Le recrutement, recette magique de l’Atalanta ?

Par Maxime Varicchio publié le 24 Mar 2021
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Alors que l’Atalanta fut éliminée en huitièmes de finale de la Ligue des Champions par le Real Madrid, le club lombard reste en bonne position pour se qualifier à une troisième participation de suite à la plus grande coupe d’Europe. Réputée pour son football offensif mis en place par l’entraîneur Gasperini et son collectif dénué de stars, et si le secret de la réussite de la Dea résidait aussi dans sa politique de recrutement ?

Si l’Italie ne compte aucun club qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des Champions pour la première fois depuis 2016, l’Atalanta peut se targuer d’être la meilleure équipe italienne de la compétition sur ces deux dernières années avec des qualifications en quarts et en huitièmes de finale pour ses deux premières participations. Des performances d’autant plus honorables que la valeur de son équipe n’atteint que 358 millions d’euros selon le site Transfermarkt, soit la 25ème équipe d’un classement dominé par Manchester City avec une valorisation près de trois fois supérieure (1,03 milliards d’euros).

L’équipe a également l’habitude de toujours « surperformer » dans le championnat italien malgré l’augmentation de la valeur de ses joueurs. Alors que le club possède la 14ème valorisation de Serie A lors de la saison 2016-17, l’équipe finit à la 4ème place du championnat. Depuis, sa valeur marchande n’a de cesse d’être sous-cotée par rapport aux performances des hommes du mister Gasperini. Preuve en est que la somme des individualités peut être mise à mal par la force du collectif. Mais si le club a pu se développer ainsi, c’est aussi par une politique sportive astucieuse qui s’appuie sur sa formation et sur des joueurs débusqués dans les championnats dits de seconde zone.

Car l’arrivée d’un joueur comme Luis Muriel l’année dernière, en provenance du FC Séville pour 20 millions d’euros, reste un évènement rare. En revanche, six des huit plus grosses ventes de l’Atalanta, toutes au-dessus de 20 millions d’euros, proviennent de joueurs formés ou post-formés au club, avec Mamad Diallo comme exemple le plus récent, transféré cet été pour 21 millions d’euros à Manchester United et buteur lors du huitième de finale aller contre le Milan A.C. En quatre ans, ce sont environ 150 millions d’euros qui sont venus garnir les caisses du club grâce à leur centre de formation, qui fut amené à recruter Kessié de Côte d’Ivoire à tout juste 18 ans ou Kulusevski dès 16 ans en provenance d’un club suédois et cédé pour 35 millions d’euros à la Juventus Turin 4 ans plus tard. Les deux autres plus grosses ventes furent Castagne et Cristante, des joueurs dénichés en Belgique à Genk et au Portugal au Sporting Lisbonne.

 

Qui sont ses meilleurs clients ? Les clubs italiens historiques : la Juve, l’Inter, le Milan, l’AS Rome. Des clubs qui utilisent l’Atalanta comme réservoir de talents, qui, une fois confirmés, viendront garnir leur effectif. Deux stratégies différentes qui se retrouvent dans de nombreux secteurs d’activités. Certains vont débusquer le potentiel, d’autres vont s’appuyer sur le travail des premiers. 

« Il est clair que Chelsea regarde sans doute le Milan ou l’Inter, et sans vouloir offenser personne, il n’étudie pas les joueurs de Crotone ou de La Spezia« , affirme Giovanni Sartori à la Gazzetta dello Sport, le responsable de la cellule recrutement bergamesque. Son travail passe avant tout en supervisant les joueurs directement pendant les matchs. « Si tu regardes un défenseur des tribunes, tu le suis tout le temps, même pendant les phases sans ballon, tu notes comment il suit les actions et gère les espaces ». Il confesse même « qu’avant le Covid, [il] n’avait jamais regardé une seule vidéo ».

Maxime Varicchio



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