Le printemps tardif d’Adrien Rabiot

Par Yacine Ouali publié le 24 Juil 2020

Arrivé gratuitement à la Juventus l’été dernier, Adrien Rabiot n’a pas suscité au départ de grandes espérances chez les tifosi et la presse. Ayant passé six mois sans jouer, Rabiot devait en plus s’acclimater à nouveau au très haut niveau. C’est véritablement après la trêve hivernale que le milieu français a commencé à amasser du temps de jeu, et que la critique s’est intéressée à lui.

Des débuts quelconques

Peu utilisé par Maurizio Sarri en première partie de saison, Adrien Rabiot joue plus souvent à partir de janvier, au gré des blessures de Khedira et Ramsey, et de la baisse de régime de Pjanic.

Les premières sorties du Français sont sans saveur, à l’image du niveau général du club cette saison. Rabiot se contente de faire le travail et de sortir proprement le ballon, sans prendre de risques offensifs, alors que son profil de mezzala avancé s’y prête normalement. Le résultat est sans appel : zéro but avant la trêve et un Matuidi toujours plus important dans la rotation.

Le psychodrame du coronavirus

Relativement protégé par la critique jusque l’arrêt forcé du championnat en mars, Rabiot n’a pas tardé à se rappeler au bon souvenir des journalistes (même français) avides de scandales avec un psychodrame dont la Juventus aurait bien pu se passer.

Alors que tous les joueurs (sauf Higuain pour raisons personnelles) étaient rentrés pour la reprise des entraînements, Adrien Rabiot manque à l’appel à Turin. La raison ? Le joueur français ferait supposément grève de l’entraînement (chose que la Juventus n’a pas confirmé), opposé à la baisse des salaires décrétée par le club. Il n’en fallait pas plus pour que la presse en fasse ses choux gras, avant qu’une raison (selon Rabiot) ne soit révélée : son retour tardif en Italie serait simplement dû à un accord avec le club pour une reprise personnalisée de l’entraînement.

Après son retour en Italie, Rabiot a d’abord pris son mal en patience sur la banc (pas de temps de jeu en finale de Coppa) avant de petit à petit s’imposer dans le milieu turinois ces dernières semaines.

Un réveil, des réponses et un espoir

Depuis la reprise de la Serie A, Adrien Rabiot justifie enfin les espoirs placés en lui par la direction turinoise. Très souvent titulaire, le milieu français participe beaucoup plus au jeu offensif de la Juventus, et a ouvert son compteur but d’un sublime tir contre le Milan AC (défaite 4-2 de la Juventus) après une chevauchée de presque 60 mètres.

Avec la confiance de Sarri, qui voit en lui un joueur plus à même d’appliquer ses préceptes que Matuidi, Rabiot a activement participé à la bonne reprise de la Juventus, avant la série de trois matches sans victoire (défaite contre le Milan AC, nuls contre Sassuolo et l’Atalanta).

Tout près d’être sacré champion d’Italie, Rabiot semble avoir gagné sa place de titulaire pour la Champions League en août, aux côtés de Bentancur et d’un troisième larron (Pjanic, Matuidi, Ramsey).

Le Français devra toutefois faire beaucoup mieux pour s’installer dans la durée à la Juventus. Avec l’arrivée d’Arthur et peut-être d’un autre milieu, la concurrence sera rude dans l’entré-jeu turinois la saison prochaine. Comme Maurizio Sarri, Rabiot devra faire de la saison prochaine celle de la confirmation (autant dans le niveau de jeu qu’au niveau de l’exemplarité) et de la régularité, chose qu’il n’a que rarement réussi à faire dans sa carrière. Refroidis par son historique comportemental, les grands clubs ne se bousculent plus pour lui comme dans sa prime jeunesse, et la Juventus semble être, déjà, la dernière chance pour Rabiot de véritablement lancer sa carrière.

Avec toutes les cartes en main, ce sera donc à lui de prouver qu’il en est capable, et de montrer qu’il peut être la solution que la Juventus cherche au milieu de terrain depuis plusieurs années maintenant.

Yacine Ouali



Lire aussi