Le projet Sassuolo à l’aube d’une nouvelle dimension

Par Antoine Martin publié le 27 Nov 2020

Un scénario digne des plus grandes parties de Football Manager dans la vraie vie, c’est ce que nous concocte Sassuolo depuis 2002 et la reprise du club en Série D par l’industriel Giorgio Squinzi, regretté patron du groupe Mapei. Malgré son décès l’an passé, les Neroverdi assument parfaitement l’héritage. Début de saison fulgurant, du beau jeu, des idées, de la fraîcheur et un recrutement malin, Sassuolo est tout à sa place en haut de tableau de la Série A.

Une progression fulgurante

Il aura fallu moins de vingt ans à l’équipe pour passer de l’anonymat aux joutes des coupes d’Europe, et la recette du succès fut concoctée par une idéologie qui a fait ses preuves : recruter des jeunes pousses locaux. Au départ, Sassuolo se débat en Série D quand Giorgio Squinzi y pointe le bout de son nez avec la Mapei. Beaucoup de prêts, des paris ambitieux mais toujours la même philosophie : l’Italie et le beau jeu ! Après être montés en Serie C, Sassuolo va commencer à attirer les regards, un jeune coach ambitieux nommé Max Allegri fait monter le club en Serie B en 2008, on y voit alors des joueurs se révéler comme Marco Andreolli prêté par la Roma, ou Jonathan Rossini par la Sampdoria. Adeptes du jeu offensif, Sassuolo épate et ne concédera qu’un unique 0-0 en 40 matchs avant de remporter le titre de Serie C haut la main et de se frotter au monde professionnel.

Le surprenant Sasòl ne va pas s’éterniser en Série B, 5 petites années suffiront au club pour se hisser parmi l’élite, et son parcours est déjà saisissant ! Avant son titre en 2013, le promu en Série B termine 7 ème de la compétition avec comme marque de fabrique 28 joueurs italiens sur 30 professionnels. Parmi eux, l’illustre Riccardo Zampagna et le jeune premier Andrea Poli. Déjà un exploit, et les Neroverdi ne feront pas les choses à moitié pour monter en Série A quelques années plus tard. Passer par les barrages n’aurait pas été assez fracassant, il fallait gagner le titre, avec 4 joueurs au dessus de 10 buts, pour bien montrer à toute l’Italie que l’ADN défensif du pays allait bientôt entamer sa mutation. Berardi en chef de file, Sassuolo fidèle à ses principes comptait encore 24 joueurs formés au pays pour 26 professionnels. Le triomphe était déjà total mais l’appétit de la direction ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin.

Le règne des tauliers sous l’ère De Zerbi

Sans revenir sur la progression en Série A que l’on connait tous, Sassuolo semble entrer cette année dans une nouvelle étape. En 6 ans, le club a pu former des joueurs ayant vécu des expériences fortes à Sasòl tout en ayant acquis une culture du club, les fameuses « racines » Neroverdi existent désormais chez des joueurs expérimentés, formés à l’école Mapei avec une certaine idée du football moderne. Ce véritable changement est symbolisé par l’émergence au rang de stars nationales de Locatelli et Berardi, qui seront sauf accident de parcours, du voyage pour le prochain Euro, tant leurs impacts en club et en sélection sont indiscutables. Sassuolo peut s’appuyer sur deux véritables cadres, avec le vétéran Chiriches derrière et Consigli dans les buts, l’équipe bénéficie d’un leader à chaque ligne, avec Locatelli en merveilleux métronome d’un 11 sexy, tourné vers l’avant, à l’effort défensif intelligent.

Ce style de jeu, c’est aussi le résultat d’une stabilité enfin garantie ! Avec l’arrivée de Roberto De Zerbi au poste de coach, les dirigeants de Sassuolo sont en accord avec la personnalité profonde de leur club. Le jeu vers l’avant à l’italienne trouve son incarnation en De Zerbi, le petit (par la taille) entraineur italien passé par Palerme s’éclate dans un système ou les joueurs créatifs font merveilles : Caputo, Boga, Muldur ou Maxime Lopez se dévergondent totalement pour le bien de toute l’équipe, et cimentent un collectif désormais international, où le beau jeu n’a plus de frontières, et encore moins de limites…

Antoine Martin

Rédacteur



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