Le retour du Luis Alberto 2.0

Par Elio Gusti publié le 19 Déc 2019

Samedi dernier, la Lazio a surpris la plupart des observateurs en dominant la Juve 3-1 à l’Olimpico. L’homme du match était sans contestation Luis Alberto. L’espagnol a dominé la partie et régalé ses coéquipiers avec deux passes décisives. Sortant d’une dernière campagne difficile, cette saison est celle de l’explosion pour le meneur de la Lazio : est-ce si étonnant ?

Des stats à faire pâlir les grands

11 passes décisives (13 toutes compétitions confondues), 85% de passes réussies, 15 passes clés… le tout en 15 matchs. A l’image de la Lazio, Luis Alberto est en train d’illuminer la Serie A. Si l’on prend uniquement l’année civile 2019, c’est tout simplement le record sur une année avec 15 passes décisives. De fait, personne n’a fait aussi bien et il faut remonter à la saison 2013/2014 pour trouver un aussi bon ratio matchs joués/passes décisives avec les 10 passes en 13 match de Candreva.

A titre de comparaison, la saison dernière les meilleurs passeurs du championnat étaient Gomez et Mertens avec 11 caviars. Encore mieux, Luis Alberto n’est plus qu’à 6 petites passes pour battre le record de 17, détenu par Hamsik (12/13) et Ronaldinho (09/10), et il y a fort à parier qu’il est plus que capable d’y arriver car il l’a déjà prouvé. C’était il y a deux ans, 13 passes décisives et 11 buts dans une position un peu plus avancée de trequartista.

Nouveau poste pour de nouvelles responsabilités

A l’époque l’Italie découvrait Luis Alberto, éternelle promesse du football espagnol s’étant perdu comme tant d’autres dans un Liverpool en reconstruction. Acheté 4.5M par Lotito (notons que le quatuor Immobile-Correa-Milinkovic Savic- Luis Alberto a coûté 50M au total. Vous avez dit Soldiball ?) Luis Alberto mettra une année à s’imposer dans le onze de départ d’Inzaghi. Il profitera de la vente de Felipe Anderson pour reprendre sa place juste derrière Ciro Immobile. Malheureusement, la saison suivante, handicapé par des blessures, le meneur espagnol, comme ses coéquipiers, n’avait pas réussi à conserver son niveau de jeu.

L’Espagnol a travaillé tout l’été pour retrouver sa forme et cela ce voit, mais cette saison le renouveau vient surtout d’un repositionnement un peu plus bas sur le terrain, à un nouveau poste de mezzala à côté de Milinkovic Savic pour faire de la place à Correa en soutien d’Immobile. « Le Coach m’a demandé d’être plus protagoniste dans le jeu et pour cela m’a donné plus de liberté et d’espace ». Résultat, l’Espagnol est devenu le maître à jouer de son équipe, cassant les lignes et dictant le tempo. Débarrassé des tâches défensives au milieu de terrain grâce au travail de SMS, de Lucas Leiva et dans le couloir gauche de l’inépuisable Lulic, Luis Alberto peut tranquillement développer son football. Nouant une relation technique avec Correa ou tentant de trouver Immobile dans la profondeur. Mais contrairement à beaucoup de meneurs de jeu, il ne rechigne pas non plus à accomplir certaines taches défensives : gênant souvent la relance et gagnant ainsi des ballons décisifs dans le jeu de contre que déploie Inzaghi. Ainsi contre la Juve, en plus de ses deux passes décisives, ce sont aussi 7 ballons récupérés par Luis Alberto. Meilleur total du match partagé avec Lucas Leiva !

Objectif C1 et Euro 2020 ?

En retrouvant un Luis Alberto upgradé 2.0, Simone Inzaghi a peut être enfin trouvé le chaînon manquant à son équipe, qui se reposait essentiellement sur les centres de ses latéraux et de longs ballons pour Immobile. Offrant plus de verticalité, Luis Alberto s’est surtout montré décisif dans les grands matchs : chose dont souffrait essentiellement la Lazio la saison dernière. En s’imposant pour la première fois depuis 30 ans à San Siro contre le Milan AC (1 passe décisive) et depuis 16 ans à L’Olimpico contre la Juventus (2 passes décisives), la Lazio a peut être enfin franchi un palier. En réussissant à garder cette forme et surtout en évitant les blessures, il est plus que certain qu’il aura une carte à jouer pour intégrer une Roja en pleine reconstruction, lui qui ne fût appelé qu’une seule fois… pour 30 petites minutes contre le Costa Rica en 2017.

Elio Gusti

Romain par mariage, j'aime la Lazio, les cornetto al miele et les Fiat. Je n'apprécie pas le football moderne et les personnes portant des chemisettes à carreaux. Philosophiquement Maradonien à tendance Zemanienne.



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