.

Devast’Ante

Début 2020, le coach Pioli revoit sa tactique et ses consignes. Face à Cagliari (en Serie A) puis contre la Spal (en Coppa Italia), la sauce commence à prendre et le Milan AC inscrit 5 buts sans en encaisser. Le réveil de Rebić arrivera la journée suivante face à l’Udinese. Parti du banc, le buteur croate inscrit un doublé et permet à son équipe de prendre les trois points. Lors de la 21ème journée de Serie A face à Brescia, l’entraîneur italien reconduit la même équipe et une dizaine de minutes après son entrée en jeu Rebić marquera l’unique but du match. Trois points supplémentaires pour les Rossoneri. Aussi, il confirme également en Coppa Italia, une passe décisive face au Torino et un but contre la Juventus. Sa grinta lui permet de devenir le meilleur buteur milanais avec 6 réalisations en 14 rencontres. « Finalement, j’ai l’opportunité de jouer avec continuité et démontrer au mieux mes capacités. Maintenant tout est enfin en place. Pour moi, il n’a jamais été plus difficile de jouer en Italie qu’en Allemagne. Simplement, je n’ai pas eu la bonne occasion. Quand on me l’accorde, dans la plupart des cas, je l’exploite ». Arrivé en prêt pour deux ans en Lombardie, les dirigeants Rossoneri doivent négocier au plus vite son transfert s’ils ne veulent pas voir son prix exploser. Quoi qu’il en soit, Ante Rebić est fin prêt à en découdre : le Balotelli de la saison 2012-2013 n’est qu’a un pas. (7 buts en 7 matchs).

Julien Camarda

Rédacteur



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