Le Milan AC et l’UEFA, l’histoire sans fin

Par Théo Choffé publié le 25 Nov 2018

A la fin du mois de juillet, le Milan AC était sauvé in-extremis par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) de Lausanne, annulant la sanction initiale de l’UEFA qui condamnait le club à une exclusion des compétitions européennes. L’affaire n’était pas terminée. Par son verdict, le TAS indiquait tout simplement à l’UEFA que, suite à l’examen du dossier, il n’avait pas jugé la sanction en adéquation avec l’infraction, et qu’il était nécessaire d’en formuler une nouvelle, moins sévère. Entre les deux verdicts, le club milanais avait changé de propriétaire, et ce changement s’était avéré décisif, parce qu’il présentait cette fois une tête sûre et fiable, le fonds Elliott étant un géant bien connu du monde financier. Le 20 novembre dernier, une délégation s’est donc rendue à Nyon pour une nouvelle audience.

Les trois scénarios possibles

L’audience a eu lieu durant toute la matinée et, pour l’heure, aucune information n’a véritablement filtré et le président Scaroni n’a pas voulu faire de commentaires. Seules les hypothèses sont donc permises. La première, qui est la plus optimiste et, pourtant, la moins probable, est celle d’un arrangement entre les partis aboutissant à l’obtention du fameux Voluntary Agreement, le Graal désespérément recherché par Marco Fassone, ex-administrateur délégué du club.

La deuxième hypothèse est celle d’une amende dont le montant pourrait osciller entre les 15 ou 20 millions d’euros, dont un tiers à payer immédiatement (le paiement des deux autres pouvant éventuellement dépendre de l’application scrupuleuse des règles du FairPlay Financier) ; dans ce cas, l’amende pourrait être accompagnée de quelques limitations portant sur la liste UEFA et/ou le mercato d’hiver.

Enfin, la dernière hypothèse, pire scénario possible, est celle d’une sanction économique et de l’octroi d’un Settlement Agreement pour la période 2018-2021, à la fin de laquelle les 126 millions d’euros de déficit devront devenir 30 millions au plus. Le deuxième scénario semble, pour le moment, le plus probable, et c’est la raison pour laquelle le club a déjà prévu dans le bilan une somme de 17 millions d’euros.

Entre incertitude et (léger) optimisme

Après la décision du TAS, le Milan AC s’attend logiquement à une sanction plus proportionnée, cependant, si l’UEFA s’est montrée beaucoup plus ouverte à Paul Singer (patron du fonds Elliott) qu’elle ne l’était à Li, l’infraction est bien réelle, et ne date pas de l’ère chinoise. C’est toute la période allant de 2014 à 2017 qui est visée, ce qu’a reconnu publiquement le président Scaroni. D’un autre côté, l’UEFA n’a pas encore fixé de limites précises à sa prochaine sanction, laissant les mains libres aux dirigeants dans les négociations. Le club a aussi travaillé à donner les meilleures garanties : dans le redressement des comptes, le recrutement de personnel compétent et mondialement reconnu (Leonardo, Gazidis, etc.); dans la délégation de Nyon se trouvaient, outre Scaroni, le numéro 2 d’Elliott, Gordon Singer, affichant ainsi l’implication du fonds américain dans la vie du club. Enfin, les négociateurs ont sans doute fait valoir à leurs juges que, pour faire repartir une société et rendre viable un grand projet quelques investissements sont nécessaires, et que l’austérité n’engendre que plus d’austérité.

De fait, cette nouvelle rencontre avec l’UEFA aura aussi permis d’évoquer l’avenir et, peut-être d’en poser déjà les bases. Quelle que soit la sanction, elle sera décisive pour le futur. Déjà, les Milanais sont impatients de savoir quelle sera leur marge de manœuvre, pour les prochaines années bien sûr, mais d’abord et surtout au mercato d’hiver, étant donné la pénurie de joueurs… Le verdict est attendu vers la mi-décembre, puis une nouvelle réunion aura nécessairement lieu au printemps prochain.

Théo Choffé

Rédacteur



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